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Culture et voyage

7 sommets sur grand écran

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Des Alpes bavaroises au Tibet, partez à la conquête des plus belles montagnes du monde sur votre écran.
 

1. La mélodie du bonheur (autriche)

Robert Wise, 1965, États-Unis
« Do, il a bon dos/, rayon de soleil d'or… «  Tous en chœur (sur les musiques composées par Richard Rodgers) et tous au diapason de la pimpante Julie Andrews, ex-Mary Poppins venue prendre un bol d'air dans les Alpes autrichiennes ! Sortez les culottes en peau et les lodens, cette comédie musicale est un hymne à la joie des prairies d'estive et des lacs de montagne. À l'époque de l'Anschluss (annexion de l'Autriche par l'Allemagne d'Hitler), une jeune gouvernante à la voix de rossignol va semer le trouble dans le cœur d'un veuf et la joie dans sa nombreuse progéniture. Cinq oscars et carton plein au box-office, le film ayant vendu plus de billets qu'Autant en emporte le vent. Et en plus, la famille Trapp a réellement existé.
Rien de plus facile que de pousser la chansonnette en famille, sur les pas des enfants du capitaine von Trapp. Il suffit de se rendre à Salzbourg. Sur place, il existe plusieurs circuits guidés. Avec le tour « Sound of Music« , vous serez transporté durant 4 heures sur les lieux du tournage, du jardin Mirabell où les enfants chantent avec leur gouvernante au château Léopoldskron, sans oublier la petite maison d'été du château d'Helbrunn et le couvent Nonnberg. Les commentaires sont en anglais mais vous aurez la bande originale dans le casque. Le bonheur, en somme.
 
 

2. Cinq jours ce printemps-là (Suisse)

Fred Zinnemann, 1982, États-Unis
Le titre anglais est Five days one summer. L'été est devenu le printemps dans la traduction française et à l'écran, on a plutôt l'impression de vivre la saison d'automne… À cette réserve près, c'est l'un des plus beaux films de montagne qui soit, sans esbrouffe mais sensible et d'une grande charge évocatrice. En 1932, un industriel écossais, accompagné d'une jeune nièce, Kate, qu'il fait passer pour son épouse, se rend dans les Alpes suisses pour faire de l'escalade. Un guide leur loue ses services et ce trio va vivre un huis clos tragique à l'issue incertaine…
La plupart des scènes de montagne ont pour cadre le canton des Grisons, au sud-est de la Suisse, notamment à Latsh et Pontresina. Ce chaos rocheux et les profondes vallées alpestres de la Haute Engadine, truffées de glaciers, sont renversants de beauté même si le film en donne une vision crépusculaire. C'est l'occasion de découvrir le parc national suisse, et de voyager dans le Glacier Express, ligne de train mythique, qui circule de Zermatt à Saint-Moritz ou Davos.


 
 

3. Cliffhanger : traque au sommet (Italie et États-Unis)

Renny Harling, 1993, États-Unis
Ce film a marqué le retour en grâce de Silvester Stallone, acteur cabossé par une série de bides commerciaux. Cette fois, guide de montagne, il a laissé tomber le piolet suite à un drame, mais reprend du service à la demande d'un pote et escalade les Rocheuses pour porter secours à des naufragés des cîmes. Problème, il reste accroché au sommet… Le « cliffhanger », littéralement « suspendu à la falaise », est une ficelle narrative qui laisse le lecteur en haleine à la fin d'un chapitre. Renny Harlin ayant fait le job, le suspense est au rendez-vous.
Cœurs sensibles, s'abstenir ; Stallone lui-même a souffert du vertige lors du tournage. Mais vous manqueriez le spectacle des Dolomites, en Vénétie. C'est en effet en Italie, dans les environs de Cortina d'Ampezzo, et non dans le Colorado où le film se déroule, que la production s'est installée, sous la pression de groupes écologistes craignant la dégradation des Rocheuses.
 
 

4. Duel au sommet (Suisse)

Philippe Stölzl, 2008, Suisse/Autriche/Allemagne
En 1936, le régime nazi fait de la conquête de l'Eiger, un pic rocheux alors inviolé des Alpes, une question de prestige national. Deux cordées, l'une menée par des Bavarois, l'autre par des Autrichiens, vont faire la course au sommet sous l'œil des caméras et des curieux postés au pied de la montagne. Le film montre la cruauté et l'absurdité de cette compétition destinée à servir la propagande d'un État totalitaire.
L'Eiger se dresse à 3 970 m de hauteur dans le massif des Alpes bernoises, en Suisse. Les fans d'escalade vouent un culte à sa face nord, qui a résisté jusqu'en 1938 à l'assaut des grimpeurs. Vous pourrez toujours admirer le colosse depuis le col de la Scheidegg, à la terrasse de l'hôtel Bellevue, présent dans le film. Cet établissement, construit en 1840, est l'un des joyaux de l'hôtellerie hélvétique.


