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Le safari en Namibie

  • Le mer 20 fév 2013 à 08:54
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209 sujets sur l'Afrique du Sud, 251 sur le Kenya et pas un seul sur la Namibie ! 

Lorsqu'il s'agit de safari, l'Afrique du Sud et le Kenya occupent toute la place dans l'inconscient collectif en raison des reportages animaliers et du marketing des agences de voyages. Pourtant ces pays ont une nature très abîmée en dehors des sanctuaires protégés, et leur politique de conservation pour certaines espèces animales en danger est proche du fiasco.

Les touristes qui achètent un safari organisé au Kenya ne savent généralement pas que ce pays avance à grands pas vers la fin de sa vie sauvage. En 20 ans, le Kenya a perdu 80% de ses éléphants et 90% de ses lions. Les causes de cette tragédie sont diverses et souvent interdépendantes : corruption difficile à endiguer dans l'administration, gestion inefficace du KWS et des conservatoires communautaires, conflits ethniques dus aux sécheresses, possession illégale d'armes à feu (AK-47) dans de vastes zones insécurisées et démographie galopante générant des conflits avec la faune.

En Afrique du Sud, le braconnage des rhinocéros organisé par les mafias chinoises et vietnamiennes a atteint des proportions hors de contrôle depuis 6 ans : dans ce pays qui détient 92% de la population africaine des rhinocéros blancs et 40% de celle des rhinocéros noirs, 2 658 spécimens des deux espèces ont été tués entre 2008 et 2013. La corruption et l'incompétence des autorités ont laissé empirer un massacre dont la progression a été vertigineuse : en 2008, l'Afrique du Sud a perdu 83 rhinocéros, un chiffre qui a posteriori paraît relativement faible comparé aux 1 004 spécimens abattus en 2013. Actuellement, un rhinocéros est donc tué toutes les 10h en Afrique du Sud. A ce rythme, qui a toute les chances de s'intensifier encore si aucune solution n'est trouvée, les rhinocéros pourrait disparaitre du pays en une dizaine d'années.

La Namibie est un cas à part en Afrique : ses effectifs d'animaux sauvages y sont en constante augmentation grâce à une politique de conservation efficace, basée notamment sur le partenariat avec les communautés locales. Ce jeune pays fait souvent référence en matière de conservation. Il a d'ailleurs été le premier du monde a inscrire la protection de l'environnement dans sa constitution. Certaines régions comme le Kaokoland, le Damaraland ou le Bushmanland sont restées très sauvages.

Afin de mieux faire connaître la Namibie où j'habite actuellement, je livre au voyageur averti les informations suivantes qui sont issues de ma propre expérience de guide. ( http://bwabwata.canalblog.com/ )

 

 

En Namibie, le safari en self-drive permet de parcourir sans difficulté les parcs nationaux d'Etosha et de Mahango (partie est). Mudumu et les deux «zones centrales» de Bwabwata requièrent certes un 4X4 mais demeurent relativement faciles à visiter en saison sèche. Khaudum et Mamili en revanche sont encore des terres vierges réservées aux aventuriers. Le parc du Waterberg ne se visite qu'en excursions organisées par les rangers, en véhicule ou à pied. Comme en Afrique du Sud, le prix d'entrée des parcs est peu élevé. Le paiement peut s'effectuer directement sur place ou par Namibia Wildlife Resorts (NWR).

L'hébergement dans le pays offre une grande palette de possibilités : lodge, hôtel, chambre d'hôte (guest house), gîte rural (guest farm), ranch d'accueil (guest ranch), auberge de jeunesse (seulement en ville), camping (privé, communautaire ou gouvernemental). A ce titre, la Namibie se démarque beaucoup du reste de l'Afrique.

Comme beaucoup de sanctuaires animaliers en Afrique, le parc national d'Etosha a connu une histoire tourmentée. A l'origine, une vaste zone s'étendant du fort de Namutoni jusqu'à l'océan atlantique est protégée par l'Ordonnance 88 de 1907. Cette «Réserve de Gibier N°2» (Wildschutzgebiet Nr.2) couvre alors une superficie d'environ 80 000 km². A cette époque, les éléphants, les lions, les rhinocéros blancs et noirs ont déjà disparus de la région du pan d'Etosha, victimes d'une chasse intensive à la fin du 19ème siècle. Les lions ne feront leur réapparition qu'en 1912 (Namutoni), les éléphants en 1946 (Gobaub, Ombika), et les rhinocéros noirs en 1958 (Namutoni). Des rhinocéros blancs du parc Kruger ont été réintroduits à Etosha en 1995.                       

