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Sud du Kazakhstan

C’est aujourd’hui la partie la plus kazakhe du Kazakhstan : les Kazakhs y représentent en effet la grande majorité de la population depuis leur installation en grand nombre lors de la collectivisation soviétique. Il s’agit aussi de la seule zone du pays située dans la sphère de la route de la Soie et des civilisations sédentaires de Transoxiane, au Moyen Âge. Parmi ses divers atouts se distinguent la magnifique zone montagneuse de la réserve naturelle d’Aksou-Jabagly et le mausolée de Yasawi à Turkestan, le sanctuaire musulman le plus sacré du Kazakhstan et une merveille d’architecture timouride. Chymkent est la principale ville de la région.

Taraz

Située sur la route de Tachkent et de Chymkent à Bichkek et Almaty, Taraz est l’une des plus anciennes villes du Kazakhstan. Étape prospère de la route de la Soie, elle fut, aux XIe et XIIe siècles, capitale de l’État turc karakhanide. Rasée par Gengis Khan, elle ne réapparut sur les cartes qu’au XIXe siècle en devenant une place forte à la frontière nord du khanat de Kokand. Aujourd’hui c’est une ville à l’allure soviétique et aux boulevards arborés, qui vit une renaissance commerciale depuis les sombres années 1990. Ironie du sort, la recherche du passé glorieux de Taraz a tué son meilleur atout moderne, le Marché vert, qui jouissait d’une vraie ambiance “route de la Soie” mais a été fermé pour que les archéologues puissent fouiller le cœur médiéval de Taraz.
À l’époque soviétique Taraz s’appelait Djamboul, du nom du célèbre barde kazakh Djamboul Djabaev. En son centre, Dostyk alangy est une large place destinée aux cérémonies, entourée d’édifices gouvernementaux rose pâle.
Musée régional. Ce musée, l’un des meilleurs du pays, tire sa fierté de l’édifice à coupole situé à l’arrière, qui abrite une impressionnante collection de balbal. À l’arrière également, donnant sur la cour, une salle est dédiée au Taraz médiéval, présentant principalement des peintures et des poteries. Le bâtiment principal compte un éventail respectable d’animaux empaillés, de peintures de batailles, de bijoux kazakhs et une yourte luxueusement décorée dans un style vieux d’une centaine d’années.
Marché Shakhristan. Pour un petit goût de l’ambiance de bazar qui fit la gloire de Taraz, promenez-vous dans le marché Shakhristan, en face du Marché vert aujourd’hui condamné. Chaussures et vêtements chinois à bas prix prédominent, mais vers l’extrémité est, il reste une petite section alimentaire, et deux cafés bon marché.

Chymkent

Chymkent est la ville la plus vivante du sud du Kazakhstan, avec son immense bazar et son centre très animé. En outre, ses rues verdoyantes sont empreintes, comme nulle part ailleurs dans le pays, d’une atmo-sphère caractéristique de l’Asie centrale. Les Mongols rasèrent ici une étape mineure de la route de la Soie, le khanat de Kokand y érigea au XIXe siècle une forteresse frontalière, dont la Russie s’empara en 1864, et la cité fut entièrement reconstruite sous la période soviétique. À un peu plus de 100 km de Tachkent, la capitale ouzbèke, Chymkent est un centre commerçant prospère qui produit aussi du ciment, des cigarettes et des phosphates, raffine du pétrole et brasse deux des meilleures bières du Kazakhstan, la Shymkentskoe Pivo et l’artisanale Sigma, de style bavarois. Sa population est environ à 65% kazakhe et à 14% ouzbèke. Les moustiques peuvent être agaçants de juin à août.
Bazar central ou supérieur. Bien que réduit suite à la création de parcs et au déplacement de nombreux commerces en lisière de la ville, il reste animé et rappelle la longue tradition commerçante de Chymkent.
Musée régional. Ce grand musée propose des expositions d’un certain intérêt en kazakh et/ou russe sur le passé caravanier de Chymkent, sur l’ancienne Otrar, et, à l’étage, sur les périodes russe, soviétique et post-Indépendance. On peut voir des photos de la célèbre gymnaste de Chymkent, Nellie Kim, qui remporta 5 médailles d’or olympiques en 1976 et 1980.
Musée des Victimes de la répression politique. Des photographies et documents illustrant l’oppression soviétique et ses victimes les plus célèbres entourent une sculpture centrale représentant la lutte pour la liberté réprimée par le drapeau de l’URSS. L’Alleya Slavy (allée de la Gloire), dans le parc en face, est bordée de plaques portant les noms des plus de 140 000 personnes du sud du Kazakhstan qui perdirent la vie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Bazar Samal. Plus grand des nouveaux marchés à la périphérie de la ville, l’intéressant bazar Samal, jouxtant la gare routière éponyme, se distingue par son choix de tapis et de textiles bigarrés. De la nourriture et d’innombrables vêtements complètent l’offre.
Tauelsizdik sayabagy. Le Tauelsizdik sayabagy, accessible par une passerelle depuis le haut monument de l’Indépendance (Ordabasy alangy), fut inauguré en 2011 pour le 20e anniversaire de l’indépendance du Kazakhstan. Il s’étend autour de Ramizder alangy (la place des Symboles), qui expose des symboles nationaux et ethniques conçus pour inspirer un sentiment d’unité de la nation kazakhe, et qui est dominée par le grand Altyn Shanyrak (Shanyrak doré), un monument représentant l’ouverture centrale d’une yourte.
 

