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1914-2014, où commémorer la Grande Guerre ?

Mis à jour le : 23 janvier 2017

Carte

Cette année marque le centenaire du début de la Première Guerre mondiale (28 juillet 1914 - 11 novembre 1918). Des souvenirs poignants de ce conflit dévastateur demeurent.

1. Champs de coquelicots, Flandre, Belgique

“Au champ d’honneur, les coquelicots, entre les croix de lot en lot…”. Ces quelques vers du poème Au champ d’honneur (In Flanders Fields), très connu au Canada, ont été écrits par le lieutenant-colonel canadien John McCrae en hommage à un ami disparu. La guerre faisait rage, ravageant la campagne et labourant les terres, phénomène qui, par une étrange ironie du sort, stimulait la poussée des coquelicots, dont le rouge vif émaillait les champs. Depuis, ils sont devenus le symbole du souvenir des soldats morts au combat. Les coquelicots qui fleurissent encore chaque année sont un peu l’hommage rendu par la nature au courage de ceux qui ont sacrifié leur vie.
Les coquelicots fleurissent dans les champs de bataille du front de l’Ouest d’avril à début juillet, mais le temps variable peut retarder leur floraison.

2. Gallipoli, Turquie

Loin des lignes de front du nord de l’Europe, des combats d’une extrême atrocité se sont déroulés à Gallipoli. Cette campagne de huit mois, sanglante et ininterrompue, se révéla désastreuse pour les Alliés. Quelque 34 000 Britanniques, Australiens et Néo-Zélandais périrent ici. La péninsule de Gallipoli se situe à 240 km au sud-ouest d’İstanbul, coincée entre la mer Égée d’un côté, et le détroit des Dardanelles de l’autre. Le plan des Alliés était simple : envoyer une flottille dans les Dardanelles pour s’emparer d’İstanbul et ouvrir une voie maritime vers la Russie. Ils se heurtèrent à une dure réalité. Les troupes ottomanes leur opposèrent une résistance sans faille qui les contraignit à se replier en Égypte.
Basé à Istanbul, Trooper Tours (www.trooper tours.com) fait visiter les sites phares de Gallipoli.


Mémorials à Gallopoli, Turquie. sarahchats

3. Clairière de L’Armistice, Rethondes, France

11 novembre 1918 : fin de la Grande Guerre. Après quatre longues années, alors que l’Europe est exsangue, l’Allemagne accepte les clauses de l’armistice proposées par les Alliés. Sous le commandement du maréchal français Ferdinand Foch, les participants se réunirent pour signer le traité. Le maréchal Foch avait choisi d’organiser la signature dans le wagon-salon du train de son état-major, retiré dans la tranquille forêt de Compiègne. Aujourd’hui, la forêt abrite une clairière où se trouve un mémorial de guerre que domine la statue du maréchal Foch. À côté est installée une réplique du wagon de l’Armistice. Les nazis se sont emparé de l’original pendant la Seconde Guerre mondiale et l’ont détruit en 1945.
La clairière se trouve entre Rethondes et Compiègne (D546). Des trains relient Paris (gare du Nord) à Compiègne.

4. Verdun, Meuse, France

La plus célèbre des batailles de la Première Guerre mondiale n’aura servi à rien. Le déluge d’obus et de gaz toxiques qui s’abattit sur le front pendant 300 jours et 300 nuits, de février à décembre 1916, fit 300 000 morts sans que les armées allemande et française réussissent à avancer leurs positions. En 1916, deux tiers de l’armée française avaient été mobilisés à Verdun, ce qui explique aussi que cette bataille soit restée dans les mémoires. Des “orages d’acier”, pour reprendre les termes de l’écrivain allemand Ernst Jünger, inutiles et considérés aujourd’hui comme le symbole de l’absurdité de la guerre.
À Verdun, François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, ont symbolisé la réconciliation franco-allemande en 1984.


Cimetière de Verdun, France. James Emberton

5. Pont latin, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine

Lorsque l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche fut assassiné à Sarajevo le 28 juin 1914, nul n’aurait pu imaginer l’ampleur du carnage qui s’ensuivrait. Commandité par le mouvement révolutionnaire nationaliste Jeune Bosnie, l’assassinat de l’archiduc fut l’événement déclencheur qui conduisit l’Autriche-Hongrie à déclarer la guerre à la Serbie. L’Allemagne, alliée de l’Autriche- Hongrie, ne tarda pas à entrer dans le conflit. Le lieu de l’assassinat, proche du Pont latin au coeur de la ville, est marqué d’une sobre plaque commémorative.
Sarajevo est une ville qui monte. Profitez de la visite historique pour la découvrir.


