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Se dire adieu en France : les plus belles gares

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Les vacances sont faites de départs, et les départs, ça se prépare ! Ne ratez pas vos adieux déchirants ou vos retrouvailles heureuses, et choisissez les meilleures gares pour sortir votre mouchoir.

1. Gare de Strasbourg (Bas-Rhin)

Auf wiedersehen ! Au revoir ! Les annonces des trains, ici, sont énoncées en français et en allemand. Mais ce n’est pas la seule surprise : en 2007, en vue de l’arrivée du TGV (et de l’augmentation du nombre de voyageurs), la SNCF plaça le bâtiment en grès de style berlinois, inauguré par le Kaiser Guillaume Ier en 1883, sous un globe de 2 000 m2 de verre et de métal. Si cette extension a suscité diverses critiques, à la nuit tombée, quand l’ancienne gare perce sous la verrière, l’effet est magique.
Avec la carte SNCF Grand Voyageur, les anciens salons impériaux sont accessibles : boiseries, parquets en marqueterie, plafond à caissons, etc.
Photo : Alexandre Prévot

2. Gare de Metz (Moselle)

On vient autant pour l’admirer que pour prendre le train. La gare de Metz est implantée en plein cœur du quartier impérial, dont elle porte la marque architecturale. Édifiée sous l’empereur Guillaume II, elle mesure 300 m de long sur 200 m de large, ce qui en fait une des plus imposantes gares de France. À l’origine, elle devait pouvoir transférer quotidiennement 20 000 soldats allemands. De style néoroman, construite en granit rose, elle est ornée de chapiteaux, de sculptures, de statues et de vitraux. Selon la légende, certaines tuiles du toit dissimuleraient des écailles du Graoully, le dragon qui terrorisait les Messins au temps des premiers chrétiens.
Incluez dans votre visite les bâtiments alentour, également construits pendant la période impériale.


Sculptures, gare de Metz. LaurPhil

3. Gare de Deauville-Trouville (Calvados)

Une seule gare pour les deux sœurs antagonistes : on peut imaginer l’idylle, dans les années 1930, entre un ouvrier venu profiter des congés payés à Trouville et l’héritière d’une famille aristocratique trompant son ennui sur les planches de Deauville. Ils se sont rencontrés quelque part sur la plage et ils échangent un dernier baiser ici, dans cette gare récemment inaugurée, en 1931, et qui reprend une forme architecturale traditionnelle normande, à mi-chemin entre la chaumière – pour son toit pentu, ses proportions et ses imitations en ciment des pans de bois – et le manoir – pour sa forme symétrique et la maîtrise géométrique du plan. Il est l’heure, le train démarre…
L’intérieur de la gare, classée aux monuments historiques, est dominé par les deux fresques représentant les plans de Deauville-Trouville, signées Louis Houpin.


Gare de Trouville-Deauville, romaryka

4. Gare de Perpignan (Pyrénées-Orientales)

Accrochez-vous au wagon, voilà la principale station ferroviaire du Roussillon, la gare de Perpignan, sans autre cachet que d’être une gare d’avant-guerre, élevée au rang de “centre cosmique de l’univers” par Salvador Dalí. Le peintre catalan y aurait puisé ses “idées les plus géniales”, tandis que sa femme, Gala, enregistrait au guichet les toiles du maître avant leur expédition vers de riches clients américains. Loin des délires dalinesques, sachez qu’en hiver, quand le souffle glacial de la tramontane balaie les quais, les adieux y sont brefs. Approprié en cas de rupture.
Sur place, casque aux oreilles, écoutez la chanson de Charles Trenet : À la gare de Perpignan.


Plafond de la gare de Perpignan, SevenMilesSnake

5. Gare de La Rochelle (Charente-Maritime)

La gare de La Rochelle-Ville, inaugurée en 1922, tient du musée océanographique par ses fresques traitant de la faune marine, du phare de Cordouan par son campanile, et de la référence architecturale aux monuments emblématiques de la cité. Éclectique, le bâtiment, dessiné en 1910 par Pierre Esquié, compte parmi les plus élégantes constructions ferroviaires. Classée à l’inventaire des monuments historiques en 1984, la gare a sauvé sa verrière de zinc et de verre trempé d’une réfection calamiteuse en polycarbonate. Heureusement, car cette gare vous accueille sous un voile de lumière océane. On y pressent déjà l’air du large et les regrets du départ.
En TGV, La Rochelle n’est qu’à trois heures de Paris : trajet direct pour un week-end en amoureux !


