Ouzbékistan : Comment circuler

Transports locaux en Ouzbékistan

Mode de transport le moins avantageux et le moins sûr, l'avion est pourtant la seule option raisonnable pour certaines destinations et à certaines saisons. Les trains, lents et bondés, s'avèrent peu pratiques en dehors du Kazakhstan. Plus fréquents, les bus sont commodes pour aller d'une ville à l'autre à faible coût, mais ils affichent parfois complet et ont tendance à tomber en panne. En maints endroits, la voiture représente la meilleure solution, des taxis collectifs et des véhicules privés vous transportant pour un prix à peine supérieur à celui du bus.
Les voyageurs désireux de parcourir la région doivent affronter un autre casse-tête : la plupart des bus en service régulier ont été supprimés entre les républiques. Aussi doivent-ils en général prendre un taxi collectif ou un minibus de chaque côté de la frontière. Les passages en Ouzbékistan, notamment depuis le Tadjikistan, sont étroitement contrôlés.

Voie aérienne

L'avion permet de gagner du temps et d'éviter l'ennui suscité par les trajets longues distances en Asie centrale. C'est aussi la façon la plus pertinente de rallier certaines destinations, notamment l'hiver. Cependant, les vols intérieurs des compagnies aériennes locales restent loin des critères de sécurité internationaux. L'avion présente un excellent rapport qualité/prix au Turkménistan, où un vol intérieur coûte entre 10 et 15 $US !
Les billets d'avion de règlent généralement en monnaie locale (les bureaux de change ne sont jamais loin), mais l'on peut payer en dollars US au Kirghizstan. Certaines agences de voyages ou compagnies aériennes prennent les cartes de crédit.
En dehors des compagnies nationales, il existe plusieurs compagnies intérieures assez correctes, dont les kirghizes Itek Air et Altyn Air (www.altynair.kg/en) et la kazakhe Scat. Sur les liaisons intérieures et entre les républiques, le service se résume au minimum ; avec un peu de chance, on vous servira à boire. Pour les vols longs, prévoyez de quoi manger.
À l'heure où nous rédigeons, aucun transporteur ne couvre la ligne Douchanbé-Tachkent. Les principales liaisons intérieures bénéficient d'une fréquence quotidienne.
Les vols entre grandes villes respectent habituellement les horaires. En revanche, ceux qui desservent des localités de moindre importance sont souvent retardés sans explication et des annulations se produisent fréquemment, en général à cause de la pénurie de carburant. Les horaires imprimés se révèlent peu fiables, des lignes et des vols étant sans cesse supprimés ou rétablis. Pour une information sûre, adressez-vous à une agence de réservation aérienne. Dans tous les cas, confirmez votre vol 24 heures à l'avance.
Les billets des compagnies d'Asie centrale peuvent s'acheter en agences de voyages privées (aviakassa). On vous demandera souvent votre passeport et votre visa. Nombre de bureaux de réservation ont un guichet dédié aux étrangers et/ou aux vols internationaux. Il est rarement possible de réserver un aller-retour.
Le schéma des connexions aériennes (page suivante) indique le prix approximatif (ils peuvent changer) d'un aller simple en dollars sur les principales lignes régionales.
L'embarquement relève de la mêlée générale (les passagers n'ont souvent pas de place assignée), surtout en cas de surréservation. Gardez vos bagages en cabine.
Les liaisons en hélicoptère permettant de rejoindre les Tian Shan et le Pamir jouissaient auparavant d'une certaine faveur, mais la hausse du prix du carburant a rendu leur coût prohibitif (environ 1 300 $US/h). La maintenance des appareils laisse à désirer. Aussi, n'envisagez ce mode de transport qu'en été, lorsque les conditions météorologiques sont optimales.

