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Sellequivoyage, une super nana qui pédale entre Pékin et la France, périple en zig-zag pendant 21 mois...

Portrait d'anonyme
MAHOUS
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Bonjour,

Ayant rencontré Karine entre Paï et Chiang Maï (Thaïlande), je peux vous assuré que c'est une belle personne courageuse.
Elle rend accessible le voyage en solo, en vélo, etc.
Une grande bouffée d'air pur, au moins dans la tête.
Si vous pouvez l'aider en l'hébergeant ou autre, laissez un petit commentaire sur son blog, elle répond toujours de manière adorable.
En recherche de sponsors, car même à vélo 21 mois de pérégrinations à travers plusieurs pays coûte cher, elle est open aux propositions concrètes.
Son principal souci est le renouvellement de son matériel.

[gallery]http://www.lonelyplanet.fr/forum/index.php?page=RGalleryImageWrapper&itemID=2898&type=page[/gallery]

http://www.sellequivoyage.fr/

En ce moment elle se dirige vers le Népal pour son autre passion, guide de montage (en Savoie...)

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MAHOUS
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Le ven 06 mai 2011 à 15:40

Voici le beau et long message que je viens de recevoir d'elle.

Ven 6 mai 2011, 15h 23min 42s"Des routes qui font particulièrement réfléchir sur l'avenir ..."
De : karine meerpoel