Gare de la Rochelle-Ville, Med PhotoBlog

6. Gare de Chamonix (Haute-Savoie)

Créée en 1901 pour permettre un accès plus facile à la station, la gare de Chamonix possède une architecture emblématique de haute montagne, notamment ses fenêtres avec des toits pointus en bois. Sa situation, au pied de puissantes montagnes, ajoutera un côté dramatique à des adieux déchirants. Et, côté destination, vous avez le choix de filer vers la Suisse – le Mont-Blanc Express vous emmène jusqu’à Martigny –, de rejoindre Saint-Gervais ou de vous envoler encore plus haut, vers la mer de Glace, car la gare est juste à côté de celle du train du Montenvers.
La gare est située sur la ligne Saint-Gervais-Vallorcine-Martigny (en Suisse), desservie par des trains TER Rhône-Alpes.


Gare de Chamonix. Benjamin Dumas www.benontherun.com

7. Gare de Niolon (Bouches-du-Rhône)

Un quai désert, un ciel immensément bleu et le bruit des cigales chantant à l’ombre de la garrigue. Un petit bâtiment aux allures rétro, au pied d’une chaîne calcaire d’un blanc éclatant. À l’horizon, une mer étincelante… La petite gare de Niolon, sur la Côte Bleue, a particulièrement bien soigné son allure. Agrippée au flanc de la chaîne de l’Estaque, elle domine la Méditerranée de 40 m de haut. On y accède par le petit train régional (TER) reliant Marseille à Miramas. Pas moins de 23 tunnels et de 18 viaducs s’égrènent le long de la ligne, commencée en 1908.  Puis, à l’arrêt “Niolon”, on file plonger dans les calanques !
Le trajet de la ligne, vraiment superbe, vaut le détour. Environ 8 allers-retours quotidiens.


Gare de Niolon. Jacqueline Poggi

8. Gare de Lens (Pas-de-Calais)

Les deux porches vitrés du hall d’accueil des voyageurs sont des roues, et la tour-horloge, une cheminée. Construite en 1926 par Urbain Cassan dans le style Art déco, la gare de Lens – aujourd’hui monument historique – a la forme d’une locomotive à vapeur. À l’époque, la capitale du bassin minier était encore l’un des centres industriels les plus actifs de France, comme en témoigne la fresque en mosaïque à l’intérieur de la gare. Grâce aux deux temples, sportif et culturel, que sont le stade Félix-Bollaert et le Louvre-Lens (ouverture en décembre 2012), le trafic ferroviaire repart à la hausse.
Un circuit “de la mine au Louvre”, ou l’histoire d’une reconversion étonnante, est organisé par l’office du tourisme (www.tourisme-lenslievin.fr).


Gare de Lens, l'horloge. Guillaume Baviere

9. Le Train bleu, gare de Lyon (Paris)

Pour des retrouvailles grandioses ou un au revoir qui en jette, le Train Bleu est indépassable. Aménagé en 1900 à l’occasion de l’Exposition universelle, le restaurant de la gare de Lyon croule sous les dorures d’une décoration, certes chargée, mais unique à Paris. Quelque 41 peintures y représentent les destinations autrefois desservies par la gare, qu’il s’agisse de Marseille, d’Orange, de Villefranche-sur-Mer ou du Mont-Blanc. Côté assiette, les plats, typiques des brasseries traditionnelles, n’ont rien de fantastique, et la note est un peu salée, mais quel régal pour les yeux ! À noter : les tables donnant sur les quais offrent une plus belle vue que celles donnant sur la rue.
Infos sur www.le-train-bleu.com. Si vous ne voulez pas manquer votre train, un menu TGV vous permet de déjeuner en 45 minutes.


Devant le Train Bleu à la Gare de Lyon. Damien ||Dd||