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Idées de voyage

Quoi faire à Berlin ? 15 idées amusantes

Texte par

Amanda Canning

Mis à jour le : 9 février 2017

Carte

Vingt-six ans après la chute du mur, les Berlinois excellent à inventer de nouveaux loisirs ludiques. Si c’est possible, ça se passe sûrement à Berlin

1. Partez en safari au coeur de Berlin

L’image qui rappelle le plus la chute du mur de Berlin, est peut-être le convoi de Trabant se dirigeant vers l’Ouest au bruit des klaxons, dans des flots de vin mousseux et une ambiance tour à tour euphorique et incrédule. Aujourd’hui, un convoi d’un genre différent chemine dans les rues, en quête non pas de liberté, mais de distraction pour quelques heures. Nico Aimar a été guide pendant quatre ans, de ces safaris de Trabant, familiarisant les touristes avec les vitesses des voitures avant qu’ils se lancent dans la circulation. Les véhicules passent près des sites qui ont joué un rôle dans l’histoire unique et complexe de Berlin, des murs datant du XIIIe siècle à l’imposante construction soviétique de Karl-Marx Allee. De sa voiture, Nico débite à l’aide d’un haut-parleur, ses commentaires animés sur la ville qu’il habite depuis plus de vingt ans. Il avoue : « On peut vivre ici pour toujours, tant de choses sont arrivées, tant de changements, qu’on a jamais tout vu. Où dans le monde, peut-on dire ça ? »
Safaris en Trabant à partir de 35 €/P ; trabi-safari.de

2. Rapportez un brin de nostalgie berlinois

Une vieille armoire en teck se promène dans la rue. Un examen plus attentif révèle deux jambes, puis un homme qui peine à la porter. Il revient de Trödelmarkt, un marché à la brocante qui a lieu le dimanche sur une place bordée d’arbres. D’autres merveilles attendent acquéreurs, comme les coquetiers jadis affectionnés par les ménagères de RDA, des globes des années 50 quand l’Union Soviétique s’y étalait, ou des lettres géantes d’enseignes datant de la séparation Est-Ouest. Les promeneurs passent devant une salle à manger G Plan, dont la table est dressée comme dans l’attente de convives, tandis qu’ils se rendent à leur propre rendez-vous : currywurst et champagne, au camion du marché.
10h-16h dimanche ; troedelmarkt-arkonaplatz.de

3. Jouez au bowling en souterrain à berlin 

Tante Lisbeth est un pub qui cultive le style préféré à Kreuzberg, que l’on pourrait décrire comme « granny-grunge » : fauteuils fatigués contre les murs fleuris et tables éclairées par des lampes anciennes. En soirée, des groupes de jeunes Berlinois viennent pour la bière, les cocktails, l’atmosphère accueillante et la fumée des cigarettes qui flotte sur les cendriers débordants. Mais le lieu réserve une surprise. Un morceau de papier collé au mur avec la mention « Kegelbahn », indique comme direction le contrebas d’un escalier étroit. Là, après une salle basse comme un bunker, on découvre dans un éclairage orangé, un bowling qui semble sorti tout droit des années 70. Les joueurs louent ses deux pistes à l’heure, lançant leurs boules vers les quilles éloignées et crient victoire quand ils y parviennent. Le score clignote sur l’affichage numérique puis vient une attente inquiète, dans le doute que le mécanisme archaïque renvoie la balle. Tante Lisbeth est notoirement capricieuse, mais personne ne lui en veut.
Bowling 15 €/heure ; pyonen.de/tantelisbeth

4. Dansez au bord de l’eau

Quand les jours se font plus chauds, le long de la Spree, les Berlinois investissent les transats, mangent des glaces et regardent passer les bateaux-mouches, dont les passagers saluent gaiement les riverains. Mais la promenade peut vous mener bien au-delà de l’Europe du Nord : aux abords du musée baroque de Bode, Berlin se mue en Buenos Aires car y résonne le tango argentin. Au Strandbar Mitte, sur une plage urbaine parsemée de palmiers en pot, les couples glissent et tournent sur le plancher. Beaucoup ont pris des leçons au Clärchens Ballhaus, une ancienne salle de danse où l’on apprend le tango une fois par semaine. Comme là-bas, il y a au Strandbar Mitte autant de spectateurs que de participants. Ils entourent la piste de danse, bière à la main, marquant le rythme de la tête. Lorsque la musique s’arrête, des applaudissements traversent l’air et les danseurs se dégagent en riant. De nouveaux partenaires les remplacent rapidement, et cela dure longtemps après la tombée de la nuit sur la rive et le retour des promeneurs chez eux.
Tango tous les jours à partir de 10 h ; strandbar-mitte.de