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Bonjour à tous,
Tandis que l'actualité bouillonne d'évènements et me pousse à m'interroger sur l'avenir de l'homme sur une planète de plus en plus meurtrie, et après le départ de Maman pour son retour en France, mon petit vélo et moi avons mis le cap sur l'Est de la péninsule malaise. Ma route a d'abord traversé le pays d'Ouest en Est par des territoires, au Centre, complètement remodelés par l'homme et son exploitation forestière et agricole.
En pédalant sur les routes de Malaisie, j'ai été considérablement frappée par ce phénomène touchant toute l'Asie : la déforestation.
Partout, dans le pays, on coupe, on abat des arbres centenaires, on fait disparaître les forêts tropicales primaires, pourtant véritable poumon vert de toute la région, afin de laisser la place à de gigantesques plantations de cultures industrielles. Et si les plantations d'hévéas, l'arbre du caoutchouc, ont fait pendant longtemps la richesse du pays, celles qui, aujourd'hui, constituent l'un des principaux produits d'exportation et participent à l'incroyable croissance économique de la Malaisie, sont les plantations de palmiers à huile.
L'huile de palme. Qui n'en a pas entendu parler ? Car elle rentre dans la composition de quantité de produits et elle est l'huile la plus consommée dans le monde. La Malaisie, qui a énormément investi dans la production d'huile de palme, est devenue le premier producteur mondial de cette huile ; et je n'en doutais pas lorsque, sur mon vélo, je pédalais des dizaines et des dizaines de kilomètres bordés de chaque côté par d'immenses plantations de palmiers qui s'étendaient jusqu'à l'horizon. Ce qui était frappant pour moi, c'était les différences que je notais aisément entre les moments où ma route traversait ces plantations et ceux où ma route était bordée par de rares forêts primaires ou par les mangroves. Dans les premiers, le silence faisait écho à l'immobilité de ce paysage affligeant ; sous les palmiers scrupuleusement alignés de manière rectiligne, j'ai eu l'impression que rien ne bougeait et que la vie y avait disparu.
Au contraire, pendant les moments où ma route traversait la jungle, les forêts tropicales ou des mangroves, un nombre impressionnant de sons, de chants d'oiseaux et de grenouilles, des grésillements et des craquements de branches, des sifflements d'insectes, toutes les voix de la forêt encore inviolée par l'homme me parvenaient et il en était une qui me fascinait et qui m'inquiétait à la fois, la voix des singes.
Il ne s'est pas passé une journée de vélo sans que je puisse observer des singes, de petits macaques au pelage gris, s'agitant dans les arbres ou sur les fils électriques à mon passage. Ils m'observaient en gardant une courte distance de sécurité et, pour les plus excités, poussaient des cris peu rassurants. Si, à vélo, sur les routes du monde, j'ai très souvent eu peur des chiens revêches et lancés à mes trousses dans une course furibonde, en Malaisie, ce sont les singes qui m'ont donné quelques sueurs froides, comme ce jour ou, l'athée que je suis, a prié je ne sais quel dieu pour qu'il ne m'arrive rien !!!
Ce jour là, sachant que ma route ne devait pas traverser de villages sur une longue distance, j'avais prévu de quoi grignoter et avais rangé dans mes sacoches des biscuits secs et des bananes, faciles à transporter et à consommer ! A la sortie d'un virage, des cris de singes énervés m'avaient brusquement sortie de mes rêveries et je guettais leurs déplacements véloces d'une branche à l'autre ! Je restais confiante car mes nombreuses rencontres précédentes avec eux m'avaient montré que leurs petites tailles les dissuadaient de s'approcher davantage. Je m'étais éloignée et venais à peine de réaliser que je transportais de la nourriture sur mon vélo susceptible de les intéresser, lorsque je me suis retrouvée à quelques mètres d'un nouveau genre de singes !
Ils étaient des dizaines sur le bord de la route et dans les arbres à pousser des cris agressifs et répétitifs et, si les plus petits d'entre eux avaient rapidement rejoint de hautes branches, les plus gros, quant à eux, restaient immobiles, les poings fermés sur le sol, les yeux rivés sur moi ! Bon, je ne suis pas spécialiste, mais pour moi ils ressemblaient à de gros babouins, le pelage de couleur fauve et roux et la taille des plus gros se rapprochait de celle d'un homme adulte. Autant vous dire que je ne faisais pas la maligne et n'allais certainement pas tenter un "hey ! petit doudou !" ... que je lançais niaisement et habituellement aux macaques ! D'autant que tous ceux qui avaient grimpé sur les arbres criaient férocement et, dans cette situation cauchemardesque, j'avais l'impression de slogans scandés contre moi qui semblaient dire aux plus costauds de la bande (les mâles dominants) fièrement plantés sur le bord de ma route : "à l'attaque ! à l'attaque!..."
Mon coeur, qui s'était emballé depuis longtemps, tambourinait dans ma tête et mes doigts, trempés de frayeur, avaient alors agrippé mon guidon afin d'avancer sans faille et de quitter ces gros singes qui me toisaient sans relâche ! Quelques kilomètres plus loin et enfin seule, j'ai maudit mes bananes et mes biscuits que j'ai fini par jeter, l'appétit coupé et décidée à ne plus m'attirer d'ennuis !!!