Environs de Chymkent

Saïram (36 000 habitants). À 14 km environ à l’est de Chymkent, la petite ville de Saïram était une étape de la route de la Soie bien avant que Chymkent n’existe, puisqu’elle pourrait être vieille de 3 000 ans. C’est ici que naquit Khodja Ahmad Yasawi et, depuis, Saïram est devenue une étape pour de nombreux pèlerins se rendant à son mausolée à Turkestan. Aujourd’hui, la population de Saïram est presque entièrement ouzbèke. La plupart des principaux monuments sont visibles lors d’une promenade de 1 heure 30 environ, en partant des feux tricolores centraux de Saïram.
Réserve naturelle d’Aksou-Jabagly. Ces 1 319 km2 de vallées, de rivières, de sommets enneigés et de glaciers touchant les frontières kirghize et ouzbèke forment la plus ancienne réserve naturelle du Kazakh-stan (1926), et l’une des plus agréables à visiter et des plus faciles d’accès. Située à l’extrémité occidentale du Talassky Alataou (la partie la plus au nord-ouest des Tian Shan), elle s’étire du bord de la steppe, à 1 200m environ, jusqu’au pic Saïram (4 239 m). Le principal point d’entrée est le village de Jabagly, à 70 km à l’est de Chymkent à vol d’oiseau. La diversité de cette région où la montagne rencontre la steppe enchante les botanistes, les ornithologues et tous les amoureux de la nature.
Parc national de Saïram-Ugam. Ce parc montagneux bordant la frontière ouzbèke, au sud-ouest de la réserve d’Aksou-Jabagly, est moins connu que son voisin mais offre le même genre d’attraits tout en étant moins cher à visiter. Un programme de tourisme communautaire permet de disposer de chambres chez l’habitant dans les villages de Kaskasu, Dikankol et Tonkeris, dans un cadre magnifique où les prairies bordent des contreforts boisés, ainsi que dans la principale ville d’accès, Lenger.

Otrar

À environ 150 km au nord-ouest de Chymkent sont disséminées les ruines de la ville qui ouvrit à Gengis Khan les portes de l’Asie centrale. Sans doute l’Eurasie aurait-elle été épargnée par les Mongols si le gouverneur kharezmien d’Otrar n’avait pas assassiné les marchands émissaires du Grand Khan en 1218. En représailles, l’année suivante les forces de Gengis Khan détruisirent Otrar, qui avait été l’une des étapes les plus importantes de la route de la Soie dans la fertile vallée du Syr-Daria. Elle fut reconstruite, mais abandonnée vers 1700 après avoir été à nouveau ravagée par les Dzoungares. Ce n’est plus aujourd’hui qu’une grande butte poussiéreuse appelée Otyrar-Tobe, à 11 km au nord de la petite ville de Shauildir, mais les archéologues ont mis au jour un bastion désormais partiellement reconstitué et un bout de rempart, les fondements des piliers de la principale mosquée, les murs bas du palais de Berdibek du XIVe siècle (où Tamerlan, autre Mongol célèbre, mourut en 1405, en partant à la conquête de la Chine), quelques aires résidentielles et des bains. À son apogée, Otrar était 10 fois plus étendue que la butte elle-même.

 

Mis à jour le : 15 février 2015