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Îles Canaries : Culture

Coutumes

Les gens se fréquentent habituellement dans la rue ; les invitations à dîner ou à une soirée chez des particuliers sont l'exception plutôt que la règle. Les Canariens vivent à la méditerranéenne : le matin commence tard, une longue pause est ménagée entre 14 et 17h pour le déjeuner, la sieste et des retrouvailles familiales ; le travail reprend ensuite quelques heures, suivi du dîner, et la vie sociale se prolonge tard dans la soirée.

Langue

L'espagnol, ou plus exactement le castillan, est la langue officielle des îles Canaries, et les seuls termes guanches qui subsistent sont des noms de lieux.
Bonjour : ¡ Hola !
Au revoir : ¡ Adios !
S'il vous plaît : Por favor
Excusez-moi : Perdón / Perdone
Comment allez-vous ? : ¿ Cómo está ?
Très bien, merci : Estoy bien, gracias
Je voudrais aller à... : Quiero ir a...
Avez-vous des chambres libres ? : Tiene habitaciones libres ?
Combien coûte... ? : ¿ Cuánto cuesta... ?

Nourriture

Fortement influencée par l'Espagne, la cuisine canarienne n'en possède pas moins son originalité. La spécialité que vous verrez le plus souvent sur votre table est le mojo, une sauce aux nombreuses variantes dans laquelle on trempe à peu près tout, des cuisses de poulet au gofio (mélange de blé, de maïs ou d'orge cuit au four, qui remplace le pain), en passant par les papas arrugadas, de petites pommes de terre nouvelles cuites en robe des champs. La pomme de terre fut introduite aux Canaries au XVIIe siècle en provenance du Pérou et les connaisseurs en distinguent jusqu'à 23 variétés différentes. Parmi les nombreuses soupes, le potaje de berros (potage de cresson) et le rancho canario (bouillon avec des nouilles, de la viande et des pommes de terre) sont les plus typiques. Le conejo en salmorejo (lapin mariné dans du vinaigre, de l'huile d'olive et de l'avocat) passe aujourd'hui pour un pilier de la cuisine canarienne, mais c'est en fait une spécialité venue d'Aragon. Modeste, la viticulture locale réserve parfois d'agréables surprises, surtout parmi les crus de Tenerife. Le vin le plus courant, le malvasía, vient de Madère. Il est généralement doux.

Religion

On connaît mal le système de croyance complexe qui était celui des Guanches avant l'arrivée des Espagnols. L'un des premiers soucis des conquistadores fut de convertir les Guanches au catholicisme. Si les Canariens ne débordent pas de ferveur religieuse, l'église n'en joue pas moins un rôle social important dans l'archipel.

Arts

Symbole de l'héritage musical des Canariens, le timple est un instrument rappelant le ukulele polynésien. Il est possible qu'il ait été introduit dans les îles par les esclaves berbères que les envahisseurs normands firent venir pour travailler la terre au XVe siècle. Le timple a pas mal bourlingué et il a aujourd'hui sa place dans le répertoire musical de Cuba et d'autres pays d'Amérique latine. Lors des traditionnelles fiestas, il accompagne la danse, que ce soient l'isa, la folía, ou, si vous avez de la chance, la tajaraste, seule danse, dit-on, qui provient des Guanches.
De nombreuses cuevas (grottes), éparpillées dans les îles, sont ornées de peintures rupestres réalisées par les Guanches aux XIIIe et XIVe siècles (Barranco de Balos, Agaete, Gáldar, Belmaco, Zarza et El Julán, par exemple). Les représentations humaines et animales prédominent. La conquête espagnole ne favorisa pas l'essor artistique. Le premier grand peintre canarien, Gaspar de Quevedo, originaire de Tenerife, apparut au XVIIe siècle. Valentín Sanz Carta fut le premier artiste à peindre son pays, au XIXe siècle. Au début du siècle suivant, Manuel González Méndez (1843-1909) fut le chef de file de l'impressionnisme dans l'archipel. Tous les grands courants artistiques européens touchèrent les Canaries. Parmi les peintres abstraits, César Manrique (1919-1992) fut mondialement reconnu. Ses œuvres pleines d'imagination et les efforts qu'il déploya pour sauver la culture canarienne face au bulldozer du tourisme de masse lui ont valu l'estime de tous ses compatriotes.
On ne connaît pas de textes écrits provenant des Guanches, mais l'historien italien Leonardo Torriani a traduit leurs ballades. Benito Pérez Galdós (1843-1920), qui grandit à La Palmas et s'installa à Madrid en 1862, est considéré par certains comme le plus grand romancier espagnol depuis Cervantès. L'un des plus grands écrivains canariens du XXe siècle, Isaac de Vega, est notamment l'auteur de Fetasa, un essai bouleversant sur l'aliénation et la solitude.

Mis à jour le : 11 novembre 2012
Vizeat

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