Éthiopie : Sécurité

Désagréments et dangers en Éthiopie

Comparé à beaucoup de nations africaines, l’Éthiopie est un pays remarquablement sûr. Les crimes graves ou violents sont rares, a fortiori à l’encontre des touristes. En dehors de la capitale, le risque d’être victime d’un petit délit diminue encore plus.
Le conseil le plus simple à suivre est de toujours avoir l’air de savoir où vous allez. Si vous paraissez hésitant ou incertain, les voleurs et les escrocs vous repèreront en quelques secondes.
La liste ci-dessous peut sembler démoralisante et inquiétante mais il est très peu probable que vous rencontriez des difficultés sérieuses – surtout si vous y êtes préparé.

Troubles civils

Si le pays est généralement calme, des troubles éclatent avec une fréquence inquiétante dans certaines régions : l’Ogaden et certaines zones du sud du pays (à l’heure où nous écrivions ces lignes, il y avait des problèmes à Moyale et dans le pays surma), ainsi que le Danakil. Il s’agit en général d’un mélange de guérilla rebelle et de violences ethniques. Tenez-vous au courant des derniers développements.
Si vous êtes inquiet, vérifiez les conseils aux voyageurs émis par le ministère des Affaires étrangères de votre pays. Sans sombrer dans la paranoïa, abstenez-vous de vous aventurer dans les régions déconseillées aux visiteurs.

Harcèlement

Le harcèlement envers les faranji, qui consiste pour les enfants à assaillir les touristes en leur criant "you, you, you, you, YOU !"  se fait heureusement de plus en plus rare, du moins dans les régions touristiques. Hors des sentiers battus, ces sollicitations bruyantes continueront d’accompagner vos déplacements.
Si cela vous agace, tâchez de ne pas y prêter attention ou mieux encore, d’y répondre avec humour. La colère ne fera qu’exciter encore plus les enfants (quoi de plus amusant qu’un faranji ronchon ?). Vous pouvez essayer de les disperser en les tançant d’un "hid !" ("va-t’en" en amharique) pour un garçon, "hiji !" pour une fille ou "hidu !" pour un groupe, mais cette réaction pourrait avoir l’effet inverse et elle paraît de plus assez brutale de la part d’un étranger.
Sur une note moins sympathique, plusieurs voyageurs nous ont signalé avoir essuyé des jets de pierres de la part d’enfants dans plusieurs parties du pays.

Escroqueries

Comparé à d’autres pays d’Afrique, les escroqueries et les vols sont peu répandus. Les petites escroqueries ordinaires, comme celles du cahier (où des enfants vous supplient de leur acheter des cahiers et des stylos pour l’école puis filent droit au magasin pour les rendre et se faire rembourser) sont assez transparentes et faciles à éviter.
On viendra aussi souvent vous apitoyer avec des récits larmoyants ou vous demander de vous porter caution pour un voyage ou des études à l’étranger. Si la plupart de ces histoires sont fausses, certaines sont hélas authentiques : restez poli.
Faites attention aux fausses antiquités dans les magasins.

Guides improvisés

Le taux de chômage élevé a provoqué l’apparition de nombreux guides improvisés qui vous proposeront leurs services, vous accompagneront, vous donneront des informations que vous ne leur avez pas demandées puis vous réclameront de l’argent. Méfiez-vous si on vient engager spontanément la conversation avec vous, surtout à la sortie des gares routières. Soyez poli mais ferme, sans pour autant céder à la paranoïa !

Shiftas (bandits)

Dans certaines régions isolées, comme l’Ogaden (sud-est du pays), les alentours de la frontière kényane, la route entre Awash et Mille la nuit, l’extrême ouest du pays et, plus couramment, le Danakil, on signale parfois la présence de shiftas (bandits). Les touristes sont très rarement visés mais cela arrive : début 2012, cinq touristes étrangers ont été tués et quatre personnes kidnappées non loin du volcan Erta Ale dans la dépression du Danakil. Les autorités éthiopiennes ont accusé l’Érythrée d’être responsable de ces attaques mais personne n’a jamais été traduit en justice.
Tenez-vous informé des zones à éviter en consultant les avertissements émis par le ministère des Affaires étrangères de votre pays. Les tour-opérateurs sont aussi une bonne source d’informations ; méfiez-vous cependant car, pour s’assurer votre clientèle, certains n’hésiteront pas à vous affirmer qu’une région est sûre même si ce n’est pas le cas.

