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Comme un habitant

Berlin comme un Berlinois

Mis à jour le : 6 décembre 2016

Carte

La vie de Berlin, loin d’être figée, subit dans une grande mesure l’influence de l’immense flot de néo-Berlinois. Il est donc relativement aisé de s’y intégrer et de partager les coutumes locales. Il y a néanmoins quelques trucs de locaux à connaître, que voici.

Dîner dehors comme un berlinois...

Les Berlinois aiment à dîner dehors, une pratique que les nombreux cafés et restaurants bon marché rendent aussi facile que régulière. Cette sortie peut aussi bien prendre la forme d’un rapide Döner au restaurant de kebab du coin que d’un dîner de quatre plats dans un restaurant branché. Il n’est pas affaire que de nourriture, mais aussi de convivialité. Partager un repas avec la famille et les amis demeure un merveilleux moyen de garder le contact, de s’engager dans des discussions animées ou d’échanger les derniers potins.
Prendre le petit-déjeuner dehors est une tradition prisée de longue date, mais qui semble sur le déclin. À l’exception des hommes et femmes d’affaires, rares sont les Berlinois à déjeuner dehors. Le traditionnel rituel café-gâteau de l’après-midi n’est pas aussi courant à Berlin qu’ailleurs et se révèle plutôt l’apanage des générations plus âgées.
Le principal repas pris dehors est le dîner, et les restaurants se remplissent vers 19h30-20h. Il n’est pas rare que les repas durent deux bonnes heures, plus le temps de déguster un bon verre de vin. 

Sortir sans passer pour un touriste...

La soirée commence habituellement par un verre vers 21h ou 22h dans un pub ou un bar, même s’il est courant de se retrouver d’abord pour un “Vorglühen” (littéralement “préchauffage”), à savoir l’apéritif, chez l’un des participants. Une fois dehors, les gens prennent quelques verres au même endroit ou écument les bars avant de terminer dans une discothèque, au plus tôt vers 1h ou 2h du matin.
Il est plus courant de passer commande au serveur que d’aller chercher ses consommations au bar. On ne le fait que si un panneau “Selbstbedienung” (self-service) y invite. Dans les pubs, le nombre des consommations est généralement noté sur des sous-bocks publicitaires en carton, addition à régler en une fois, en partant. Il n’est pas dans les usages de payer la tournée à toute la table.
En discothèque, la durée du passage dépend de la fatigue et de la griserie de chacun. Les plus résistants sortent en titubant vers midi, les plus aguerris peuvent rester encore plus longtemps... N’ayez pas honte d’avoir envie de rentrer à 5h du matin. Faire la fête à Berlin demande de l’entraînement...

Faire ses achats comme un local...

Les habitants font pratiquement toutes leurs courses dans leur Kiez (quartier). S’il n’est pas rare d’avoir trois ou quatre supermarchés accessibles à pied dans sa zone d’habitation, les courses d’épicerie se font plus souvent en plusieurs fois dans la semaine qu’en un seul grand voyage. Le marché de producteurs locaux est la source préférée de produits frais et de spécialités, comme les pâtes maison, le fromage artisanal ou les pâtes à tartiner orientales. La journée commence avec des Brötchen (pains) frais achetés à la boulangerie du coin. Le vin et les articles non alimentaires, papeterie, cadeaux, fleurs, livres, quincaillerie, etc., sont également, autant que possible, achetés dans le voisinage.
Plusieurs types de commerces proposent des vêtements : grandes chaînes, boutiques haut de gamme, vintage et marchés aux puces. Quand les Berlinois s’aventurent hors de leur quartier, c’est le plus souvent à la faveur d’achats d’exception, comme des meubles, des véhicules ou des produits spécifiques introuvables sur place. Les centres commerciaux sont relativement rares à Berlin et fréquentés autant pour se distraire que pour faire ses courses.


Jamais sans mon vélo. Simon Wright, Creative Commons

Se loger à Berlin...

