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La France qui dépayse

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Moscou, la Polynésie, le Colorado ? Eh non, nous sommes bien en France, mais... ailleurs ! Nul besoin de partir aux quatre coins du monde pour être dépaysé ; l’exotisme se niche parfois là où on ne l’attend pas.

1. Camargue, Bouches-du-Rhône

Prêt pour un western à la française ? Ici, les ranchs sont des manades, les cow-boys des gardians, et les bisons des taureaux. Les chevaux plutôt trapus arborent une robe blanche ou grise, et quant aux grandes étendues, elles sont parsemées d’étangs, comme celui de Vaccarès, et de bras du Rhône qu’il faut traverser avec un bac. Sauvage, encore agricole (riz, sel), investie par les oiseaux migrateurs, la Camargue est un univers subtil dont la découverte et la compréhension exigent beaucoup de patience et un grand sens de l’observation. Ainsi qu’un bon antimoustiques durant la période estivale !
Envie de voir des flamants roses ? Ne passez pas à côté du parc ornithologique de Pont de Gau (www.parcornithologique.com).


Coucher de soleil en Camargue. efilpera

2. Gorges du Verdon, Alpes-de-Haute-Provence

On pourrait se croire devant le Grand Canyon, et pourtant ce n’est pas le Colorado, mais le Verdon qui déploie son empreinte verte au pied de ces imposantes falaises variant entre 250 et 700 m de hauteur. La partie la plus vertigineuse se situe en amont de Moustiers-Sainte-Marie, lorsque le Verdon se fraye un passage dans le plateau calcaire de la Haute Provence. Deux routes accessibles en voiture sur les deux rives permettent d’observer ce canyon gigantesque qui est aussi le plus profond d’Europe.
Le Verdon dans sa totalité court sur 175 km et prend sa source près d’Allos, à plus de 2 500 m d’altitude.

3. Suisse normande, Orne

Vous ne trouverez certes guère de chalets, mais plutôt des manoirs et des chaumières, dans cette région méconnue de la Normandie où l’Orne a creusé dans le Massif armoricain des gorges malmenées par des barrières rocheuses, coudoyant les plus hauts sommets du Grand Ouest, le signal d’Écouves (413 m) et le mont des Avaloirs (416 m). Et, en suivant le relief si varié, si accidenté qui lui donne cet air transalpin, on découvre des vallées, des bocages, des villages, des massifs boisés dont on goûte l’ondulation du haut des pics. Ce paysage, préservé des grands axes autoroutiers, est protégé sur les 235 000 ha du parc naturel régional Normandie-Maine.
Les sentiers de la Suisse normande se prêtent à la randonnée, ses rivières au canoë-kayak et ses rails… au pédalage ! Renseignez-vous sur le vélo-rail de Bagnoles de l’Orne : www.bagnolesdelorne.com


Sur l'Orne en amont de Thury-Harcourt, Suisse Normande, Calvados, France. Le Haricot

4. Église et cimetière russes de Nice, Alpes-Maritimes

Nice a son petit coin de Russie, vestige du XIXe siècle et du début du XXe siècle, quand la noblesse russe vint s’y réfugier après la révolution de 1917. Achevée en 1912, la cathédrale Saint-Nicolas est peut-être le plus bel édifice orthodoxe hors de Russie, avec ses six dômes, dont celui du clocher doré à la feuille d’or. Son intérieur en forme de croix possède une magnifique collection d’icônes. Autre lieu de mémoire, le cimetière russe, à la vue plongeant sur 
la mer ; les plus grands noms de la noblesse russe sont gravés sur ses tombes.
Visitez le site Internet de la cathédrale Saint-Nicolas : http://acor-nice.com.


Église Saint-Nicolas, Nice. Steve Cadman

5. Quartier impérial de Strasbourg, Bas-Rhin

Après la victoire de la Prusse sur la France en 1871, l’empereur Guillaume II voulut faire de Strasbourg un symbole de sa puissance. Il créa un nouveau quartier, la Neustadt, avec de larges avenues et en son cœur la place de la République, bordée par le palais du Rhin et la bibliothèque universitaire. L’hôtel des Postes, les bains municipaux ou encore le palais universitaire datent de la même époque. Épargné par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le “quartier allemand” demeure aujourd’hui le meilleur exemple d’architecture “wilhelmienne”.
La place de la République, entourée d’édifices imposants, rend particulièrement bien cette atmosphère de puissance impériale.