Vols

Les pickpockets seront votre principal problème mais essentiellement à Addis-Abeba et dans d’autres grandes villes, notamment Shashemene, Adama (Nazreth) et Dessié.
Surveillez vos affaires aux arrêts de bus et méfiez-vous si quelqu’un vous propose de porter vos bagages sur le toit du véhicule. Sachez également que des voleurs professionnels sévissent lors des grandes fêtes et sur les marchés, en prenant pour cible aussi bien les Éthiopiens que les étrangers.

Voyager seule (femme seule en Éthiopie)

Dans certains monastères et lieux saints d’Éthiopie, l’accès est interdit aux femmes. Les prêtres prennent cette règle très au sérieux en refusant l’entrée à toutes les créatures de sexe féminin : non seulement les femmes mais les ânesses, les poules et les chèvres. Comparé à beaucoup de pays africains, l’Éthiopie est une destination assez sûre pour les femmes seules. Le risque d’être victime d’un viol ou d’une autre infraction grave est sans doute moins élevé que dans bien des pays occidentaux. Le meilleur conseil est de faire attention à votre tenue vestimentaire et à votre conduite et de tenir compte de certaines règles tacites.
Boire de l’alcool, fumer, porter un maquillage voyant et des vêtements peu couvrants peuvent donner l’impression aux hommes que vous êtes “disponible” car c’est ainsi que se conduisent les prostituées locales. Hormis dans les couches sociales les plus aisées d’Addis-Abeba, aucune femme “honnête” ne se montrerait dans un bar.
Beaucoup d’hôtels bon marché en Éthiopie tiennent également lieu de maisons closes. Les hommes peuvent donc naturellement se demander pourquoi vous y séjournez, surtout si vous êtes seule. Inutile de vous faire du souci mais restez discrète et comportez-vous de manière réservée – tenez-vous à l’écart du bar de l’hôtel, par exemple et tâchez de vous joindre à d’autres touristes quand vous voulez sortir.
Accepter de se rendre chez un homme célibataire, quelle que soit la raison, est considéré comme un consentement tacite à des relations plus poussées. Une invitation à dîner au restaurant n’est souvent que le prélude à une escapade dans un hôtel borgne. Même une invitation apparemment innocente au cinéma peut vous réserver des surprises désagréables.
Sachez que les femmes éthiopiennes “respectables” sont censées faire preuve de timidité et de pruderie même quand elles sont consentantes. Traditionnellement, faire mine de résister farouchement à son époux s’inscrivait dans le rituel de la nuit de noces pour chaque jeune mariée amhara. De ce fait, certains hommes pourraient prendre vos refus pour des encouragements. Il existe même un mot en amharique pour exprimer cette réticence feinte : maqderder (terme qui s’applique aussi d’autres choses, comme la nourriture). Soyez très claire dès le départ sur vos intentions.
S’il n’y a pas d’autres touristes aux alentours, voici une petite astuce : liez-vous avec un Éthiopien, plaignez-vous des problèmes que vous rencontrez avec ses compatriotes et faites appel à sa fierté, son patriotisme et sa galanterie. Généralement, tous les projets qu’il aurait lui-même pu concevoir à votre égard se mueront en compassion ou en honte et il se chargera personnellement de vous protéger !
L’adultère est courant parmi la population urbaine, aussi bien de la part des hommes que des femmes. La présence d’une alliance à votre doigt (vraie ou fausse) n’aura donc aucun pouvoir de dissuasion.
L’un des avantages de la relative permissivité de la société éthiopienne est que les Occidentales (en particulier les Blanches) ne sont pas forcément considérées comme plus faciles que les Éthiopiennes, une idée courante dans bon nombre de pays en développement en raison de l’image glamour véhiculée par le cinéma hollywoodien.

Mis à jour le : 19 septembre 2014

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