Bus

Il s'agit habituellement du meilleur moyen pour circuler d'une ville à l'autre à petit prix. Les lignes principales sont desservies par de gros bus longue distance (souvent des véhicules allemands ou turcs remis en état) qui suivent un itinéraire, des haltes et des horaires fixes. D'un confort moyen, avec des fenêtres qui s'ouvrent et des sièges parfois inclinables, ils ne posent guère de problèmes. Les bagages se trouvent en sécurité dans le coffre fermé à clef sous le véhicule. La durée du trajet, parfois plus longue qu'en train rapide, dépend de l'état de la route.
Bien moins confortables, les bus régionaux offrent pourtant des occasions de se distraire. Outre les pannes fréquentes, des vendeurs à la petite semaine les utilisent massivement, si bien que vous risquez d'être petit à petit encerclé par des monceaux de bagages, sans oublier les animaux vivants ou morts.
Les minibus privés, appelés marchroutka (« itinéraire fixe » en russe), coûtent un peu plus cher et se montrent à l'occasion plus rapides. Ils appliquent généralement des tarifs fixes, démarrent quand le conducteur est satisfait du nombre de passagers et vous débarquent où bon vous semble sur le parcours. Il s'agit indifféremment de vieilles guimbardes ou de monospaces Toyota ou chinois flambant neufs.
Sachez toutefois que vous serez à la merci du chauffeur qui peut faire halte, çà et là, pour charger des marchandises encombrantes au milieu des passagers, prendre quelques copains, faire le plein d'essence, réparer un ennui mécanique, faire une course, etc.
La plupart des villes possèdent une gare routière interurbaine (avtovokzal en russe, avtobekat en ouzbek et en kirghiz, avtobeket en kazakh et istgomush en tadjik) et éventuellement une gare routière régionale (ou plusieurs) desservant les localités alentour. Choisissez de préférence un bus partant de l'endroit où vous vous trouvez, car vous pourrez ainsi acheter les billets jusqu'à un jour à l'avance. Il arrive que les billets pour les bus de passage ne soient vendus qu'à l'arrivée de ces derniers, au milieu de la cohue. À la limite, essayez de payer directement le chauffeur afin d'obtenir une place.
La majorité des grandes gares routières abritent un poste de police qui peut se montrer tatillon envers les étrangers et exiger leurs papiers. Méfiez-vous de tout policier qui vous aborde dans ces lieux. Les gares routières longue distance sont rarement engageantes le soir. Enfin, ne tenez pas trop compte des horaires annoncés.

Voiture

Excellent moyen de circuler, la voiture ne revient théoriquement pas cher. De grandes routes nationales, rapides et assez bien entretenues, relient les villes importantes (Almaty-Bichkek-Tachkent-Samarcande-Boukhara, par exemple). Les routes de montagne (c'est-à-dire la plupart des axes du Kirghizstan et du Tadjikistan) peuvent être bloquées par la neige en hiver et par les glissements de terrain au printemps.
Pour des conseils sur la conduite.

Location

Outre Hertz, représenté à Almaty et à Bichkek, des agences de voyages louent des Mercedes et des 4×4. Vous aurez presque toujours intérêt à louer un taxi pour la journée.
Les agences de voyages et les organisations de tourisme associatif louent des 4×4 pour se rendre dans des régions moins accessibles au Kirghizstan et au Tadjikistan. Malgré son coût, la location d'un véhicule permet de découvrir certains des plus beaux paysages de montagne d'Asie centrale. CBT, au Kirghizstan demande environ 0,25 $US/km, tandis que Meta dans l'est des Pamirs (Tadjikistan) facture environ 0,50 $US/km pour un 4×4 russe. Les agences de voyages sont plus coûteuses.
Au Turkménistan, une course en taxi sur une longue distance coûte environ 0,10 $US/km.

Taxis

L'opération consiste à louer un taxi complet sur un itinéraire donné, notamment pour des destinations hors des sentiers battus, pas ou mal desservies par les bus, comme Song-Köl au Kirghizstan. Sélectionnez soigneusement votre chauffeur, assurez-vous de sa sobriété et examinez son véhicule (au Kirghizstan, nous avons dû voyager dans un véhicule dont les gaz d'échappement étaient évacués par les fenêtres arrière). Pour en savoir plus, voir ci-contre.
Négociez le prix avant le départ. Lorsque vous avez le choix, sachez que sur un même parcours un taxi coûte quatre fois le prix par personne d'un taxi collectif. Accordez-vous sur l'itinéraire, le temps d'attente du chauffeur sur le site et, éventuellement, le montant du péage ou du droit d'entrée. Il vous faudra marchander ferme.
Vous pouvez évaluer la dépense approximative en considérant la distance, une consommation moyenne de 12 l aux 100 km et le prix très variable de l'essence. Ajoutez à cela un forfait journalier (à partir de 5 $US) et un supplément pour l'attente sur place (1 $US/heure).