En 1958, la Réserve N°2 prend le nom d'Etosha Game Park. Devenu parc national en 1967, Etosha est réduit en 1970 à sa surface actuelle de 22 270 km². Le premier tour organisé a lieu en 1946 : 137 touristes voyageant dans des autocars affrétés par South African Railways visitent le sanctuaire animalier durant le week-end de Pâques. Le camp d'Okaukuejo ouvre ses portes aux visiteurs en 1955, et celui de Namutoni deux ans plus tard. Les touristes s'accommodent alors de conditions précaires. A Namutoni, ils dorment dans des enclos à ciel ouvert (bomas). A Okaukuejo, ils campent près du point d'eau et doivent parfois trouver refuge à l'intérieur de leur voiture à l'arrivée des lions. Pour distraire les visiteurs, les autorités de l'époque organisent deux fois par semaine des «lions parties» à Leeubron en déposant des carcasses de zèbres pour les fauves. En  1955, la  Réserve  N°2  reçoit  6 210 visiteurs. De nos jours, Etosha enregistre en moyenne 200 000 entrées par an.

L'immense pan occupe presque un quart du parc actuel. Au sud, ses abords sont jalonnés d'une vingtaine de points d'eau naturels sans lesquels la faune locale ne pourrait pas survivre. Ces résurgences de la nappe phréatique sont alimentées par les monts Otavi. Lorsqu'elle rencontre la couche argileuse du pan, l'eau souterraine remonte à l'air libre. C'est pourquoi les animaux du parc se concentrent principalement entre Okaukuejo et Namutoni.

Une erreur classique des visiteurs étrangers est souvent de vouloir comparer les parcs africains, lesquels naturellement offrent une vision différente de la faune sauvage. Etosha est surtout connu pour ses éléphants, ses lions et ses rhinocéros noirs. Les guépards et les léopards en revanche y sont difficiles à voir. Les buffles n'existent plus dans le parc depuis la fin des années 1950, et les lycaons depuis le début des années 1970.

La saison sèche, de juin à novembre, est généralement considérée comme la période la plus gratifiante pour observer la faune à Etosha. En effet, les points d'eau présentent alors des scènes extraordinaires : autruches, zèbres, gnous, phacochères, girafes, koudous, gemsboks et springboks semblent rejouer l'utopie du paradis terrestre en se mélangeant pacifiquement pour s'abreuver. Cependant, Etosha s'avère tout aussi intéressant durant la saison des pluies : la végétation y est luxuriante et l'avifaune prolifique; les mammifères mettent bas, offrant l'occasion de photographier les nouveaux-nés; enfin, les visiteurs se font rares, ce qui confère au parc une ambiance paisible et sauvage.

Etosha protège la plus importante population de rhinocéros noirs au monde. Ces animaux devenus rares ailleurs en Afrique sont donc assez faciles à observer dans le parc. Leur nombre est tenu secret dans le cadre de la lutte contre leur braconnage commercial. Etosha abrite également l'impala à face noire, une sous-espèce endémique au nord-ouest de la Namibie et qui a été sauvée de l'extinction dans les années 1970. La partie occidentale du parc, accessible par Okaukuejo ou par l'entrée de Galton, n'est autorisée pour le moment qu'aux tour-opérateurs namibiens ayant fait une demande de permis spécial, ainsi qu'aux visiteurs ayant réservé une nuit à Dolomite Camp (construit en 2010). La piste entre les points d'eau d'Ozonjuitji m'Bari et Duineveld traverse des plaines monotones. En revanche, les paysages sont beaucoup plus attrayants dans la partie montagneuse entre Klippan et Galton Gate. Cette région abrite notamment des hippotragues et des zèbres de Hartmann qui ne sont pas présents dans le reste d'Etosha.