Le logement berlinois typique est un vaste appartement en location d’une chambre et demie, en étage, dans un grand immeuble du début du XXe siècle (personne ne veut vivre au rez-de-chaussée), souvent devant une Hinterhof (cour) remplie de vélos et de poubelles de recyclage de couleurs. Il arbore de hauts plafonds, de grandes fenêtres et, souvent, du parquet. La cuisine est presque toujours la plus petite pièce de la maison, et sert principalement à entreposer caisses de bière et eau minérale. Quelques appartements ont encore des poêles traditionnels, mais personne ne les utilise plus.
Les appartements berlinois sont souvent joliment arrangés, quel que soit le style choisi par son occupant, habituellement porté à accorder une grande attention au design sans y sacrifier son confort. Au moins un meuble vient d’une certaine chaîne suédoise. En fonction des revenus, le reste proviendra du centre de design de Stilwerk, de boutiques d’artisans polonais, d’un marché aux puces ou d’Internet – voire de plusieurs à la fois.
Le loyer est calculé en fonction de la surface. Il faut compter environ 500 € pour 50 m2 (sans les charges, en fonction du quartier). Toute conversation sur les loyers avec un Berlinois finit forcément par la question du métrage de votre appartement !

Se détendre à la berlinoise

S’ils aiment beaucoup leur ville, les Berlinois apprécient également d’en sortir, surtout l’été. S’ils ne s’envolent pas pour Majorque ou Madagascar, ils tentent au moins d’aller passer une journée ensoleillée au bord d’un lac. On en recense une dizaine dans la ville même, notamment le vaste Müggelsee de Köpenick et le Wannsee à Zehlendorf, et des centaines d’autres accessibles en train ou en voiture dans la campagne environnante de Brandebourg. Chacun a son site de prédilection, où il se plaît à retourner.
Les Berlinois ont accès à des parcs fabuleux, où ils perfectionnent leur bronzage, flânent à l’ombre, jouent au frisbee ou s’adonnent à la lecture. Certains parcs disposent de zones où il est autorisé de faire des barbecues, activité très populaire entre amis.

Visiter la ville...

Les Berlinois – surtout ceux de fraîche date – apprécient les offres culturelles de la capitale et sont souvent au fait des dernières ouvertures de musées ou de galeries, des productions théâtrales ou des projets architecturaux en cours. 
Bien qu’ils aiment à jouer les touristes dans leur propre ville, les Berlinois restent à l’écart des grandes attractions l’été, quand le monde entier descend sur la ville. Ils attendent le plus souvent les froids et sombres mois d’hiver ou les visites en nocturne quand les visiteurs sont moins nombreux. Lors de la Lange Nacht der Museen (Longue nuit des musées) biannuelle, des dizaines de musées restent ouverts jusqu’à minuit, et les amateurs y affluent par milliers.

Les passions des Berlinois

Le football

La capitale vit au rythme de l’équipe de football locale, le Hertha BSC, qui a connu des hauts et des bas ces dernières années et se voit actuellement reléguée au 2. Fussball-Bundesliga (deuxième division), au grand dam des habitants. Mais les vrais supporters ne désertent pas le navire et, en saison, ne manquent pas de s’afficher en bleu et blanc sur le chemin du stade olympique tandis qu’ils se rendent aux matchs.
L’autre grande équipe de Berlin, 1. FC Union, également en deuxième division, est particulièrement populaire dans les quartiers est de la ville.

La météo

De nombreux Berlinois sont férus de météorologie et ne laissent jamais passer une occasion de parler de la pluie ou du beau temps, de l’été trop chaud, de l’hiver trop froid et de ce que demain nous réserve... Donc si vous ne savez pas quoi dire à un Berlinois, relancez la conversation en parlant météo. Parmi les autres sujets en faveur, on compte les loyers qui augmentent, l’ineptie du gouvernement local ou le retard de l’ouverture de l’aéroport Berlin-Brandebourg. 
 
Photo : www.visitberlin.de


Vizeat