Pont Latin, Sarajevo. Marcel Oosterwijk

6. Chemin des Dames, Aisne, France

“C’est à Craonne sur le plateau, qu’on doit laisser sa peau...” Interdite en France jusqu’en 1974, la chanson de Craonne doit son nom au village situé en plein sur le chemin des Dames, plateau qui a vu périr 200 000 soldats en deux mois au printemps 1917. Aujourd’hui, même en parcourant ce sentier de 36 km à mi-chemin entre Soissons et Laon, jalonné de monuments commémoratifs, de bâtiments détruits, de vestiges des tranchées et de cimetières, on a du mal à se figurer l’ampleur du massacre.
Des parcours en bus partent du musée du Chemin des Dames (www.caverne-dudragon. com). Des randonnées sont aussi possibles : www.chemindesdames.fr.

7. Mémorial de la Porte de Menin, Ypres, Belgique

Les champs de bataille des environs d’Ypres (Belgique) ont été le théâtre de terribles combats qui ont entraîné des pertes humaines considérables. Beaucoup de soldats n’ont jamais été retrouvés. La porte de Menin, impressionnant mémorial, se dresse en l’honneur de plus de 54 000 soldats du Commonwealth dont la sépulture demeure inconnue. Chaque soir à 20h, la rue qui passe sous cet arc de triomphe est fermée à la circulation et les clairons de la brigade des sapeurs-pompiers jouent le Last Post, sonnerie aux soldats morts au combat. Les soirs d’été, une foule nombreuse vient assister en silence à cette cérémonie du souvenir.
Ypres est désormais connue sous son nom flamand d’Ieper. La porte de Menin est située près de la place du Marché.


Mémorial de la porte de Menin, Belgique. Erke

8. Mémorial de la trêve de Noël, Frelinghien, France

Les horreurs des combats de la ligne de front ont parfois été entrecoupées de moments de simple humanité, devenus légendaires. Le trêve de Noël de 1914 est à ce titre exemplaire. Alors que la guerre n’en était qu’à ses débuts, des centaines de soldats alliés et allemands qui se battaient près de la ville française de Frelinghien déposèrent leurs armes le jour de Noël pour conclure une trêve remarquable. Les archives officielles sont très sommaires, toutefois l’histoire la plus célèbre fait état d’un match de football qui se serait déroulé sur le champ de bataille. Nul n’a jamais été en mesure de la corroborer, mais il existe suffisamment de preuves de cette trêve pour qu’elle soit commémorée par une plaque posée à l’entrée du village.
Frelinghien est situé à 90 km au sud-ouest de Calais ; combinez sa visite avec celle d’Ypres, à 15 km au nord.

9. Boyau de la Mort, Dixmude, Belgique

Le front de l’Ouest comprenait un réseau de tranchées de plusieurs milliers de kilomètres, s’étendant du sud de Nieuport sur la côte belge à la frontière franco-suisse. Glacées, boueuses, les tranchées offraient aux soldats une relative mais précieuse protection, et constituaient surtout un lien vital avec les cantonnements de réserve stationnés à l’arrière de la ligne de front. Il en reste peu aujourd’hui, toutefois, un petit ensemble a été préservé dans la campagne belge, à 1,5 km de Dixmude. Connu sous le nom de “boyau de la Mort”, il ne donne qu’une très vague impression des conditions sinistres dans lesquelles ont vécu les soldats. Pour autant, il demeure un exemple unique de ce qu’a été la vie dans les tranchées.
Le boyau de la Mort est à 45 km au sud-ouest de Bruges, base excellente pour visiter d’autres champs de bataille et cimetières.


Boyau de la mort, Belgique. Archeonet Vlaanderen

10. Trou de mine de La Boisselle (lochnagar crater), Somme, France

La bataille de la Somme a été l’une des plus meurtrières de la Première Guerre mondiale. Longue de cinq mois, elle a fait plus d’un million de victimes. Pourtant, on sait peu qu’elle s’est pour partie déroulée profondément sous terre. Dans leur volonté de se montrer plus rusées que les Allemands, les troupes britanniques ont lancé l’offensive en minant le sous-sol. Elles creusèrent des galeries et y disposèrent 10 mines gigantesques mises à feu simultanément. Grâce aux 28,8 tonnes d’explosifs, l’assaut donna l’avantage aux forces alliées. L’immense cratère (90 m de diamètre et 30 m de profondeur) est toujours visible.
Le cratère est situé au sud de La Boisselle, à 155 km au nord de Paris. Suivre les panneaux indiquant “La Grande Mine”.
 

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Des idées de voyage pour 2014 dans le Best of 2014

 
Photo champs de coquelicots : Vincent Brassinne