Basilique du Saint-Sépulcre

L'avis de l'auteur Lonely Planet

église

L’église la plus importante de la chrétienté est nichée au milieu des souks, en bordure des quartiers chrétien et musulman. Depuis seize siècles, des pèlerins chrétiens venus des quatre coins du globe viennent se recueillir dans cette église. Son apparence n’a rien d’exceptionnel, mais les larmes, les lamentations et la ferveur des pèlerins ont contribué à la sacraliser. L’église peut être difficile à localiser. Le plus simple est d’y accéder par Christian Quarter Rd.

Pour les chrétiens, l’église est édifiée sur le site du Calvaire, ou Golgotha, où Jésus a été cloué sur la croix, est mort et est ressuscité, et elle comprend les cinq dernières stations du chemin de croix. Elle est perpétuellement pleine de touristes et de pèlerins. N’espérez pas y goûter un moment serein de contemplation ou de recueillement.

La décision d’ériger une église à cet endroit aurait été prise devant l’insistance d’Hélène, la mère de l’empereur Constantin, 300 ans après la crucifixion. En pèlerinage dans la ville sainte, elle repéra un temple païen à Vénus construit par Hadrien en 135 av. J.-C., selon elle afin d’empêcher les premiers chrétiens d’y rendre leurs dévotions. Avec l’évêque de Jérusalem, Macarius, elle demanda à l’empereur la démolition du temple, l’excavation du tombeau du Christ et la construction d’une église pour abriter le sépulcre.

Les fouilles permirent de mettre au jour trois croix. Hélène en déduisit qu’il s’agissait bien du lieu du Calvaire. Sous l’égide de Constantin, les travaux de construction de la nouvelle église commencèrent en 326 pour se terminer neuf ans plus tard. Situé au milieu de l’actuelle cité, ce lieu de supplice était, voici 2 000 ans, un terrain vague éloigné des anciens remparts. À partir du IVe siècle, sanctuaires et églises y furent bâtis et démolis au gré des conflits et des trêves.

Lorsque le calife Omar prit Jérusalem en 638, les chrétiens l’invitèrent à venir prier dans leur église. Il déclina respectueusement cette offre, déclarant que le peuple musulman risquerait sinon de convertir l’église en mosquée. Le calife Hakim n’en ordonna pas moins sa destruction en 1009.

La restauration commença en 1010 mais progressa lentement en raison du manque de financement. Il fallut attendre plus de vingt ans pour que l’Empire byzantin accorde une subvention. La somme ne suffisant pas à couvrir la reconstruction complète de l’église originale, les architectes byzantins se contentèrent de quelques aménagements, notamment l’ajout d’une galerie dans la rotonde et d’une grande abside à l’est. Les croisés, entrés à Jérusalem le 15 juillet 1099, découvrirent le Saint-Sépulcre sous cette forme. Devenus les maîtres de la cité, ils en poursuivirent la restauration et lui apportèrent de grands changements. Depuis cette époque, aucune reconstruction majeure n’ayant été entreprise, elle a gardé sa structure “croisée” aux origines byzantines. À cette époque, on accédait à l’entrée principale par deux points : la porte actuelle et une autre, située à droite en haut de l’escalier extérieur, qui menait à une petite chapelle permettant une entrée cérémoniale au calvaire. Elle fut murée après la défaite des croisés en 1187 ; son linteau sculpté est exposé au musée Rockefeller.

La basilique fut terriblement endommagée par un incendie en 1808, puis par un séisme en 1927. L’édifice étant un sujet de rivalité entre les différentes Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe grecque et arménienne, syrienne, copte et éthiopienne) qui s’en partageaient la propriété, il fallut attendre 1959 pour qu’un programme de restauration majeur soit adopté. En raison de ces dissensions, le contrôle de l’entrée principale revint aux membres d’une famille musulmane, les Nusseibeh, dont la charge héréditaire consiste, depuis l’époque de Saladin, à veiller à l’ouverture et à la fermeture des portes le matin et le soir.

L’église a toujours abrité des reliques, certaines convoitées par les pèlerins. À l’origine, la croix découverte par Hélène était exposée, mais tant de pèlerins qui s’inclinaient devant elle pour l’embrasser arrachaient un morceau de bois en souvenir qu’à la fin, il n’en resta rien. Aujourd’hui, ils se contentent de verser de l’huile sur la Pierre de l’Onction et l’épongent avec un tissu qu’ils emportent telle une relique.

Veillez à adopter une tenue correcte : les gardes sont très stricts et refusent de laisser entrer les personnes aux jambes, épaules ou dos dénudés. L’entrée principale se fait par Christian Quarter Rd, mais on peut aussi accéder par Dabbaga St (depuis Souq Khan al-Zeit St ou Mauristan Rd) ou encore par le toit du monastère éthiopien. À l’intérieur, suivez notre itinéraire p. 60.

02-626 7000 ; 5h-21h Pâques­sept, 4h-19h oct-Pâques