Bogota : Histoire

Histoire de Bogotá

Bien avant la conquête espagnole, la Sabana de Bogotá, un haut plateau fertile désormais occupé presque entièrement par la capitale, était habitée par l’un des peuples autochtones précolombiens les plus avancés de l’époque : les Muiscas (dont on trouve souvent mention sous le nom de Chibchas). Le 6 août 1538, Gonzalo Jiménez de Quesada et son expédition atteignirent la Sabana et fondèrent une colonie, près de la capitale muisca, Bacatá. Son élévation au rang de ville, sur aval, en 1540, de Charles Quint, marqua le début de la domination espagnole.
La cité fut baptisée Santa Fe de Bogotá, mariage du nom traditionnel, Bacatá, à celui de la ville natale de Quesada en Espagne, Santa Fe. Ce dernier tint d’ailleurs lieu, à lui seul, d’appellation à la ville pendant la période coloniale.
À l’heure de sa fondation, Santa Fe comptait à peine une douzaine de cabanes et une chapelle dans laquelle fut prononcée, en célébration de sa naissance, une messe d’action de grâces. Les sites religieux des Muiscas furent quant à eux détruits et remplacés par des églises.
Durant ses premières années, la cité fut gouvernée depuis Santo Domingo (sur Hispaniola, île de nos jours divisée en deux parties : la République dominicaine et Haïti), mais en 1550, elle tomba sous l’autorité administrative de Lima, capitale de la vice-royauté du Pérou et siège du pouvoir espagnol pour les territoires conquis d’Amérique du Sud. En 1717, Santa Fe devint la capitale du Virreynato de la Nueva Granada, une nouvelle vice-royauté comprenant les actuels Panama, Venezuela, Équateur et Colombie.
Malgré l’importance politique de la ville, sa croissance fut entravée par des tremblements de terre, ainsi que par les épidémies de variole et de typhoïde qui ravagèrent la région aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Après l’indépendance en 1819, le Congrès de Cúcuta tronqua le nom de la ville : ainsi renommée, Bogotá devint la capitale de la Gran Colombia en 1821. La cité se développa peu à peu et au milieu du XIXe siècle, elle comptait 30 000 habitants et 30 églises. En 1884, le premier tramway commença à circuler et, peu après, des lignes de chemin de fer furent construites jusqu’à La Dorada et Girardot, offrant à Bogotá un accès aux ports du Río Magdalena.
Le véritable essor ne se produisit pas avant les années 1940, avec l’industrialisation et l’exode rural qui en découla. Le 9 avril 1948, l’assassinat de Jorge Eliécer Gaitán, un homme politique très apprécié du peuple, initia une révolte connue sous le nom d’El Bogotazo. La ville fut partiellement détruite : 136 édifices furent incendiés et les troubles causèrent quelque 3 000 à 5 000 morts en ville. On parle, dans le cadre des violences qui ponctuèrent la décennie suivante, de 200 000 morts pour l’ensemble du pays.
Bogotá vécut un nouvel épisode dramatique le 6 novembre 1985, lorsque des guérilleros du mouvement révolutionnaire M-19 (Movimiento 19 de Abril) envahirent le palais de justice, y gardant plus de 300 civils en otage. Le lendemain, on dénombra 115 victimes, dont 11 juges de la Cour suprême.
Depuis les années 1990, la capitale a connu son lot d’embellies. Le taux d’homicides y a fortement diminué, passant de 80 meurtres pour 100 000 habitants en 1993 à 17 pour 100 000 en 2013. Cette métropole est désormais l’une des plus sûres d’Amérique latine, même si les agressions y sont en recrudescence. Les projets novateurs insufflés par les maires successifs (par exemple les 350 km de pistes cyclables du réseau CicloRuta) ont par ailleurs contribué au mieux vivre à Bogotá.

Mis à jour le : 8 décembre 2015

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