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Culture et voyage

Visiter les USA à travers les séries

Mis à jour le : 9 janvier 2017

Carte

Photographie de la société américaine, les séries vous font faire le tour des États-Unis en quelques épisodes. Il suffit de zapper !
 

1. Twin Peaks (État de Washington)

1990–1991
Le visage aux lèvres bleues du cadavre gelé de Laura Palmer s'est imprimé de façon indélébile sur la rétine du téléspectateur. La vision, avant même d'être filmée, avait guidé l'écriture de Mark Frost et de David Lynch lorsqu'ils l'avaient imaginée, et suffi à convaincre un producteur de financer Twin Peaks lorsqu'ils la lui avaient décrite. Si la série devint instantanément culte, c'est bien pour la façon dont elle réussit à faire sortir de la banale apparence d'une tranquille bourgade américaine des images cauchemardesques et fascinantes. Ça, et deux accords de guitare obsédants comme un triste souvenir, dus au compositeur Angelo Badalamenti.
« Welcome to Twin Peaks » indique le panneau au bord de la route, avec pour fond deux monts enneigés. Twin Peaks, c'est bien connu, n'existe pas – en tout cas, pas là où la petite ville est censée se trouver, à savoir dans l'État de Washington. La localité créée par Lynch et Frost emprunte aux villages de North Bend et de Snoqualmie, où coulent les fameuses chutes d'eau du générique, à quelques kilomètres à l'est de Seattle. L'inquiétant bois de sycomores, lui, se trouve en Californie, dans la région de Malibu.


 
 

2. Sex and the City (New York)

1998–2004
Les mésaventures de quatre jolies New-Yorkaises célibataires en quête d'amour et d'orgasmes, parlant entre elles et sans tabou de leur vie sexuelle à la pause-déjeuner, ne pouvait guère échapper au succès sous tous rapports. Considéré comme plutôt cru lors de sa sortie, le ton de la série paraît aujourd'hui bien sage – mais c'est précisément que Sex and the City, à la fin des années 1990, bouscula avec humour la pudibonderie traditionnelle des fictions télévisées à une heure de grande écoute. Portée par son franc-parler et une pimpante touche glamour distillée par l'environnement fashion new-yorkais, la série connut deux passages sur grand écran.
Sex and the City appartient tout entier à New York : adaptée d'un recueil de chroniques signées Candace Bushnell et originellement parues dans le New York Observer, la série ne pouvait être tournée ailleurs que dans le milieu aisé de Manhattan qu'elle dépeint – les intérieurs étant tournés dans des studios du Queens, non loin de là. Des circuits touristiques sur les traces des personnages de la série mènent notamment chez Jimmy Choo, chausseur du personnage de Sarah Jessica Parker, et à Pleasure Chest, la boutique où celui de Kristin Davis acquiert son vibromasseur à longues oreilles.


 
 

3. Magnum (HawaÏ)

1980–1988
Une moustache, une Ferrari, une chemise à fleurs : tels sont les attributs aussi indissociables de Thomas Magnum que l'est le couteau suisse de son contemporain MacGyver. Ah, mais, et le décor tout de même : Hawaï ! Plages, palmiers, soleils et naïades en bikini, le détective privé a tout pour mener la belle vie, hormis quelques enquêtes prenantes, des tours en hélicoptère parfois dangereux, et deux dobermans obéissant au doigt et à l'œil du maître des lieux, Higgins, majordome de l'invisible Robin Masters. Le rôle de Magnum collera à la peau de Tom Selleck, un peu trop même, car, ne fût-ce une encombrante clause d'exclusivité de son contrat, Indiana Jones, dans les Aventuriers de l'Arche perdue, aurait dû porter sa moustache.
L'archipel polynésien d'Hawaï est devenu le 50e État américain en 1959. Une dizaine d'années plus tard, CBS en fit le cadre de Hawaï police d'État ; lorsque la série s'arrêta, Magnum la remplaça pour poursuivre l'activité des studios. La résidence de Robin Masters (n'intervenant dans la série qu'avec l'inimitable timbre de voix d'Orson Welles) se nomme en réalité The Anderson Estate et se trouve à quelques kilomètres du Sea Life Park Hawaii, sur l'île d'Oahu, l'île la plus peuplée de l'archipel. Sa capitale, Honolulu, et la base navale de Pearl Harbor se trouvent sur la côte sud.


