-->

Colombie : Sécurité

Désagréments et dangers en Colombie

Plus que n’importe quel autre pays d’Amérique latine ou d’ailleurs, la Colombie a déployé de prodigieux efforts pour corriger son image. Pendant la majeure partie des années 1980 et 1990, le pays a traversé un terrible trou noir touristique, en raison d’un conflit intérieur complexe et d’une guerre de la drogue internationale qui ont ravagé la vie quotidienne des habitants. Aujourd’hui, la plupart des voyageurs trouvent la Colombie globalement plus sûre que ses voisins les plus proches – un incroyable revirement de situation. Bien sûr, tous les problèmes ne sont pas résolus. La petite criminalité perdure, et a même tendance à augmenter à Bogotá, donc la vigilance et le bon sens restent de mise. En outre, les guérilleros, les paramilitaires et les narcotrafiquants continuent de sévir dans de nombreux départements colombiens (même s’ils sont constamment repoussés et contraints de se cacher en permanence). Gardez le sens des responsabilités, évitez de vous rendre dans des quartiers louches en ville et soyez particulièrement vigilant après la tombée de la nuit. En respectant ces quelques précautions indispensables, votre séjour en Colombie ne vous laissera que de bons souvenirs.

Secteurs sûrs et secteurs dangereux en Colombie

Tous les secteurs que nous couvrons dans ce guide sont généralement à l’abri des guérilleros et de groupes paramilitaires. Si vous ne vous éloignez pas trop des destinations traitées, vous ne rencontrerez probablement aucun problème. Si votre curiosité est éveillée par une région que nous n’avons pas couverte pour ce guide, n’oubliez pas que notre choix est sans doute lié à une question de sécurité. Les Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) et/ou les paramilitaires sont encore présents dans le Chocó, le Cauca, certains secteurs du Nariño, des zones rurales du Huila, le Putumayo, le Meta, la forêt amazonienne à l’est des Andes (à l’exception de la région de Leticia) et des secteurs du Nord-Est (en particulier l’Arauca). Il convient donc d’éviter les secteurs de ces régions absentes du guide.

Guérilla et activité paramilitaire en Colombie

Il reste des poches de guérilla dans des secteurs reculés de Colombie, mais les FARC, grands spécialistes du kidnapping, ont désormais renoncé à cette pratique. L’Ejército de Liberación (ELN ; Armée de libération nationale) ferait bien de les imiter. Une extrême prudence est de mise si vous vous écartez des sentiers battus (et mieux vaut vraiment éviter de le faire). Le pire scénario envisageable est un kidnapping, motivé par des critères financiers ou politiques. La moitié de la Colombie n’est pas traitée dans ce guide, parce que la sécurité demeure problématique et que les infrastructures touristiques sont tout simplement inexistantes pour l’instant. Les secteurs concernés sont notamment la majeure partie de l’ouest du pays et un large pan de la région amazonienne –toutefois, la partie de l’Amazonie que nous couvrons dans ce guide est particulièrement sûre.

Vols et attaques à main armée en colombie

Les vols constituent le principal danger auquel sont confrontés les voyageurs. En général, le phénomène est plus problématique dans les grandes villes. La méthode la plus couramment utilisée est le vol à l’arraché des sacs, téléphones portables ou appareils photo. Attention également aux pickpockets et aux individus qui profiteront d’un instant d’inattention pour prendre vos affaires et partir en courant. Détourner l’attention de la victime fait souvent partie de la stratégie des voleurs. Ces derniers opèrent généralement en duo ou en groupe, souvent à moto : un ou plusieurs individus font diversion pendant qu’un complice effectue la besogne. Certains jouent la carte de la sympathie, d’autres se font passer pour des policiers et demandent à vérifier vos effets personnels. Dans les banques, soyez particulièrement prudent lorsque vous retirez de l’argent depuis un DAB et méfiez-vous des escrocs qui se font passer pour des employés de banque et proposent leur aide – une tactique de vol classique. Si possible, laissez votre argent et vos objets de valeur dans un endroit sûr avant d’aller vous balader dans les rues. Dans la pratique, le mieux est d’avoir sur vous une liasse de petits billets (50 000 à 100 000 COP maximum), que vous donnerez à votre assaillant en cas d’agression – si vous n’avez vraiment rien sur vous, les voleurs frustrés peuvent devenir encore plus agressifs. Dans les grandes villes, il y a parfois des attaques à main armée, même dans certains quartiers huppés. Si vous êtes abordé par des voleurs, il vaut mieux leur donner ce qu’ils cherchent, mais essayez de garder votre calme et ne leur remettez pas tous vos objets de valeur d’un coup – ils se satisferont peut-être de votre liasse de petites coupures. Ne tentez pas de fuir ou de lutter – vous avez peu de chance de leur échapper et des malheureux ont perdu la vie pour de la menue monnaie. Ne comptez pas sur l’aide des passants.