Taxis collectifs

Ces taxis, ou véhicules privés, couvrent un trajet régulier entre deux villes et appliquent un tarif fixe pour chacune des quatre places à bord. Le plus souvent ils attendent souvent devant les gares routières ou ferroviaires, et certains portent sur le pare-brise le nom de leur destination. Plus rapides et aussi confortables que les bus ou les trains, ils restent néanmoins très abordables. Le prix par passager étant parfois très bas, 2 ou 3 personnes peuvent louer les quatre sièges pour être plus à l'aise. En effet, on se sent parfois à l'étroit dans les véhicules de petite taille. Le véhicule le plus courant est la Zhiguli russe, rapidement remplacée par des modèles Daewoo récents comme la Nexia et la Tico fabriquées en Asie centrale. Le siège avant est le plus convoité et la place centrale à l'arrière, celle à éviter absolument.
Les taxis collectifs ont une utilité particulière au Kirghizstan sur des itinéraires tels que Bichkek-Almaty, Bichkek-Och et Naryn-Bichkek. Ils sont également pratiques pour les trajets Boukhara-Ourgentch-Khiva, Samarcande-Termiz, Douchanbé-Khodjent et Achgabat-Mary.

En stop

En Asie centrale, il existe peu de différences entre faire du stop et prendre un taxi. Tout propriétaire d'un véhicule s'arrêtera si vous le hélez (agitez le bras avec le pouce levé) et attendra souvent une contribution financière. Si vous négociez un prix raisonnable (à ce propos, il est utile de connaître l'équivalent en bus ou en taxi collectif), ce mode de transport peut être beaucoup plus rapide que le bus. Il arrive aussi souvent que le conducteur vous invite à boire le thé chez lui.
Le stop à destination des parcs et des lieux pittoresques est bien plus facile le week-end, mais vous perdez ainsi le bénéfice de la tranquillité sur les sites.
Suivez les consignes de sécurité d'usage : ne faites pas de stop seul(e), évitez de héler des voitures la nuit et examinez votre conducteur (gare aux ivrognes !) avant de monter.

Transports urbains

La plupart des villes d'une certaine importance ont des bus publics, voire des trolleybus électriques. Les grandes agglomérations ont aussi des tramways, et il existe un métro à Tachkent depuis 1977 et à Almaty depuis 2010. Les transports restent excessivement bon marché pour les Occidentaux, mais ils ont l'inconvénient d'être bondés, car l'argent manque pour étoffer le parc ; aux heures de pointe, il faut parfois plusieurs arrêts pour se frayer un chemin jusqu'à la sortie.
Dans les localités plus modestes, les transports ont tendance à cesser peu après la tombée de la nuit.

Bus, trolleybus et tram

Le paiement du billet varie, la méthode la plus courante consistant à payer le chauffeur à la sortie. Pour vous diriger vers la sortie, demandez vykhodite ? (vous descendez ?) aux personnes qui bloquent le passage.

Marchroutka

Une marchroutka, ou marchroutnoye taxi, est un minibus qui suit un itinéraire fixe. Vous pouvez monter aux arrêts prévus et descendre où vous le souhaitez en disant zdyes pazhalsta (zd'yès pa-jal-sto ; ici, s'il vous plaît). Vu la difficulté de repérer les lignes et l'irrégularité des horaires, mieux vaut se fier à d'autres moyens de transport. Les tarifs sont un peu plus élevés que ceux des bus.