Dans les camps de Namutoni, d'Halali et d'Okaukuejo, un point d'eau est éclairé toute la nuit par des projecteurs. Des zèbres, des girafes, des antilopes, des lions, des éléphants et des rhinocéros noirs viennent régulièrement s'y abreuver. Ces endroits aménagés pour le public méritent donc une visite entre 18h et 21h. Tôt le matin, les lions fréquentent souvent Chudop, Goas, Sueda, Salvadora, Charitsaub, Gemsbokvlakte, Nebrowni, Okaukuejo et Okondeka. A toute heure de la journée, de grands troupeaux d'éléphants peuvent être aperçus à Okaukuejo, Gemsbokvlakte, Halali, Goas ou Tsumcor. En fin d'après-midi, l'attente des rhinocéros noirs est à privilégier à Ombika, Okaukuejo, Gemsbokvlakte, Halali, Goas et Klein Namutoni. Le camping à l'intérieur d'Etosha coûte assez cher, mais il existe  trois établissements extérieurs qui offrent une alternative économique.

Le parc de Khaudum, dans le Bushmanland, protège une partie du Kalahari septentrional. La faune n'y est pas aussi facile à observer qu'à Etosha, mais l'ambiance y est très sauvage. Le sanctuaire abrite une petite population de lycaons, des canidés très rares de nos jours. D'autres prédateurs sont présents à Khaudum, comme des lions, des léopards et des hyènes tachetées. Une visite dans ce parc permet parfois de croiser de grands troupeaux d'éléphants, de girafes, de gnous, de bubales, de tsessebe, de koudous, de gemsboks et d'antilopes rouannes. On peut planter sa tente dans deux camps rustiques (Khaudum Restcamp, à l'entrée nord, et Sikereti Rescamp à l'entrée sud). En raison de pistes très sablonneuses, les self-drivers ne sont pas autorisés à pénétrer dans le parc à moins de deux 4X4.

Dans le nord de la Namibie, les parcs de la bande de Caprivi présentent un aspect bien plus verdoyant que dans le reste du pays et ressemblent beaucoup au delta de l'Okavango tout proche. Le parc de Bwabwata offre une Afrique intime, loin du tourisme de masse. Une partie du sanctuaire peut être visitée à Kongola : en arrivant de Rundu, les deux entrées sont situées de par et d'autre de la route goudronnée (B8), juste avant le pont qui franchit le Kwando. Pour visiter la partie la plus intéressante de cette «zone centrale» (Core Area), il faut emprunter la piste qui longe le Kwando vers le sud jusqu'à Horseshoe, un coude du fleuve où viennent s'abreuver les éléphants en fin d'après-midi. Le camping du parc (Nabwa campsite : Nacobta) est doté d'un observatoire d'où l'on peut contempler la faune sauvage dans une plaine marécageuse. Les prédateurs comme les lions, les guépards et les léopards recolonisent la région après plusieurs décennies de guerre, tout comme les lycaons qui se déplacent librement entre le Caprivi et le parc Chobe, au Botswana. Quelques lodges établis au bord du Kwando organisent de belles promenade en bateau dans les marécages qui permettent d'approcher la faune sans l'effrayer.

Une autre «zone centrale» de Bwabwata peut être visitée à Divundu, dans la section «Buffalo». Partiellement submergée par l'eau en saison des pluies, la piste sablonneuse qui suit le bord du fleuve Okavango nécessite un 4X4. Elle traverse d'abord une épaisse forêt sur quelques kilomètres, puis débouche sur une vaste plaine marécageuse où il est possible d'apercevoir des éléphants, des cobs lechwe, des hippopotames, de nombreuses espèces d'oiseaux et de grands troupeaux de buffles. Sur l'autre rive, dans le parc de Mahango, l'excellente piste qui longe le fleuve offre de très bonnes opportunités d'observer des hippotragues et des antilopes rouannes. Un 4X4 est impératif pour emprunter les chemins sablonneux dans la partie occidentale du parc, où une boucle permet de traverser de beaux massifs boisés que fréquentent les éléphants et diverses antilopes. Aux alentours de Divundu, plusieurs sites proposent le camping (Popa Falls, N/Goabaca, Mahangu Lodge, Ndhovu Lodge). A Mudumu, les animaux sont plus difficiles à rencontrer, mais les trois sites de camping privatifs permettent de passer la nuit au bord du Kwando dans un cadre enchanteur.