Drogues en Colombie

La cocaïne et la marijuana sont peu chères et il est très facile de s’en procurer dans les grandes villes de Colombie. Toutefois, acheter et consommer de la drogue est une très mauvaise idée. Beaucoup de Colombiens regardent d’un très mauvais œil le tourisme lié à la drogue, en particulier dans les petites localités. Il est important de noter que la plupart des Colombiens ne sont pas des usagers de substances illicites, et que beaucoup considèrent que le trafic de drogue avec l’étranger a provoqué des décennies de violents conflits. Ainsi, demander où se procurer de la drogue, ou en consommer ouvertement, pourrait vous attirer de graves ennuis (sachez aussi qu’il est illégal d’acheter, de vendre ou de consommer de la drogue, en quelque quantité que ce soit). La récente augmentation du nombre de voyageurs venant en Colombie pour prendre de l’ayahuasca (ou yagé, comme on le désigne souvent en Colombie) est également préoccupante. Cette drogue hallucinogène, fabriquée à partir de diverses plantes de la forêt tropicale et utilisée pendant des siècles par les Amérindiens de Colombie pendant leurs cérémonies, provoque une purge et des vomissements ainsi que des hallucinations incroyablement puissantes. En 2014, un Britannique de 19 ans est mort près de Putumayo, sous l’emprise de cette drogue, et nous vous déconseillons plus que fortement de l’essayer. On vous proposera parfois de la drogue dans la rue, dans un bar ou en boîte de nuit : n’acceptez jamais. Il se peut que les vendeurs soient de mèche avec la police, ou que leurs complices vous suivent puis vous arrêtent, se faisant passer pour des policiers et vous menaçant de vous faire jeter en prison si vous refusez de leur donner de l’argent. Il est arrivé que de la drogue soit dissimulée dans les affaires de voyageurs, donc restez attentif. À l’aéroport, si un inconnu vous demande de prendre ses bagages à bord, refusez systématiquement.

Boissons et produits contaminés en colombie

La burundanga est une drogue obtenue à partir d’une espèce d’arbre très répandue en Colombie. Utilisée par les voleurs pour provoquer la soumission de leur victime, elle peut être incorporée à des bonbons, des cigarettes, un chewing-gum, de l’alcool – n’importe quel aliment ou boisson, en fait – et n’a aucun goût ou odeur détectable. Avec une dose “normale”, le principal effet est la perte de discernement, même si la victime reste consciente. Le voleur peut alors lui demander de donner tous ses objets de valeur, ce qu’elle fera docilement. Mais pire, des cas de viol sous l’effet de la burundanga ont été rapportés. Autres effets : perte de mémoire et insomnie, pouvant durer de quelques heures à plusieurs jours. Une surdose peut être fatale. Aussi soyez très attentif à ce que vous consommez et à ne pas accepter n’importe quoi de n’importe qui.

Relations avec la police et les militaires en Colombie

Si l’armée colombienne est parfaitement digne de confiance et la police fédérale réputée incorruptible, les policiers locaux ont une renommée un peu moins glorieuse. Ils sont mal payés et des incidents de corruption et de brutalité envers des touristes ont été rapportés. Conservez toujours une photocopie de votre passeport (avec votre tampon d’arrivée) sur vous, et ne transportez jamais quelque drogue que ce soit, dans la rue ou lors de vos déplacements. Dans les secteurs concernés par le tourisme, la police touristique est de plus en plus présente, et beaucoup de ces policiers se débrouillent bien en anglais. Ils sont en uniforme et facilement identifiables à leur brassard “Policía de Turismo”. Au moindre souci, adressez-vous à eux dans la mesure du possible. Si vous vous faites voler votre passeport, des objets de valeur ou d’autres biens, rendez-vous au poste de police et déposez une denuncia (plainte). L’officier de service rédigera un rapport, qui doit comporter le récit des événements et la liste des effets volés. Choisissez bien vos mots, n’omettez aucun objet ou document volé et relisez soigneusement le compte-rendu avant de signer. Votre exemplaire du rapport vous servira de pièce d’identité temporaire et vous devrez la présenter à votre assurance pour obtenir un dédommagement. Si vous avez affaire à la police, restez calme, soyez poli et utilisez la forme de vouvoiement “usted”. Et ouvrez bien les yeux en cas de fouille de vos affaires.

