1. Accueil
  2. Magazine
  3. France
  4. Les musées les plus étranges de France
France

Les musées les plus étranges de France

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

On passe souvent à côté sans y prêter attention. Pour trouver ces musées incroyables, véritables curiosités pour la plupart, sortez des autoroutes culturelles ! Et profitez de vos vacances pour découvrir tous ces lieux originaux qui parsèment le territoire français.

1. Palais Idéal du Facteur Cheval (Drôme)

C’est un rêve devenu réalité : celui d’un simple facteur, Ferdinand Cheval, imaginant un Palais Idéal. Un jour de 1879, il en entreprit la construction. Durant 33 ans, cet homme, considéré comme un original un peu fou, se donna corps et âme à son entreprise. Le résultat est un chef-d’œuvre inclassable. C’est un fabuleux hymne d’art naïf, où les façades, les sculptures et les fontaines foisonnent d’animaux, de végétaux et de scènes inspirées de mythes hindous, égyptiens ou chrétiens. “À la source de la vie, j’ai puisé mon génie”, disait-il.
À côté d’Hauterives, le Palais est ouvert aux visites toute l’année. Festival, concerts et expositions temporaires (www.facteurcheval.com).

2. Musée d’Anatomie, Montpellier (Hérault)

Âmes sensibles s’abstenir ! Le musée d’Anatomie, rattaché à la faculté de médecine, recèle en effet une collection complexe et rare : cires, plâtres, squelettes, préparations de dissection et une vitrine de tératologie… autrement dit, des spécimens de fœtus anormaux, de malformations congénitales et autres difformités conservées dans des bocaux. En contraste de ces summums de monstruosité, le musée, construit en 1851, bénéficie d’un cadre exceptionnel, avec colonnades, murs et plafonds aux somptueux décors peints. L’occasion de se replonger dans l’histoire de la médecine, intimement liée à la ville de Montpellier depuis le XIIIe siècle.
Le musée n’est accessible que par les visites guidées organisées par l’office du tourisme (www.ot-montpellier.fr). Elles sont interdites aux enfants de moins de 12 ans, aux femmes enceintes et aux personnes allergiques.


Entrée du musée d'Anatomie. strapontins

3. musée international d’art modeste, Sète (Hérault)

Curieux musée que cet appétissant MIAM consacré aux arts modestes. Ce “pays de l’objectothérapie”, selon les mots de son fondateur, se découvre au gré de trois étages en mezzanine dans une grande salle aux poutres apparentes. Suivant une scénographie sombre et ultracontemporaine, on y découvre de petites cabines vitrées remplies de bibelots en tout genre, mis en scène de façon ludique et imagée. Un hommage plein de fantaisie aux innombrables objets de notre quotidien.
Le musée (www.miam.org) organise aussi des expositions temporaires et des ateliers.

4. Maison Picassiette, Chartres (Eure-et-Loir)

Chef-d’œuvre d’art naïf, la maison Picassiette est entièrement décorée de mosaïques réalisées à partir de morceaux de vaisselle brisée ! Son créateur, Raymond Isidore, était un homme animé d’une ardeur digne de celle des bâtisseurs de cathédrales. Après s’être construit une modeste maison, il consacra, entre 1930 et 1962, plus de 29 000 heures à manipuler des millions de débris de céramique, de verre, de peintures et de sculptures (d’où son nom de Picassiette) pour recouvrir les murs, le lit, les pots de fleurs et jusqu’à la machine à coudre de mosaïques colorées où figurent des personnages, des cathédrales et même une tour Eiffel !
22 rue du Repos, dans le quartier Chéron. Pour plus de renseignements, adressez-vous à l’office du tourisme ou au musée des Beaux-Arts de Chartres.


Détail de la façade de la Maison Picassiette. Roel Wijnants

5. Musée de l’Éventail (Paris)

L’atelier Anne Hoguet (Paris) est le dernier en France à être spécialisé dans la création et la restauration de prestigieux éventails. Il en confectionne encore pour les grands couturiers, les opéras ou le théâtre. Insolite et bourré de charme, son petit musée, aménagé dans l’ancienne salle d’exposition au décor 1900, présente, par roulement, une merveilleuse collection de quelque 1 000 éventails des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Souvent, des artistes contemporains viennent aussi exposer leurs œuvres tel M.A.C., en 2008, qui redonne vie aux éventails brisés en les intégrant dans des tableaux.
2 bd de Strasbourg, 10e arr. ; 01 42 08 90 20 ; www.annehoguet.fr