Place de la République, Strasbourg. Sébastien Donato

6. Désert des Agriates, Corse-du-Sud

Un air de Polynésie... Entre Saint-Florent et l’embouchure de l’Ostriconi, le désert des Agriates révèle un paysage de maquis aride et grandiose souvent brûlé par le soleil. Mais ses plages aux reflets bleu-vert, accessibles pour la plupart uniquement en bateau, en kayak ou à pied, ne sont pas sans évoquer de lointaines contrées. Sur ce littoral protégé, on trouve certaines des plus belles plages de Corse comme celle de Lodo ou de Saleccia. Cette dernière, avec son sable blanc et la lumière turquoise de ses fonds marins, est une des merveilles de l’île.
Les feux et le camping sont interdits dans le désert des Agriates, en partie propriété du Conservatoire du littoral (www.agriate.org).


Plage des Agriates. Marie

7. Estuaire de la Gironde, Gironde, Charente-Maritime

Du haut de la citadelle de Blaye, élément central du “verrou Vauban” qui défendait l’estuaire de la Gironde, le regard plonge sur un fleuve à l’ampleur (12 km de large à l’embouchure) et aux teintes chocolat dignes du Maroni amazonien. Cet estuaire méconnu est parsemé d’îles, dont celle du fort Paté et l’île Verte abritant un hameau en ruine, que l’on peut visiter. Ce paysage fluvial vaut d’être parcouru d’une rive à l’autre via le bac reliant Blaye à Lamarque. Sinon, passez par la route de la Corniche fleurie, entre Bourg et Blaye, avant de poursuivre par la côte jusqu’à Royan.
À voir en famille : les grottes de Matata, ancien repaire de pirates, à Meschers-
sur-Gironde. Des chambres d’hôtel ont été aménagées dans la falaise. Couchers de soleil quasi tropicaux (www.grottesdematata.com/hotel.htm).


Arrivée du Silver Whisper entre Lamarque et Bordeaux. Jonathan

8. Rustrel, Vaucluse

Paysage de Far West en plein Midi, le Colorado provençal est spectaculaire. Semi-naturel, le site est un ancien gisement d’ocre, exploité de la fin du XVIIe siècle à 1992. Ses 30 ha, avec 4 parcours aménagés, dévoilent des décors inattendus : falaises érodées, minicanyons et cheminées de fées sculptées par l’eau, le vent et la main de l’homme. Et puis, surtout, cet incroyable kaléidoscope de couleurs qui surgit soudain, avec plus de 25 teintes d’ocre recensées, allant du gris au brun en passant par toutes les nuances de jaune et de rouge. Mêlé au vert végétal et au bleu du ciel, l’ensemble compose un tableau multicolore éclatant.
Parking sur place, entrée payante (www.colorado-provencal.com). Pensez à prendre des vêtements adéquats !


Paysage du Colorado provençal. © Fotolia

9. Parc oriental de Maulévrier, Maine-et-Loire

Au cœur du bocage vendéen se cache le plus grand jardin japonais d’Europe. Il fut créé entre 1899 et 1913 par l’architecte Alexandre Marcel, au sein du parc du château Colbert. Inspiré des jardins japonais anciens, son paysage miniature est jalonné d’éléments symboliques invitant à la méditation : ponts et lanternes, pagode et temple khmer, corne d’or et escalier des Lions. L’eau qui suit le cours du soleil, d’est en ouest, et les cycles de la nature symbolisent les cycles de la vie. Floraisons d’azalées et eau jaillissant des rochers évoquent la naissance. Catalpas et eau courante et sinueuse font écho à l’âge adulte. Îles et arbres persistants sont l’image de l’immortalité.
Possibilités de promenades nocturnes dans le parc (www.parc-oriental.com). Autre œuvre d’Alexandre Marcel : l’exotique Pagode (qui abrite aujourd’hui un cinéma), rue de Babylone à Paris, témoigne du goût pour l’orientalisme de la fin du XIXe siècle.


Le Pont Rouge du Parc oriental de Maulévrier. dalbera

10. Mosquée de Paris

Son minaret carré, orné d’entrelacs sculptés et de carreaux de faïence, domine le Quartier latin. Sa grande porte de bois ouvre sur un jardin andalou avec jeux d’eau en cascade puis sur un patio à colonnades entourant une vasque de marbre blanc. Entrelacs de cèdre et de corail, encadrements de stucs ou de pierre sculptés de versets du Coran, frises de mosaïques, tuiles émeraude, magnifique tapis dans la salle de prière : la mosquée de Paris s’inscrit dans la grande tradition des mosquées hispano-mauresques. Œuvre conjuguée d’architectes français et d’artisans du Maghreb, elle fut construite en 1926 sur un terrain donné par la France, en hommage aux soldats musulmans morts durant la Première Guerre mondiale.
Visites guidées de la mosquée (www.mosquee-de-paris.org), hammam, restaurant (couscous) et café. Siroter un café turc ou un thé à la menthe dans un minuscule patio verdoyant où bruisse une fontaine s’avère fort plaisant quand il n’y a pas foule.


Cour intérieure de la Mosquée de Paris. Muratc3