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Marseille : Si vous aimez

La gastronomie

En général, la première chose que l'on veut goûter en arrivant à Marseille, c'est la fameuse bouillabaisse. À l'origine, c'est un plat familial réalisé à base de certains poissons destinés à la vente et mis de côté par les pêcheurs. Au fil des années, elle s'est perfectionnée et fait même aujourd'hui l'objet d'une charte élaborée par le restaurant Le Miramar, très utile pour éviter les attrape-touristes. Pour l'anecdote, le mot bouillabaisse provient de son mode de cuisson « quand ça bouille, tu baisses ! ». Pour en savoir plus : www.bouillabaisse.com
D'autres spécialités locales valent aussi le coup d'être essayées :
La bourride ressemble à la bouillabaisse mais ne se compose que de poissons blancs.
Les pieds et paquets raviront les amateurs d'abats. Ce plat est fait de tripes farcies et de pieds de mouton ayant mijoté dans un bouillon parfumé de thym, de tomates, d'ail et d'oignons.
Les supions et favouilles désignent des encornets et de petits crabes que l'on retrouve dans de nombreux plats en sauce.
La soupe au pistou est composée de haricots blancs, de courgettes, d'oignons, de pommes de terre, de tomates, de pâtes et de basilic pilé avec de l'ail et de l'huile d'olive (le pistou). Elle se déguste chaude ou froide.
Les panisses sont une spécialité de l'Estaque, élaborée à base de farine de pois chiches. Elles se mangent en hors-d'œuvre, coupées en tranches et frites.
Les chichis frégis viennent du même quartier. Ce sont des beignets frits que l'on savoure trempés dans du sucre ou du chocolat.
La brousse est un fromage frais de brebis fabriqué exclusivement dans les collines du Rove, une petite commune au nord de Marseille.
La pompe à l'huile ou gibassier est un des treize desserts de Noël, une brioche parfumée à la fleur d'oranger et à l'huile d'olive.
Le gâteau des rois remplace en Provence la galette à l'Épiphanie. C'est une brioche garnie de fruits confits et parfumée à la fleur d'oranger.
Les navettes sont de petits biscuits secs parfumés à la fleur d'oranger, en forme de barque, que l'on mange à la Chandeleur.
Le gambetta est un sirop à base de figues que l'on boit avec de la limonade ou de la bière. On le trouve dans les grandes surfaces.
Le pastis, boisson anisée à base de plantes locales – armoise, coriandre, fenouil, anis étoilée – que l'on ne présente plus et dont les versions diffèrent selon les pays méditerranéens. Ici, deux écoles s'affrontent : Ricard et 51.

Les meilleures bouillabaisses

  • Le Miramar
  • Chez Michel
  • Chez Fonfon

Les meilleures spécialités régionales

  • Les pieds et paquets chez Madie
  • Le pastis à la Maison du Pastis ou à la distillerie Janot
  • Les navettes aux Navettes des Accoules
  • La brousse chez M. Gouiran, à La Brousse du Rove
  • La partie traiteur de Hédiard- Bataille
  • Les chichis et panisses à l'Estaque
  • Le gibassier à la boulangerie Chez Michel

L'om

C'est peu de le dire : l'OM et Marseille sont mariés, enchaînés, pour le meilleur et pour le pire. Une relation passionnelle qui dure depuis plus de 100 ans, puisque le club a vu le jour en 1899 ! Même si vous n'aimez pas le foot, impossible d'ignorer l'excitation qui enveloppe la ville avant et pendant les matchs. Des sensations à vivre, si le cœur vous en dit, dans l'ambiance unique du stade Vélodrome. Après la flamboyante ère Tapie (1986–1994), le premier club français vainqueur d'une Coupe d'Europe (1993) a connu pendant près de dix ans une véritable descente aux enfers, accentuée par d'incessantes affaires judiciaires. Ces dernières années, l'OM semble retrouver la sérénité, une gestion plus rationnelle et de l'ambition sportive. Les efforts de l'équipe dirigeante et de l'actionnaire (Margarita Louis Dreyfus a pris le relais de son mari RLD, décédé en juillet 2009) ont été récompensés, puisque le club a enfin renoué avec le succès, après une longue période de disette, en remportant le doublé Championnat-Coupe de la ligue en 2010. Sevrés de titre depuis 15 ans, les Marseillais attendent pour juger.