 
 

5. Le Narcisse noir (Népal)

Michael Powell,1947, Grande-Bretagne
Michael Powell était un réalisateur doué d'un sens artistique peu commun. Couleurs, éclairages, fluidité du montage : ce drame est un chef-d'œuvre de perfection formelle. L'histoire du Narcisse noir est celle d'une communauté de nonnes, invitée à ouvrir une école et un dispensaire sur les contreforts himalayens. L'amosphère étrange des lieux, va précipiter les sœurs dans des gouffres intérieurs. Le Technicolor trichrome de l'époque accentuait la sensualité des visages à un point tel qu'il fallut maquiller en beige la bouche des actrices. Mais la beauté de Deborah Kerr, sous le voile de sœur Clotilde, est à se damner.
Un immense plateau avec des décors de plâtre et de cartons découpés a permis de reconstituer les paysages de l'Himalaya dans les studios de Pinewood, près de Londres. Mais le photographe avait tellement de talent que les rares vues extérieures, tournées au Népal, se fondent imperceptiblement, en dépit des différences de lumière, avec les scènes de studio. En revanche, les flash-backs illustrant les souvenirs de certaines nonnes ont pour toile de fond les environs de Brighton, le comté irlandais de Galway, et le West Sussex, notamment les jardins anglais de Leonardslee, à Lower Beeding.
 
 

6. Sept ans au Tibet

Jean-Jacques Annaud, 1997, États-Unis
Retenu prisonnier par les Anglais dans le nord de l'Inde depuis le début de la Seconde Guerre mondiale, l'alpiniste autrichien Heinrich Harrer parvint à s'évader en 1944 et à rallier Lhassa, la capitale du Tibet. L'entrée dans ce pays féodal était alors interdite aux étrangers. Peu de temps après son arrivée, l'ancien nazi fait la connaissance du jeune dalaï-lama ; il devient son précepteur durant plusieurs années avant que l'invasion du Tibet par la Chine ne le contraigne à fuir en Inde. Traduites en 53 langues et vendues à 4 millions d'exemplaire, les mémoires de Heinrich Harrer fournissaient le biopic idéal pour un cinéaste de la trempe d'Annaud. Ce dernier l'a accommodé à la sauce hollywoodienne, en racontant l'histoire d'une rédemption qui prend des libertés avec la vérité historique. Brad Pitt livre une performance d'acteur à la hauteur de ses cachets himalayesques.
Les Chinois ayant accueilli plus que froidement ce récit très romancé et franchement hostile à l'occupation du Tibet, le cinéaste n'a pu tourner son film dans l'Himalaya, ni même sur le versant indien, dans les vallées du Ladakh. Vous devrez donc arpenter le sud de la cordillière des Andes, côté argentin, faire étape en Colombie-Britannique, à l'ouest du Canada, et poser votre sac à Lienz, dans le Tyrol autrichien, pour mettre vos pas dans ceux de Brad Pitt. Autre solution, vous convertir au bouddhisme et militer pour le retour du dalaï-lama à Lhassa.
 
 

7. Le Secret de Brokeback Mountain (Canada/États Unis)

Ang Lee, 2006, États-Unis
La nouvelle d'Annie Proulx aurait due être portée à l'écran par Gus van Sant puis Pedro Almodovar, mais c'est finalement le Taïwanais Ang Lee qui a relevé le pari de filmer cette histoire d'amour empruntant au western ses décors sauvages et sa grandeur épique. Deux jeunes cow-boys, joués par Jake Gyllenhaal et le regretté Heath Ledger, isolés dans les montagnes du Wyoming, vivent une passion que l'Amérique puritaine des années 1960 condamne à la clandestinité. Le succès inattendu et retentissant du film a eu un impact majeur sur la perception par le public occidental de l'homosexualité masculine.
Si l'intrigue se déroule dans l'État américain du Wyoming, ce sont bien les Rocheuses canadiennes qui ont permis de sublimer cette pastorale du Wild West. Alors, chaussez vos santiags, coiffez un Stetson, et cap sur l'Alberta, dans l'ouest du Canada, ses parcs nationaux, ses ranchs et ses alpages. Le lac Moraine, Fort Macleod et Calgary ont fourni l'écrin naturel de ce grand mélo hollywoodien, ainsi que la ville de Mesilla, au Nouveau-Mexique.
 


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