Musée Mevlâna

L'avis de l'auteur Lonely Planet

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Principal attrait de Konya, pour les musulmans comme pour les non-musulmans, le musée Mevlâna abritait autrefois la loge des derviches tourneurs (mevlevis), ordre soufi inspiré par le grand penseur et poète mystique persan Djalâl ad-Dîn Rûmî dit Mevlâna (1207-1273). Le terme de musée est cependant très réducteur, car il s’agit en réalité d’un des hauts lieux de pèlerinage d’Anatolie centrale, toujours en effervescence.

Plus de 1,5 million de fidèles y viennent chaque année, turcs pour la plupart. Beaucoup implorent Rûmî par la prière. Les femmes doivent se couvrir la tête et les épaules, les shorts sont proscrits.

Visible de loin, le dôme cannelé de la loge recouvert de faïence turquoise est une image emblématique du pays. Après avoir traversé un joli jardin, on pénètre par la Dervişan Kapısı (porte des Derviches) dans une cour entourant une fontaine à ablutions.

Déchaussez-vous avant de pénétrer dans la tilavet (salle de lecture du Coran), où sont exposées des calligraphies (on l’appelle aussi salle des calligraphies).

Les portes ottomanes en argent du mausolée portent l’inscription “Ceux qui entrent ici inachevés en ressortiront parfaits”. En les franchissant, notez sur la gauche la grande Nisan tası (vasque d’Avril) en bronze, du XIIIe siècle, qui servait à recueillir les pluies d’avril, vitales et sacrées pour les paysans de la région. On y trempait jadis l’extrémité du turban de Mevlâna pour l’appliquer sur les malades venus chercher la guérison. À gauche toujours se trouvent six sarcophages dans lesquels reposent des disciples de Bahaeddin Veled qui l’avaient suivi depuis l’Afghanistan.

Dirigez-vous directement sous la coupole cannelée, où vous verrez le tombeau de Mevlâna (le plus grand), flanqué de celui de son fils Sultan Veled, ainsi que de ceux d’autres éminents derviches. Tous sont recouverts de tentures de velours brodées d’or : ceux de Mevlâna et de Sultan Veled sont aussi surmontés d’un énorme turban, symbole d’autorité spirituelle. Le nombre de tours de tissu du turban traduit le niveau de spiritualité atteint par son propriétaire. Le tombeau en bois de Bahaeddin Veled se tient à l’une des extrémités, ce qui fait dire aux fidèles que la sainteté de Mevlâna est telle que même son père lui témoigne le respect. La plateforme supporte 66 sarcophages, pas tous visibles.

Le tombeau de Mevlâna date de l’époque seldjoukide. La mosquée et la semahane, salle où se déroulaient les cérémonies de derviches, sont des ajouts ultérieurs faits par d’autres sultans ottomans (Mehmet II le Conquérant faisait partie des Mevlevis et Soliman le Magnifique se montra généreux envers l’ordre). Selim Ier, qui conquit l’Égypte, offrit les lampes mameloukes en cristal.

À gauche de la chambre funéraire, la petite mosquée et la semahane abritent des objets comme des instruments de musique, le premier exemplaire du Mathnawi, le tapis de prière de Mevlâna et un manuscrit chrétien du IXe siècle en peau de gazelle. On peut également voir un reliquaire contenant des poils de la barbe de Mahomet et un coran si minuscule qu’il entraîna la cécité de son copiste. À gauche du mihrab, un seccade (tapis de prière) porte un motif représentant la Kaaba de La Mecque. Fabriqué en Iran, cet ouvrage en soie et laine d’une extrême finesse comporte quelque 3 millions de nœuds (144 au cm2).

La matbah (cuisine) occupe l’angle sud-ouest de la cour. Elle dévoile un intérieur décoré comme à l’époque de Mevlâna, où des mannequins figurent des derviches en tenue. Notez le panneau en bois que les jeunes derviches consultaient pour apprendre à tourner.

Bordant les côtés nord et ouest de la cour, les cellules dans lesquelles logeaient les derviches contiennent des dioramas illustrant leur vie quotidienne.

La cohue qui règne souvent dans le complexe permet difficilement d’apprécier les objets exposés. Venez tôt pour visiter l’endroit en paix, même si, les jours d’affluence, l’atmosphère a toutefois quelque chose d’assez envoûtant.

Voisine du musée, la Selimiye Camii fut construite entre 1566 et 1574 par Selim II, alors gouverneur de Konya.

0332-351 1215 ; 5 ₺, audioguide 10 ₺ ; 10h-17h lun, 9h-17h mar-dim