 
 

4. Les Experts : Miami

2002–2012
Deux ans après la création et le succès des Experts (en 2000), se déroulant à Las Vegas, la chaîne CBS choisit la sulfureuse métropole de Floride pour y planter son spin off. La série reprend la forme de la série-mère, truffant l'enquête menée dans chaque épisode de flash-back et de divers effets visuels illustrant les méthodes d'investigation modernes employés par la police scientifique. La différence, c'est qu'on voit mieux l'océan…
Seuls quelques extérieurs de la série furent tournés à Miami. L'essentiel du tournage avait lieu en Californie – au même titre que les deux autres séries de la franchise CSI, se déroulant respectivement dans le Nevada et à Manhattan – en studio évidemment, mais aussi à Long Beach et Redondo Beach. Miami avait déjà servi de cadre à une célèbre série policière, Deux flics à Miami, créée par Michael Mann (et qui y fut, elle, intégralement tournée), et centrée sur le « vice » propre à la ville : sa situation à la pointe sud-est des États-Unis, proche de l'Amérique latine, en fait une notoire plaque-tournante du trafic de drogue et des réseaux de prostitution. Depuis 2006, une autre série à succès, Dexter, centrée sur un personnage de tueur en série, a une nouvelle fois pour cadre une cellule policière de Miami.
 
 

5. Les Soprano (New Jersey)

1999–2007
Le lancement des Soprano en 1999 marqua un renouveau qualitatif des scénarios des fictions télévisées américaines : le ton inhabituel et mordant de cette chronique de la mafia dans le New Jersey renouvelait le genre de la série, en nous faisant partager les affres psychologiques et les désordres familiaux d'un parrain local, passant en un clin d'œil des clubs louches de strip-tease au divan de sa psychanalyste. David Chase, le créateur de la série, s'inspira pour ce détonant mélange tout autant de la pègre sévissant notoirement dans son New Jersey natal, que de sa propre crise existentielle.
Le New Jersey et New York sont des bastions historiques de la pègre italo-américaine aux États-Unis, et la série fut entièrement tournée sur cette portion de la côte Est. Newark, fief des Soprano, fut d'abord celui de Richard Boiardo, dont le personnage de Tony est inspiré : membre d'un clan génois, il fut l'un des mafieux les plus célèbres de la Prohibition puis l'un des grands parrains du crime organisé. Newark était encore, trois ans avant le début de la série, élue « ville la plus dangereuse de la nation » par le Time Magazine, touchée qu'elle était par des records d'homicide. Plusieurs de ses maires furent condamnés pour corruption…


 
 

6. Californication (Venice, Californie)

2007
La série aurait aussi pertinemment pu emprunter son titre à la chanson de Gainsbourg Sea, Sex and Sun, mais c'est à celle des Red Hot Chili Peppers que Californication doit son nom : il a le double mérite d'annoncer franchement la couleur et la localisation, et d'être au diapason des références rock (mais aussi métal et punk) qui traversent la série. Après X Files, David Duchovny retrouva ici un rôle de premier plan dans celui de cet écrivain installé à Venice, près de Santa Monica, loin de son New York natal, paumé entre son divorce et sa dépendance au sexe, roulant en Porsche et fumant des joints, et visiblement inspiré de la vie dissolue de Charles Bukowski.
Venice est né en 1905 du coup de cœur d'Abbot Kinney, riche héritier du tabac, pour Venise en Italie. À son retour en Californie, il fit creuser des canaux, construire des ponts imités de ceux de la Cité des Doges, et importer des gondoles. Si la plupart des canaux ont depuis été recouverts, Venice n'en attire pas moins pléthore d'acteurs hollywoodiens, qui y résident, mais aussi les tournages de plusieurs séries : MacGyver et l'héroïne d'Alias y habitent, et la plage d'Alerte à Malibu est en réalité celle de Venice. On reconnaît notamment, dans Californication, les canaux survivants et l'Ocean Front Boardwalk.


 
 

7. Tremé (Louisiane)

2010–2013
Tremé, c'est un peu l'anti-film catastrophe : l'action commence trois mois après le passage de l'ouragan Katrina qui dévasta la Louisiane en 2005, et s'attarde sur les difficultés tant humaines que socio-économiques de la reconstruction. Une approche très réaliste, semi-documentaire, et dont l'interprétation repose à la fois sur des comédiens locaux et des acteurs d'envergure internationale comme John Goodman ou Isabella Rosselini. La série fait en outre intervenir dans leur propre rôle de nombreuses personnalités liées à la ville, cuisiniers ou musiciens, tels Elvis Costello et Terence Blanchard (compositeur attitré de Spike Lee), qui enregistrèrent chacun un disque suite au passage de l'ouragan.
La Louisiane a payé le plus lourd tribut à Katrina, l'un des ouragans les plus puissants et destructeurs de l'histoire américaine : des vagues de plus de dix mètres de haut s'abattirent sur la Nouvelle-Orléans, bâtie sous le niveau de la mer, et protégée par des digues se révélant insuffisantes. Plusieurs quartiers furent sous l'eau, faisant plus d'un millier de morts, plusieurs dizaines de milliers de sinistrés, et près d'un million de déplacés. Tremé est le nom de l'un de ces quartiers ; correspondant historiquement au secteur de résidence des Afro-Américains, il est le foyer d'une culture jazz et créole ancienne et toujours vivace.


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