5. Enchantez-vous au cabaret

Cela pourrait être n’importe quel samedi soir dans un restaurant de la ville, des amis se pressant autour des tables éclairées aux chandelles et commandant du vin et des pâtes. Puis la lumière baisse et les convives se taisent. Tous les yeux se tournent vers la scène et la soirée se passe dans un tourbillon de numéros de cirque. Les artistes réalisent des exploits avec des cerceaux, se plient dans des formes improbables et sautent sur quelqu’un d’autre pour jouer de la guitare ou de la trompette. Comme Freyja, une femme aux cheveux roux en culotte léopard, qui se balance sur un trapèze, si près que l’on peut entendre sa respiration. Les serveurs eux-mêmes font quelques acrobaties, zigzaguant dans le noir avec des plateaux de martini et de champagne en équilibre. Selon Hendrik Frobel, directeur du théâtre Chamäleon, cette scène a peu changé depuis l’époque échevelée des Années folles à Berlin. « Nulle part au monde, on ne trouvait autant de lieux dédiés au cabaret », explique-t-il. « Berlin était un melting-pot de différentes formes d’art. » À en juger par les applaudissements prolongés et enthousiastes, cette ambiance capture encore un peu de l’esprit de la ville du XXIe siècle. Près de 100 ans après son apogée, le théâtre Chamäleon montre que tout reste possible à Berlin.
Billets à partir de 39 € ; chamaeleonberlin.com

6. Retrouvez les traces d'un fantastique espionnage

Shalmon Abraham se tient à l’intérieur du dôme dont les rideaux déchirés claquent au vent. Soudain, il crie. Le son rebondit d’écho en écho. Il rit et ressort. A Teufelsberg, une colline artificielle, construite avec les décombres de la Seconde Guerre mondiale, les vestiges de plusieurs dômes géodésiques forment l’un des plus importants sites historiques de Berlin, mais peu de gens le savent. À son apogée durant la guerre froide, 1 500 personnes y travaillaient. Leur tâche ? Écouter l’Est soviétique. Durant plus de 40 ans, Teufelsberg fut le plus grand centre d’espionnage européen. « Mais rares étaient ceux alors, qui connaissaient la fonction réelle de Teufelsberg », dit Shalmon. « Les gens pensaient que c’était une station météo et venaient skier sur la colline. » Le site reçoit désormais des artistes du monde entier, qui viennent ajouter leurs oeuvres sur les murs, et des musiciens qui jouent de la trompette, du saxo ou du violon à l’intérieur des dômes. Des bénévoles guident les groupes de visiteurs occasionnels et leur racontent des histoires d’espions devenues irréelles. Beaucoup a été révélé depuis la fin de la guerre froide, mais dans une pièce, se trouve une déchiqueteuse tellement grande qu’on pourrait mettre une personne à l’intérieur. Elle confirme que Teufelsberg ne livrera jamais tous ses secrets.
Visite historique 15 € (réserver) ; berliner-teufelsberg.com

7. Allez dîner aux toilettes

Jusqu’à 30 personnes font la queue. Mais ici, sur cet îlot placé entre des voies de circulation rapide, au son des wagons de métro qui passent sur un pont métallique juste au-dessus, les gens sont patients. Ils sont prêts à attendre une heure ou plus pour atteindre le comptoir des anciennes toilettes publiques, sachant que les meilleurs burgers de Berlin en sortiront. Une fois leur sandwich en main, ruisselant de jus de viande et de fromage fondu, ils vont s’asseoir sur des sièges fabriqués avec des caisses de bière et le dévorent avec du Fritz-Kola, de l’Augustinerbräu Lagerbier et des frites trempées au ketchup. En cinq minutes chrono, les hamburgers sont avalés et les clients du Burgermeister, heureux et rassasiés, partent pour de nouvelles aventures berlinoises.
Hamburger à partir de 3,90 € ; burgermeister.berlin