Pour une panoplie complète

  • Les boutiques de l'OM

Pour voir un match

  • Le stade Vélodrome
  • Le Bar de la Plaine
  • Le Bar du Marché

Les nuits marseillaises

Autant le dire tout de suite, la movida marseillaise est bel et bien un mythe, au sens d'une animation générale des places et des rues dès la tombée de la nuit. Oui, la ville bouge, mais par secteurs et dans des lieux bien précis. Pour faire simple et un peu caricatural, la Plaine et ses alentours attirent les artistes, intellos, babas et bobos ; le Vieux-Port et le bord de mer ciblent à la fois les touristes et les jeunes branchés un peu m'as-tu-vu. Mais attention, tout ce petit monde circule : quel que soit son style, on peut aller boire l'apéro sur le port, manger un bout sur le cours Ju et finir la nuit vers les plages. C'est ça, Marseille, ouverte et complexe. Côté culture, sachez que les Marseillais vont plus facilement au resto et dans les bars qu'au théâtre ou à l'opéra. Certains vont en frémir, mais c'est une réalité…
Pour vous tenir au courant des événements culturels, procurez-vous le guide In situ et le journal Ventilo (gratuits). L'Espace culture (04 96 11 04 60 ; 42 la Canebière, 1er) propose des billets à tarifs réduits pour les spectacles du jour même.
Et n'oublions pas que Marseille a été choisie pour être la capitale européenne de la culture en 2013. Un titre qui devrait normalement booster les projets en cours et offrir à la ville une vie culturelle à la hauteur de ses ambitions…

Faims de nuit

  • Le Mas de Lulli jusqu'à 6h30
  • O'Stop ouvert 24h/24
  • Café Simon jusqu'à 1h
  • La Part des Anges jusqu'à 2h
  • Le Carillon-Chez Carmen du mardi au samedi de 19h à 4h et le dimanche jusqu'à minuit

Les adresses excentrées

Le savon de Marseille

Au moment où l'on ne jure que par le bio et le tout naturel, le savon de Marseille, lui, semble avoir été toujours tendance ! Pour être certifié « vrai de vrai », il doit contenir 72% d'huiles végétales (olive, coprah, palme…), pourcentage estampillé sur chaque cube, mais aucun colorant ni adjuvant de synthèse, ce qui lui donne ses vertus hypoallergéniques.
Son histoire remonte à la nuit des temps, ou plus exactement au XIVe siècle. À partir de cette époque, les premières savonneries industrielles apparaissent, les techniques se perfectionnent, l'hygiène et la médecine font un grand pas en avant, et le savon de Marseille avec ! En 1709, la ville compte ainsi une vingtaine de savonneries qui tournent à plein régime. Mais tout âge d'or a une fin… L'arrivée, au XXe siècle, des détergents américains et des machines à laver, va exalter les ménagères et précipiter le déclin du cube marseillais. Aujourd'hui, seuls quelques irréductibles perpétuent la tradition en le fabriquant dans les règles de l'art.

Acheter du savon

  • Marine Savonnerie
  • Au Savon de Marseille

Visiter une Savonnerie

  • La Licorne

Marseille Provence 2013

Si Marseille a remporté face à ses concurrentes – Bordeaux, Lyon et Toulouse – le titre tant convoité de capitale européenne de la culture 2013, c'est sans doute parce qu'elle n'a pas joué – entièrement – la carte postale du folklore phocéen. Dès son arrivée, le jury s'est en effet rendu à la prison des Baumettes, visiter un atelier culturel. Il a ensuite embarqué en mer pour un déjeuner avec vue au large et sur la rade. Cette façade maritime a forgé la candidature de Marseille, ville-centre confrontée avant l'heure aux enjeux du dialogue avec les populations des rives sud de la Méditerranée, de l'intégration, de l'accès à la culture… L'autre fil rouge est Albert Camus, écrivain des deux rives dont on célèbrera alors le centenaire de la naissance.
Avant l'année couperet, vous verrez surtout de Marseille Provence 2013, appellation désormais officielle, des… chantiers. Ceux du MUCEM (musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), signé par l'architecte Rudy Ricciotti, et du centre régional de la Méditerranée (il est prévu qu'une partie de ses bâtiments soit immergée avec un niveau sous-marin), tous deux à proximité du Vieux-Port, figurent parmi les plus symboliques. Le FRAC (Fonds régional d'art contemporain) logera, quant à lui, dans un bâtiment imaginé par le japonais Kengo Kuma, tandis que le palais Longchamp doit accueillir une nouvelle galerie pour les grandes expositions de Beaux-Arts.
L'année 2013 se déroulera en quatre temps forts, chacun marqué par un événement phare. Au total, près de 600 projets devraient voir le jour.
Les pays d'Aix, d'Arles, La Ciotat ou encore Aubagne sont aussi de l'aventure, l'occasion de belles escapades en perspective. Des expositions sur Picasso, Cézanne, Rodin y sont d'ores-et-déjà programmées. Vous trouverez sur le site officiel Marseille Provence 2013 (www.marseille-provence2013.fr) la liste de toutes les manifestations labellisées.