Taxi

On distingue deux sortes de taxis : les détenteurs d'une licence officielle et tous les autres. Les taxis patentés, plus fiables, demandent parfois moins cher, à condition de les trouver. Ils ont rarement un compteur, ce qui oblige à négocier le prix de la course à l'avance (laissez plutôt une personne du cru le faire à votre place).
Les taxis au noir correspondent souvent à des véhicules privés dont le conducteur cherche à rentrer dans ses frais, à cause du prix exorbitant de l'essence. Tout véhicule portant un motif à damier sur le pare-brise est en fait un taxi. Placez-vous au bord de la route, levez le bras et attendez – autour de vous, quantité de gens agissent sans doute de même. Quand une voiture s'arrête, négociez la destination et le tarif à travers la vitre côté passager ou par une porte entrouverte. Le conducteur vous dira alors sadytse (asseyez-vous) ou vous fera signe d'entrer ; n'obtempérez pas avant d'avoir réglé la question du prix. Parler en russe, voire dans la langue locale, facilite considérablement la négociation.
Lors de notre enquête, une course d'un bout à l'autre de Douchanbé tournait autour 3 $US. Comptez un peu moins à Tachkent et Bichkek, et deux fois moins à Achgabat. Les tarifs augmentent le soir et les réservations s'accompagnent d'un supplément.

Train

Les trains de classe inférieure permettent de circuler de la manière la plus économique, d'où des wagons archicombles. L'été, mieux vaut généralement voyager de nuit. Le Kazakhstan et, dans une moindre mesure, l'Ouzbékistan sont sans doute les deux seuls pays où vous emprunterez beaucoup le réseau ferré.

Lignes

Le train se révèle surtout pratique pour parcourir les grandes distances du Kazakhstan. Certaines lignes, comme le Turksib (Semeï-Almaty) bénéficient d'une desserte rapide 3 ou 4 fois par jour. Les trains qui font la navette entre Tachkent, Samarcande et Boukhara sont plus rapides que les bus, et leurs sièges ressemblent à ceux des avions. Le train de nuit quotidien Tachkent-Boukhara vous sera très utile. Parmi les lignes intéressantes, citons encore Noukous-Almaty et, en été, Tachkent-Bichkek (via le Kazakhstan). À titre indicatif, il faut 20 heures en train rapide pour aller d'Ourgentch à Tachkent, et 25 heures de Tachkent à Almaty.
Le Turkménistan possède des trains lents mais neufs, qui desservent la plupart des régions du pays. Si les trajets durent longtemps, les tarifs sont bas, une couchette sur un train de nuit entre Achgabat et la mer Caspienne coûtant moins de 3 $US.
Ailleurs, les lignes se réduisent comme une peau de chagrin ; les trains ne relient plus guère Douchanbé (ceux qui le font encore effectuent un long détour et requièrent un visa à double entrée), et il n'y a pas de connexion directe, par exemple, entre Achgabat et les capitales des républiques voisines.
Nombre de trains à destination et en provenance de Russie, parfois plus rapides et en meilleur état, peuvent être empruntés pour circuler en Asie centrale. Toutefois, sans parler des retards récurrents, ces lignes risquent d'être bondées et vous serez confrontés à des monceaux de détritus au moment de monter à bord.

Tarifs

Réservez au moins 2 jours à l'avance pour les trajets à l'intérieur de la CEI. Vous devrez probablement monter votre passeport et votre visa. Quelques gares disposent de guichets séparés pour les réservations et les départs dans les 24 heures ; ce dernier se reconnaît d'ordinaire à la foule qui s'y presse (attention aux pickpockets !). Il y a aussi parfois en ville une billetterie ferroviaire (zheleznodorozhnaya kassa or Zh D Kassa en russe), pratiquant ou non une petite commission, qui évite d'aller à la gare. Beaucoup d'hôtels touristiques ont un comptoir de réservation ferroviaire avec des tarifs majorés.
Si vous ne parvenez pas à obtenir un billet pour un train donné, présentez-vous quand même avant le départ. Quelles que soient les affirmations de l'employé de la billetterie, on trouve toujours une place dans un kupeyny (2e classe ou wagon-couchettes) en demandant à bord. Vous devrez alors payer le prix du billet, souvent davantage, et normalement en dollars. Adressez-vous à plusieurs préposés pour choisir l'offre la plus avantageuse.
Au départ de Tachkent, un aller simple en kupeyny vous coûtera 23 $US pour Ourgentch et 18 $US pour Boukhara ; une place en train de jour à grande vitesse pour Samarcande/Boukhara, 8,50/13 $US (30 de moins en changeant au marché noir). Au départ d'Almaty : Semeï 30 $US, Taraz 16 $US et Astana 20 $US (92 $US en express).

Mis à jour le : 27 janvier 2015

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