6. Musée du Fumeur (Paris)

Des premières allumettes comme dans les westerns aux cigarettes en chocolat de notre enfance, en passant par les calumets de la paix indiens, ce curieux musée du fumeur retrace, à travers des dizaines de gravures, photographies et peintures, des siècles de volutes blanches. Les peintures de Frédéric Darain, réalisées sur des feuilles de tabac et représentant des divinités mayas, apportent à cette collection très historique un souffle d’art contemporain. Plus de 150 portraits d’illustres fumeurs vous attendent aux toilettes. Un projet d’agrandissement prévoit une approche plus moderne, abordant les questions de censure, de légalité et de renouveau des rites chamaniques.
Le musée, dont la boutique occupe une place (un peu trop) importante, propose des expositions temporaires. 7 rue Pache, 11e arr. (www.museedufumeur.net).


Salon des portraits, musée du fumeur, Paris. a-m-a-n-d-a

7. La Fabuloserie (Yonne)

C’est un lieu singulier qui vous attend aux confins de l’Yonne et du Loiret. La Fabuloserie est née de la volonté d’Alain Bourbonnais d’ouvrir sa maison à l’art “hors-les-normes”. Ce véritable cabinet de curiosités est devenu le royaume de l’art brut, des œuvres d’artistes du quotidien, autodidactes, parfois rejetés, souvent à la marge de la société. Œuvres insolites, enchanteresses ou dérangeantes, que le visiteur ébahi découvre dans des espaces labyrinthiques. Au fond du parc, vos pas vous guideront vers le “manège de Petit Pierre”. Et vous serez alors plongé dans l’univers à la fois poétique, triste et satirique d’un garçon vacher sourd-muet.
Le site est ouvert de Pâques à la Toussaint (www.fabuloserie.com).

8. Musée du Peigne, ézy-sur-eure (Eure)

Au pays de la mode et au royaume de la coquetterie, le peigne est bien davantage qu’un objet utilitaire : il peut être une œuvre d’art. Au XIXe siècle, le petit village d’Ézy-sur-Eure est passé maître dans la confection de cet instrument, qui en fut longtemps la manne. Le musée qui lui est dédié, dans une manufacture historique, décrit les conditions de travail des “peigneux” et raconte cette industrie insolite, des peignes d’abord taillés dans le sabot de cheval, la corne de bœuf ou le buis, à ceux conçus en ivoire ou en écaille, d’une finesse et d’une finition admirables, présentés dans des parures des modes du XVIIe au XXe siècle.
Le musée est ouvert les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 12h et de 14h à 18h, le mercredi de 14h à 18h. Il est fermé entre la mi-décembre et la mi-février.


Au musée du peigne. Photo : © Musée du peigne d'Ézy-sur-Eure

9. Musée vivant du Cerf-volant (Côte-d’Or)

Qui n’a tenté en vain de faire voler le cerf-volant acheté pour ses enfants ? Avec Nasser Omar, originaire d’Afghanistan, où le cerf-volant est un sport national, savourez enfin le plaisir attendu ! Cet ancien champion de cerf-volant de combat (pour en savoir plus, lisez Les Cerfs-Volants de Kaboul de Khaled Hosseini) vous entraîne, sur fond musical d’Asie, dans son espace de milliers d’objets volants multicolores, du plus petit et du moins cher (1,50 €) au plus grand (600 m2 !). Enchantement assuré pour tous, de 4 à 99 ans.
Le musée du Cerf-Volant se trouve à la sortie sud de Dijon (12 rue Vignery à Perrigny ; www.nasservolant.com ; 03 80 54 32 46).

10. Musée de la musique mécanique, Dollon (Sarthe)

Ce musée possède une collection quasi exhaustive d’instruments mécaniques… qui font remonter le temps ! De la boîte à musique au Scopitone (ancêtre du clip vidéo), en passant par l’orgue de Barbarie, environ 200 pièces y sont présentées. En parfait état de marche pour la plupart, elles couvrent une période allant du XIXe siècle aux sixties. Que l’on soit spécialiste ou simplement curieux, la visite guidée par le maître des lieux, un sympathique passionné, est captivante. L’entrée se fait par un petit troquet convivial.
Le musée se visite uniquement le dimanche après-midi ; il est fermé l’hiver (4 €).

 
Photo du palais du facteur Cheval: Phil Blackburn