Le vieux-port en chantier

  • MUCEM (musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), de Rudy Ricciotti
  • Centre régional de la Méditerranée (à côté du MUCEM, sur l'esplanade du J4), de Stefano Boeri
  • quai des Belges : réhabilitation et piétonisation confiée à l'architecte sir Norman Foster (2012–2013)
  • FRAC (Fonds régional d'art contemporain), de Kengo Kuma. Situé actuellement dans le Panier, il sera déménagé près de la place de la Joliette.

Marchés et compagnie

Petit décodage de Marseille, la commerçante, qui a su garder la tête froide en matière de prix.
Centre-Bourse – rue Paradis – rue Saint-Ferréol. Le cœur marchand de la ville palpite dans le secteur délimité par la rue de Rome à l'est, la rue de Breteuil à l'ouest, la Canebière au nord et la place Castellane au sud. Le Centre-Bourse (hébergeant la Fnac), prolongé par la rue Saint-Ferréol (piétonne), rassemble la plupart des enseignes nationales. Le secteur de la rue Paradis regroupe, lui, des boutiques plus huppées.
La Plaine. Du cours Julien à la place Jean-Jaurès, ce quartier « artiste » accueille plutôt des enseignes alternatives pleines d'originalité : librairies, épiceries, boutiques de mode et de décoration.
Belsunce et Noailles. Ces deux secteurs, situés de part et d'autre de la Canebière, de la rue d'Aubagne ou des Halles-Delacroix, sont le fief des échoppes très bon marché. Ce quartier a des allures de souk oriental et fait la part belle aux denrées alimentaires, avec de nombreuses épiceries exotiques.

Les plus beaux marchés

  • Le poisson, tous les jours, sur le quai des Belges
  • Les fleurs aux Réformés (le mardi et le samedi), à la Plaine (le mercredi), sur le Vieux-Port (le mardi et le samedi) et au Prado, le vendredi
  • Les fruits et légumes à Noailles
  • Les vêtements et accessoires à la Plaine (le mardi, le jeudi et le samedi) et au Prado, du lundi au samedi
  • Les produits bio sur le cours Julien, le mercredi

Les pitchouns

Marseille n'oublie jamais ses pitchouns ! Les calanques, la mer et le soleil sont des atouts considérables pour les activités en plein air. Il ne tient qu'à vous de faire gambader vos chères têtes blondes jusqu'à épuisement lors d'un pique-nique doublé d'une petite rando ! Les espaces verts ne sont certes pas très nombreux, mais la ville abrite quand même de jolis parcs.
Côté culture, vous devriez pouvoir capter leur attention en leur racontant des histoires fascinantes liées aux collections de la Vieille-Charité ou des expositions en cours. Un musée leur est même entièrement consacré dans le quartier du Panier. Plusieurs théâtres de qualité dédient aussi leur programmation aux tout jeunes spectateurs.
Côté pratique, que les jeunes mamans avec poussettes soient prévenues : le métro, avec ses escaliers interminables et ses escalators régulièrement en panne, peut vite transformer en enfer vos déplacements. Préférez si possible le tramway, récent et donc beaucoup mieux pensé.