8. Rejoignez la révolution de la bière artisanale

Wilko Bereit tourne le robinet d’un alambic en acier dans sa brasserie de Rollberger et verse une mesure de liquide rouge. « Depuis des décennies, l’industrie a enseigné aux gens que la bière avait un certain goût », dit-il en buvant une gorgée de Rot Bier. « Maintenant, nous devons leur apprendre qu’elle peut avoir des saveurs différentes ». Wilko fait partie d’un groupe local de brasseurs, de plus en plus nombreux, qui défend les bières artisanales. De son siège à Neukölln, dans un bâtiment qui abritait autrefois la grande brasserie Kindl, il produit de la bière pour 70 pubs berlinois. Les passionnés viennent en acheter directement, y compris, révèle-t-il, le président allemand Joachim Gauck.
« Quand l’Allemagne gagne au football, on vend tout ce qu’on a », dit-il en riant. De temps à autre, Wilko Bereit visite ses confrères de Hops and Barley, une brasserie artisanale dont les alambics en cuivre s’affichent fièrement dans un bar carrelé de bleu et blanc. Les tables ne sont jamais inoccupées et les buveurs s’installent jusque dans la rue, avec leurs pintes de Pilsner ou d’IPA, preuve que la révolution est en marche.
rollberger.de ; hopsandbarley-berlin.de

9. Habillez-vous pour la république de Weimar

La porte de Glencheck, une boutique située, dans la banlieue ouest de la ville, abrite les souvenirs d’un temps révolu, celui des cocktails et du cabaret, des voyous et des garçonnes. Constanze Pelzer y conserve en effet, un incroyable assortiment de vêtements et d’accessoires des années 1920 à 1950, sorte de panoplie géante pour adultes. On y trouve des blazers et des brogues, des bas en rayonne et des dessous en soie, des chapeaux cloches et des colliers. Des boîtes de boutons et des tissus s’entassent sur les étagères, tandis que les bijoux débordent des vitrines. Au milieu de tout cela, Constanze règne, en robe de thé tournoyante et rouge à lèvre bien rouge. « Cela fait longtemps que j’ai ma boutique, 20 ans, alors on vient me voir pour des conseils. », dit-elle, « J’ai des clients dans le cinéma, le théâtre et la mode. C’est très vivant ici ! » Sa réputation s’est étendue, entre autres, grâce aux costumiers des films Walkyrie et Monuments Men, devenus adeptes de sa petite boutique. Sa plus grande joie, cependant, est de partager ses découvertes avec les nouveaux convertis à la période, en les aidant à retrouver un peu de la décadence d’un âge d’or.
Vendredi & samedi seulement ; robe vintage à partir de 100 €; glencheck-berlin.de

10. Montez à bord pour déguster

Parmi les conteneurs qui s’entassent le long de la Spree, le festival Bite Club apparaît soudain dans toute son allégresse. Des tables sur tréteaux, recouvertes de nappes vichy, hésitent à chanceler tandis que les clients boivent joyeusement des bières devant le coucher de soleil. Dans les stands, les chefs concoctent des hamburgers, des tacos, des glaces au whisky et… des blagues. Munis d’assiettes en carton, des groupes d’adolescents, des couples avec jeunes enfants et des retraités se croisent sur la passerelle vers le MS Hoppetosse, un ancien bateau de plaisance construit en 1928, reconverti en club : la meilleure table de la ville, avec vue sur le centre et la tour de la télévision, perçant le ciel orangé.
À Kreuzberg les vendredis et Mitte les samedis ; biteclub.de

11. Voguez sur les anciens canaux de Berlin en kayak

« OK, allons-y ! » Cristian Borgisch utilise une pagaie pour repousser le quai. Derrière lui, ses clients kayakistes se bousculent pour le rattraper, comme des canetons suivant leur mère. Cristian et ses enthousiastes comparses de Kayak Berlin, emmènent des pratiquants, majoritairement débutants, le long des anciens canaux de la capitale, voies navigables autrefois indispensables aux manufactures berlinoises, mais tombées en désuétude depuis l’avènement du chemin de fer et du transport routier. Les canaux sont maintenant habités par les cygnes et les promeneurs, tandis que les familles pique-niquent sur les quais ombragés de saules, non loin des boulistes. Naviguant à un rythme modéré, Cristian baisse souvent sa pagaie pour indiquer les sites historiques (une synagogue détruite dans la Nuit des Longs Couteaux en 1934 ; une jonction qui marquait la frontière entre l’Est et l’Ouest ; le marché de producteurs très actif pendant 160 ans…). Il pourrait faire dix visites par jour sans se lasser de ces périples lents et nonchalants. « On pagaie à travers l’histoire de plusieurs siècles », dit-il tandis que l’eau rosit au soleil couchant. « C’est comme une petite aventure chaque fois que je sors. »
Sorties en kayak à partir de 20 € ; kayakberlintours.de