Escroqueries courantes en Colombie

Vous ne devez, en aucune circonstance, vous soumettre à un contrôle de votre passeport et de votre argent par des policiers en civil. Il se peut que des malfrats se faisant passer pour des policiers en civil vous abordent dans la rue, présentent une fausse pièce d’identité, et demandent à voir votre passeport et votre argent. L’escroquerie est classique : ces “policiers” prétendront que vos billets sont faux et les confisqueront (il existe une variante, avec les bijoux). Un vrai policier colombien ne vous demandera jamais une telle chose. Cherchez un policier en uniforme, ou interpellez un passant vous inspirant confiance pour avoir un témoin de la scène, et insistez pour téléphoner à un commissariat. Cela devrait inciter les faux policiers à s’éloigner discrètement.

Déplacements par voie terrestre en Colombie

Dans la majeure partie de la Colombie, voyager par voie terrestre, en particulier la journée, ne devrait pas poser de problème (exception faite de la musique à plein volume et pas nécessairement à votre goût). Dans le passé, les bus de nuit étaient dangereux – les FARC contrôlaient la plupart des grands axes – mais ce n’est plus le cas. La plupart des bus de nuit sont confortables, évitent de perdre une journée de transport et permettent d’économiser une nuit d’hôtel. Les seules grandes voies qu’il faut éviter d’emprunter la nuit sont la route de Popayán à Pasto, la frontière avec l’Équateur et dans une moindre mesure (même si des problèmes subsistent) la route de Bucaramanga à Santa Marta. Il n’y a plus de guérilleros, mais on nous a signalé des agressions et des voleurs armés arrêtant les bus et dévalisant les passagers.

Conseils aux voyageurs pour la Colombie

La plupart des gouvernements possèdent des sites Internet qui recensent les dangers possibles et les régions à éviter. Consultez notamment les sites suivants avant votre départ : Ministère des Affaires étrangères français (www.diplomatie.gouv.fr), Ministère des Affaires étrangères de Belgique (diplomatie.belgium.be), Département fédéral des Affaires étrangères suisse (www.eda.admin.ch/eda/fr), Ministère des Affaires étrangères du Canada (www.voyage.gc.ca)

conseils utiles pour se proteger en Colombie

- Évitez de vous écarter des sentiers battus, surtout si vous n’avez pas vérifié les conditions de sécurité sur le terrain.
- Soyez prudent lorsque vous utilisez un DAB après la tombée de la nuit, et ne le faites pas dans une rue déserte.
- Gardez sur vous une liasse de petites coupures enroulées, facilement accessible, en cas d’agression.
- Ne vous impliquez dans aucune histoire de drogue.
- Méfiez-vous des cigarettes ou des boissons offertes par des étrangers ou de nouveaux “amis”.
- Prenez garde aux escrocs se faisant passer pour des policiers en civil. Soyez particulièrement prudent à Taganga, où l’insécurité s’est aggravée ces dernières années.
- Ne vous rendez pas à pied aux plages en dehors de la ville, car des vols se sont produits, même en plein jour. Prenez plutôt le bateau.
- Évitez de voyager de nuit entre Popayán et San Agustín, car les bus se font régulièrement dévaliser.

Vacances sous cocaïne en colombie ? Songez aux Conséquences

Le tourisme lié à la drogue est une triste réalité en Colombie. Ce qui peut apparaître à certains comme une distraction inoffensive contribue à la violence et au chaos qui ravagent chaque jour les campagnes colombiennes. Des individus se battent et meurent pour obtenir le contrôle du commerce de la cocaïne. Acheter et consommer de la cocaïne est une façon de financer ce conflit. On estime qu’à elles seules, les Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC) perçoivent 200 à 300 millions de dollars américains par an sur la production de cocaïne. Plus encore, la production de cette drogue a des conséquences catastrophiques pour l’environnement. Le processus de fabrication requiert l’utilisation de produits chimiques comme le kérosène, l’acide sulfurique, l’acétone et le carbure, qui sont simplement déversés sur le sol ou dans les cours d’eau après usage. En outre, on estime que 500 à 3 000 km² de forêt tropicale vierge sont rasés chaque année pour permettre la culture de la coca. La Colombie est un pays absolument magnifique. Les habitants, la musique, la danse, la nourriture – il y a largement de quoi mettre tous vos sens en éveil !

Mis à jour le : 8 décembre 2016

Articles récents

Guide de voyage Guide de voyage

Qu’ils partent deux mois ou deux ans, ce guide est le compagnon indispensable des grands voyageurs.