Pour se défouler

  • Faire voler son cerf-volant sur les plages du Prado
  • Piquer une tête à Corbières
  • Une minicroisière sur le ferry-boat
  • Un vélo en libre-service

Les musées les plus ludiques

  • Le préau des Accoules
  • Le Muséum d'histoire naturelle
  • Le musée d'Arts africains, océaniens et amérindiens

Les plus beaux parcs

  • Le parc Borély
  • Le parc Longchamp
  • Le jardin de la colline Puget
  • Le parc Pastré
  • Le jardin Valmer

Pour faire de jolis rêves

  • Les jolis contes à La Baleine qui dit « vagues »
  • Les histoires du Badaboum Théâtre
  • Les livres de l'Alcazar

La Pétanque

Le jeu de boules, que l'on suppose dérivé du jeu de quilles, remonterait à la fin du XVIIIe siècle et a connu en Provence un engouement croissant, jamais démenti jusqu'à nos jours. À Marseille, vous verrez de nombreux boulodromes où viennent en découdre des pétanqueurs.
Il ne faut pas confondre boule et pétanque. Le jeu de boules, également appelé « jeu provençal », ou « longue », est très technique, car il se dispute sur une distance plus longue, de 15 à 21 m. Les joueurs sont autorisés à bouger avant de lancer la boule. La pétanque aurait été inventée plus tardivement, au début du XXe siècle. Contrairement à la longue, elle se joue a pié tanca (les pieds plantés), sur un terrain plus petit (11 m au maximum). Avec des boules métalliques d'environ 720 g pour 8 cm de diamètre, il s'agit de « pointer », autrement dit de placer la boule le plus près possible du cochonnet. Déloger la boule de l'adversaire en la remplaçant par la sienne (« faire un carreau ») est un coup de maître ! Et puis sachez que l'expression « embrasser Fanny » n'est malheureusement pas une récompense. Cela signifie plutôt perdre une partie sans avoir marqué un seul point !

Les meilleurs tournois

  • Le mondial La Marseillaise à Pétanque
  • Le Provençal 13

Se baigner

Avec une façade maritime extraordinairement plurielle, se déroulant sur plus d'une cinquantaine de kilomètres, chacun trouvera baignade à son pied. Si choisir son lieu de baignade à Marseille peut être une question d'humeur ou de tradition, voire de météo, c'est en tout état de cause un véritable art de vivre… De plus, la plupart de ces endroits sont facilement accessibles en transports publics.

Pour les envies de nature

  • Les îles du Frioul
  • La Côte Bleue
  • Les criques des Goudes
  • Les calanques

Sable

  • Corbières
  • Les Catalans
  • La plage du Prophète
  • Borély
  • La Pointe-Rouge

En famille

  • La plage des Laves à l'Estaque
  • Les Catalans
  • La piscine du vallon des Auffes
  • La plage du Prophète
  • Le Prado
  • La Pointe-Rouge

Entre copains

  • Malmousque
  • Chez Dédé

Gay

  • Le Montrose
  • Les Pierres tombées à Sugiton

Rochers

  • Malmousque
  • Les calanques

Plonger à Marseille

La cité phocéenne compte des sites exceptionnels et très variés, dans un cadre magique – celui des îles au large de la rade et près des calanques – et bénéficie d'une richesse sous-marine inégalée sur le littoral méditerranéen. Par ailleurs, de nombreuses épaves, très célèbres et facilement accessibles, renforcent l'attrait de ce secteur. Des structures de qualité accueillent les plongeurs de tous niveaux. La température de l'eau oscille entre 12°C au cœur de l'hiver et 23°C à la fin de l'été. La meilleure saison s'étend de juillet à novembre, avec l'accord du mistral.

Les plus beaux sites

  • Le Dalton (−12/−32 m) au Planier
  • Le Chaouen (−3/−26 m) au Planier
  • Le Messerschmitt (−45 m) au Planier
  • La Pierre à la Bague (-40 m) au Planier
  • Le Liban (−25/−36 m) à l'île Maïre
  • LesFarillons (−25/−40 m) à l'île Maïre
  • La Grotte à Corail (−15 m) à l'île Maïre
  • La Pierre de Briançon (−20 m) dans l'archipel de Riou
  • Le Grand Congloué (−30/−60 m) dans l'archipel de Riou
  • Les Impériaux (−25 m maxi) dans l'archipel de Riou
  • Le Miquelon et la Drôme (−50 m env.) à la Madrague de Montredon
  • Le Tiboulen (−5 à −42 m) au Frioul