12. Testez le concept de Landküche

Difficile de savoir ce qu’il faut regarder en premier. Les lustres délicats en verre de Murano au plafond, ou le missile géant sur le mur, ou encore le renard empaillé, un chapeau posé en biais sur la tête. La salle principale de Pauly Saal, installée dans le gymnase d’une ancienne école juive, semble plus une galerie d’art qu’un restaurant. Jusqu’à l’arrivée des plats, qui captent alors l’attention. Ouvert en 2012, Pauly Saal renouvelle le vieux concept de Landküche, des produits locaux de saison préparés avec simplicité. Michael Höpfl, le plus jeune chef allemand doté d’une étoile au Michelin, est l’artiste de ce renouveau, ajoutant son propre style à des plats traditionnels pour créer des petits chefs-d’oeuvre comme la tête de sanglier à la crème de moutarde ou le saumon à la mandarine (photo). Dans la cuisine, visible depuis la salle à manger, il concocte de mystérieuses sauces dans des marmites en cuivre. Sortant pour une pause, il explique sa philosophie. « Je trouve partout l’inspiration pour ma cuisine. Je peux aller me promener dans les bois et revenir en ayant imaginé un nouveau plat. » Comme un véritable artiste, semble-t-il, pour qui une idée peut venir de n’importe où.
Menu 3 plats déjeuner/dîner 60 €/80 € ; paulysaal.com


13. Faites un tour dans un parc sauvage

La meilleure manière de se rendre compte de l’impressionnante dimension du parc de Berlin, est encore de gravir les 285 marches qui mènent au sommet de la Siegessäule, monumentale colonne de la victoire, édifiée en 1864. De cet exceptionnel point d’observation, on découvre, dans toute leur ampleur, les 210 hectares du Tiergarten, un royaume plutôt qu’un parc urbain. Et pour en profiter pleinement, mieux vaut un vélo. Le long des sentiers, les cyclistes font retentir leurs sonnettes, se croisant sur les ponts et autour des lacs. Ils entassent leurs bicyclettes près d’un pub, les déposent sur l’herbe pour une rapide partie de ping-pong ou accélèrent anxieusement parmi les nudistes au soleil. Au Tiergarten, l’aventure se cache vraiment à chaque coin de bosquet…
Location de vélo à partir de 15 €/jour, berlinfahrradverleih.com. Entrée à la Siegessäule 3 € ; voir visitberlin.de

14. Montez sur le toit, rooftop à berlin 

Aux beaux jours, tout comme le moindre lopin de terre près de la Spree se transforme en plage, le moindre toit plat se transforme en bar. À Neukölln, les habitants du quartier prennent l’ascenseur jusqu’au parking, au 6e étage d’un centre commercial, montent un étage de plus et parviennent au Klunkerkranich. Cet immense espace, à ciel ouvert, prend l’apparence d’un jardin, avec ses gradins construits à partir de palettes, ses légumes et tournesols plantés dans des jardinières le long des murs, et son bar en bois. Les gens affluent en fin de journée, s’asseyent vers l’ouest et fument des narguilés en attendant le coucher du soleil, au son de la bossa-nova. Ailleurs, sur Prenzlauer Berg, le Deck 5 (photo) ne se réveille qu’après la tombée de la nuit. Ceux qui ont fait la sieste sur la plage du bar se réveillent quand un groupe arrive pour tester la sono. Ils commandent d’autres boissons, prêts à passer le reste de la nuit à danser. Partout à Berlin, la scène se répète : la ville aime le bon temps et fait de sorte qu’il dure jusqu’à l’aurore.
freiluftrebellen.de ; klunkerkranich.de

15. Grimpez sur une drôle de montagne

Une lueur sauvage dans le regard, l’homme quitte la sécurité de sa plate-forme en bois et s’aventure sur une poutre étroite et branlante vers sa destination, une Coccinelle VW suspendue à 15 mètres de haut. Mount Mitte est un enchevêtrement absurde de cordes, planches, balançoires et barils, une sorte de Super Mario pour de vrai. Enfants et adultes, équipés de harnais de sécurité, sont lancés sur ses trois niveaux, à cheval sur des seaux, vacillant sur des cordes raides, filant sur une planche de surf ou à bicyclette sur une piste étroite… et tout cela, suspendus au-dessus du sol. On se demande parfois si les éclats de voix qui remplissent l’air sont des rires ou des cris de terreur. Seule certitude, cette aire de jeux a été conçue par quelqu’un de complètement fou.
Entrée 20 €; mountmitte.de
 
Article publié dans le magazine Lonely Planet août-septembre 2015.

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