En fait, à chacune de mes rencontres avec les singes sur le bord des routes de Malaisie, j'ai été profondément désolée pour eux. Avec la déforestation qui permet aussi à l'état une lucrative exploitation du bois tropical, les plantations de palmiers à huile chassent les singes. Leur habitat se réduit comme une peau de chagrin et leur survie devient éminemment en danger.
Pour les gros mammifères tels que l'éléphant d'Asie, le rhinocéros de Sumatra, mais aussi pour les tigres, les panthères, les tapirs et les célèbres orangs-outans (pour ne citer que ceux-là), l'histoire est déjà réglée. Ils ont quasi disparu et n'existent plus qu'en très faible nombre dans de trop rares réserves ou parcs nationaux.
Avec les plantations de palmiers à huile, ce sont des milliers de plantes qui disparaissent et autant d'insectes, d'oiseaux, mammifères et autres animaux divers et en tout genre. Avec ces cultures industrielles, c'est toute une Biodiversité qui s'en va à jamais.
Pourtant, nous savons. Pourtant nous savons grâce aux scientifiques du monde entier qui ont décortiqué les cycles de la vie, celle de l'Homme, nous savons que Notre vie est intimement liée à cette précieuse Biodiversité. Comme dans bien d'autres cas, c'est à se demander ce qu'on fout ! Qu'est-ce qu'on fout, sinon de se prendre un sabre pour se faire hara-kiri ?
Sur les routes de Malaisie je me suite dit que, désormais, je ferai particulièrement attention à l'huile que j'achèterai, à sa provenance et aussi à tous les produits pouvant contenir de l'huile de palme.
Les routes de l'Est de la péninsule m'ont permise de retrouver le littoral de la Mer de Chine égrené par quelques petites villes ou jolis villages de pêcheurs comme celui de Mersing. Ici, les habitant parlent moins l'anglais mais ont, néanmoins, cherché à communiquer avec moi de très nombreuses fois pour mon plus grand plaisir. L'Est est majoritairement musulman et les hommes portent plus volontiers la calotte religieuse. Si l'Islam est la religion d'état depuis le 15ème siècle et si la charia (la loi islamique) a été adoptée pour tous les musulmans de Malaisie, le pays adhère à un Islam modéré et le gouvernement, ainsi que quasi l'ensemble des Malais de souche (tous musulmans) se méfient de l'intégrisme.
Comme à l'Ouest de la péninsule, les mosquées jouxtent là aussi des temples bouddhistes chinois et ne sont jamais loin d'un temple hindou pour les Indiens.
Pendant un mois et demi passé en Malaisie et au cours de mes nombreuses discussions avec les Malaisiens, j'ai cherché à savoir si le pacifisme entre ces différentes communautés ethno-culturelles était juste une vitrine apparente ou bien une profonde réalité. Il existe bel et bien des clivages sociaux et des tensions sous jacentes que le gouvernement surveille et tente d'effacer par l'instauration de la parité économiques entre les groupes ethniques. Et, si la répartition des richesses reste malgré tout inégale (les Malais de souche restent les plus pauvres), la bonne santé économique du pays fait taire bien des ressentiments. Certains trouvent cet équilibre un peu fragile ; pour ma part, je veux faire preuve d'optimisme pour cet état multi-ethnique, multi-culturel et multi-confessionnel car il est un sentiment que tous les Malaisiens partagent, celui d'appartenir à une seule et même nation.
Allez demander à un Chinois et à un Indien ce qu'ils se sentent au fond d'eux-mêmes et s'ils n'ont pas l'envie de partir s'installer dans le pays de leurs racines. La réponse est toujours la même : ils sont avant tout Malaisien.
Ainsi, tous autant qu'ils sont, Malais de souche, Chinois, Indiens, lentement, forgent une identité malaisienne avec la conscience de cette mixité unique, avec la conscience, pour beaucoup et particulièrement pour les plus jeunes, que cette mixité est une vraie richesse.
Alors, en quittant les routes de Malaisie, je me suis dite que ce pays devrait nous servir d'exemple à nous, Français, et aussi à nos politiques qui, à la veille de proches présidentielles, nous ressortent leurs discours sur l'insécurité qui dressent les concitoyens les uns contre les autres.
Messieurs les politiques, foutez-nous la paix et arrêtez de vouloir servir vos propres intérêts ; servez plutôt l'éducation de nos enfants en leur donnant aussi la promesse d'une terre viable et durable.
Et bien, il me reste à vous souhaiter "bon vent" en vous invitant, bien sûr, à retrouver les dernières photos de la Malaisie en cliquant ici "[url='http://www.sellequivoyage.fr/index.php?ption=com_phocagallery&view=categories&Itemid=5"']http://www.sellequivoyage.fr/index.php?ption=com_phocagallery&view=categories&Itemid=5"[/url]
La prochaine fois que vous me lirez, je serai sous bien d'autres horizons, très montagneux pour le coup, mais vous expliquerai tout cela dans le prochain courriel.
Merci à tous ceux qui continuent à m'envoyer de leurs nouvelles et des messages d'encouragement.
A tous, portez-vous bien.
KARINE

Portrait d'anonyme
MAHOUS
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Le dim 08 mai 2011 à 06:05

Salut,
Karine recherche des bonnes âmes concernant l'hébergement dans les Pays entre la Thaïlande et la France,
je sais c'est vaste, le parcours envisagé va suivre.
Besoin aussi de changer du matériel qui a souffert.
Merci pour elle.

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JackPacker
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Le mar 10 mai 2011 à 16:40

c'est réellement impressionnant !