Les meilleurs clubs

Les traditions

Marseille est très attachée à ses traditions, surtout à Noël. Même si certaines ont subi quelques adaptations (l'aïoli et le poisson bouilli ont rarement du succès le 24 décembre !), elles ont su conserver dans l'ensemble une belle vigueur. En dehors de ces rites ancestraux, d'autres, moins conventionnels, sont tout aussi essentiels à connaître pour se sentir ici comme une sardine dans l'huile…
À la Sainte-Barbe, le 4 décembre, on sème dans une soucoupe garnie de coton des grains de blé ou des lentilles. Cette verdure, qui pousse très rapidement en intérieur, annonce richesse et prospérité pour l'année à venir. À vous donc d'y apporter tout le bien que vous souhaitez à votre porte-monnaie ! Le blé et les lentilles germées servent de décoration sur la table de Noël.
Installée dans un coin de la maison le premier dimanche de l'avent ou pour la Saint-Nicolas, la crèche y demeurera jusqu'à la Chandeleur. Le décor est composé de bûches, de feuillages, de mousse, de papier rocher et de petits cailloux où prennent place les santons en argile décorés à la main. Si l'on vous traite de « ravi », vous êtes en droit de le prendre mal, puisque ce sera une allusion au santon-tronc aux bras levés, personnifiant l'idiot du village…
Le soir de Noël, avant de partir pour la messe de minuit, on se réunit autour du gros souper, un repas maigre sans viande qui comprend l'aïoli (mayonnaise à l'ail et à l'huile d'olive) accompagné de morue, de légumes bouillis et d'œufs durs, mais aussi les cardes ou le gratin d'épinards (le foie gras et la dinde sont aujourd'hui plus d'actualité). Le repas se termine par les treize desserts, parmi lesquels la pompe à l'huile, ou gibassier, le nougat blanc et noir, les dattes et les quatre mendiants (figues sèches, raisins secs, amandes et noisettes).
La Pastorale est une pièce de théâtre évoquant la Nativité, jouée en langue provençale ou en français en décembre et janvier, au cours de laquelle interviennent de nombreux personnages comme les bergers, le rémouleur, le boumian ou le pistachier, interprétés dans certains villages par les commerçants du cru.
À la Chandeleur, le 2 février, on monte aux aurores vers l'abbaye Saint-Victor pour célébrer la fête de la Lumière. À cette occasion, la Vierge noire est sortie de sa crypte pour une procession suivie par des fidèles portant un cierge vert. En passant devant le four aux navettes, l'archevêque bénit les navettes que l'on savoure pendant toute la semaine.
L'œil-de-sainte-Lucie, un opercule en nacre orangée, provient d'un coquillage appelé biou. Les pêcheurs le conservent dans leur portefeuille comme porte-bonheur. Il se porte aussi comme bijou protecteur. On le trouve le matin sur le marché aux poissons du quai des Belges pour quelques euros selon la pêche.

Les plus beaux santons

  • La Foire aux santons
  • Di Landro à Aubagne

Pour la table de noël

  • Arax
  • Les Navettes des Accoules
  • La boulangerie Chez Michel
  • Xocoalt
  • Le musée du Terroir marseillais

Vivre à la marseillaise

Le Marseillais type a la tchatche : il aime parler fort en agitant ses mains, s'engatser avec un collègue, pour rire ou pour de vrai, de préférence en public. Roi de la tchatche, il est aussi très habile pour les embrouilles et les petites arnaques.
Liée à la tchatche, la drague est la discipline olympique locale. Les filles sont dévisagées de la tête aux pieds quand elles marchent dans la rue et ne sont bien vite plus étonnées d'entendre un lancinant « chaaaaarmante ! » sur leur passage (quel que soit leur look, d'ailleurs). C'est en général sympa mais parfois, on vous l'accorde, mesdames, un peu lourd. Un conseil : souriez et ayez de l'humour, le Marseillais se laisse facilement désarçonner !
On croise facilement la cagole et le càcou, ces deux figures emblématiques de la ville, rue Saint-Ferréol, le samedi après-midi, en train de faire les boutiques en groupe. La cagole, pas très distinguée et toujours à la pointe de sa mode, reste néanmoins sympathique. Son binôme, appelé aussi mia (révélé au pays tout entier grâce au tube d'I am Je danse le mia), est un frimeur gominé qui roule en 206 coupé. Avec l'âge, cagole et cacou ne vieillissent malheureusement pas très bien.
En ce qui concerne la conduite, l'important ici n'est pas de connaître le code de la route mais de hurler plus fort que le conducteur à qui l'on vient de griller la priorité. Une précision aussi : sur la route, l'orange est considéré comme un dégradé du vert. Mieux vaut donc, si l'on est un piéton attaché à sa vie, attendre que le feu soit rouge depuis quelques secondes avant de traverser.
Rassurez-vous, l'époque de Marseille-Chicago et de la French Connection, où la cité phocéenne avait mauvaise réputation, est aujourd'hui révolue. À moins de circuler la nuit dans une ruelle obscure, votre montre en or au poignet et votre appareil photo en bandoulière, vous ne risquez pas grand-chose. Soyez prudent mais détendu : Marseille est certes une grande ville mais pas plus dangereuse qu'une autre.
En général, une relative saleté saute aux yeux des touristes : les poubelles débordent, frigos et matelas sont déposés sans vergogne sur le trottoir, et il n'est pas rare qu'un vieux papier gras jeté de la fenêtre d'une voiture atterrisse à vos pieds. Les Marseillais, sales et je-m'en-foutiste ? Disons que les torts sont partagés : si les services du nettoiement ne sont pas toujours des plus efficaces, le civisme et le tri des déchets sont loin d'être encore entrés dans toutes les mentalités.
Les Marseillais partent d'un principe simple : au nord d'Avignon, c'est déjà le Nord, et celui qui y habite est un estranger. Mais attention, l'antiparisianisme primaire (que vous soyez parisien ou non, d'ailleurs) fait avant tout partie d'un jeu. Ici, on peut très vite être adopté à condition d'être décontracté, de sourire et de ne pas critiquer l'OM ! Inutile cependant de prendre l'accent pour hâter votre intégration, ce louable effort se retournerait immédiatement contre vous.