Injustement oublié des touristes, le parc de Mamili (Nkasa Lupala) n'accueille que quelques dizaines de visiteurs par an. Il constitue pourtant un authentique éden sauvage, car l'absence de clôtures permet à la faune de migrer entre l'Angola, la Namibie, le Botswana, la Zambie et le Zimbabwe. Le parc offre de vastes paysages de marécages et de clairières parsemées de bosquets. Dans ces plaines inondées vivent d'important troupeaux d'éléphants et de buffles, ainsi que des hippopotames, des hyènes, des lions, des léopards, des lycaons et différentes antilopes (sitatungas, koudous, impalas, cobs lechwe, antilopes rouannes). Les girafes et les rhinocéros étaient autrefois présents dans la région, mais ils ont été exterminés par le braconnage. Mamili ne se visite qu'à la saison sèche car les pluies le rendent inaccessible le reste de l'année. Aucune indication n'est à attendre dans ce sanctuaire, dont les cartes d'ailleurs sont rares et imprécises. De plus, les pistes sont peu nombreuses et doivent être retracées chaque année par les rangers après les pluies. Les visiteurs qui ne seront pas découragés par ces quelques inconvénients trouveront à Mamili une nature totalement vierge où, privilège rare, il est permis de faire du camping sauvage.

 

                                              CONDUIRE EN NAMIBIE

 

La conduite à gauche en Afrique de l'Est et en Afrique australe est un héritage de la colonisation britannique. Elle demande plusieurs jours d'accoutumance car tout est inversé, y compris les commandes du véhicule (clignotants, essuie-glaces). La vigilance d'un autre passager permet souvent d'éviter quelques premières erreurs de conduite du fait de réflexes ancrés. D'une manière générale, il vaut mieux éviter de conduire en Afrique à la nuit tombée, quand la probabilité d'une collision avec un animal ou un marcheur augmente fortement.

 En Namibie, les 37 000 km de pistes (gravel roads) constituent 90% du réseau routier. 90% de ces pistes sont bien entretenues. Les voyageurs peuvent donc circuler avec une voiture standard dans la quasi totalité du pays. Néanmoins, un 4X4 est indispensable dans la plupart des parcs, excepté Etosha et la partie orientale de Mahango. Après la pluie, les pistes sablonneuses deviennent souvent plus aisées à emprunter avec un véhicule car l'humidité a pour effet de tasser le sol. Comme en Afrique du Sud, les directions sont bien indiquées. Les touristes étrangers qui louent des véhicules sur place se laissent souvent séduire par la bonne qualité des pistes en roulant trop vite, ce qui entraîne de très nombreux accidents. Il est donc impératif de respecter la limitation de 80km/h sur les pistes et de ralentir dès que nécessaire. Des boîtes noires sont placées dans les véhicules de location pour vérifier les circonstances des accidents. En cas de négligence (dépassements de vitesse, conduite en état alcoolique, etc.), l'assurance devient caduque et la personne responsable devra payer la totalité des dégâts, c'est-à-dire dans certains cas le prix du véhicule.

 

                                    QUELQUES ADRESSES UTILES

 

- Campings et hébergements dans les parcs nationaux :

Namibia Wildlife Resorts (NWR) : http://www.nwr.com.na/

- Campings économiques à l'extérieur d'Etosha :

Onguma Campsite : http://www.onguma.com/

Eldorado B&B and Camping : http://www.etosha-camping.com/

Etosha Safari Campsite : http://www.gondwana-collection.com/

- Campings communautaires en Namibie :

Nacobta : http://namibweb.com/community.htm

 

 

 

Portrait d'anonyme
kathakali
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Le sam 20 avr 2013 à 22:18

Bonsoir,

Je serais intéressé pour aller découvrir la Namibie en mai 2013, du 2 au 19 par exemple.

J'ai commencé à me documenter et visiblement, sans location d'une voiture ou 4*4, on ne peut rien faire...

En plus, étant seul, la location risque de perser sur le budget.

Sur place, est-il facile de trouver des excursions, groupes pour partager les frais ?

Merci d'avance.

Philippe.