Les plus belles concentrations de cagoles

  • La rue Saint-Ferréol
  • Le Bazar
  • Le Sport's Beach Café
  • Le Bistrot plage
  • Mary-Jane)

Le parler marseillais

Voici un petit lexique de quelques termes répandus à l'usage des « estrangers », qui vous permettra de mieux comprendre certaines discussions et, surtout, d'éviter les quiproquos ! N'essayez surtout pas de jouer au càcou avec un accent forcé, vous avez toutes les chances d'être ridicule. Et puis les Marseillais ont certes beaucoup d'humour, mais ils détestent que l'on se moque d'eux…
  • blanquinas – à la peau très blanche (« T'as vu comme il est blanquinas ? Ça doit être un Parisien. »)
  • Bonne Mère – interjection courante en début de phrase
  • boufer – souffler (en parlant du vent)
  • bouléguer – bouger, se remuer
  • càcou, quèque – petit frimeur, le look à l'avenant
  • cafi – plein (« il est cafi de sous »)
  • cafouche – débarras, endroit minuscule
  • cagade – littéralement « gros caca », énorme bêtise
  • encagnarder (s') – se prélasser au soleil
  • cagole – fille vulgaire au look à l'avenant, mais néanmoins sympathique
  • caguer – surtout dans les expressions « ça me fait caguer, ce travail » ou « je m'en cague de lui » (j'en ai rien à faire, de lui)
  • chaler – prendre quelqu'un sur son scooter ou son vélo
  • choper (se) – se disputer
  • con – à la fin d'une phrase, pour souligner le propos (« j'étais estransiné, con ! »)
  • dégun – personne (« y'avait dégun »)
  • emboucaner – « embrouiller » quelqu'un ou, littéralement, puer
  • empéguer (s') – s'empêtrer (dans une affaire) ; également empégué : soûl
  • engatser (s') – se disputer, s'énerver ; engatse : problème
  • ensuqué – lent à réagir, « bouché »
  • escagassé – éreinté, laminé
  • estranger – un non-Marseillais
  • estransiné – ratatiné (de peur, de froid)
  • fada – littéralement « habité par les fées », demeuré
  • fan – diminutif du mot « enfant » : « fan de pute, fan de chichourle »
  • fache de con ! – face de con, tête de con ; variante de « putain de con »
  • galéjade – une plaisanterie exagérée
  • jobastre – jobard
  • mèfi – attention
  • oaï – ambiance de grand désordre, bordel
  • pastaga – pastis
  • pescadou – pêcheur
  • pechère ou peuchère – sert à exprimer la compassion : « Oh pauvre ! »
  • pitchoun – enfant
  • pointu – petit bateau de pêche marseillais, en bois, souvent coloré
  • radasse – une cagole qui aurait très mal vieilli (se radasser : se traîner)
  • tanqué – bien fait, bien foutu, en parlant d'une personne
  • tchatche – art du bavardage, dont seraient friands les Marseillais
  • tè – interjection en début de phrase. Littéralement : « Tiens ! »
Mis à jour le : 8 avril 2014
Vizeat

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