El Fuerte

L'avis de l'auteur Lonely Planet

ruines

Il émane une telle force d’attraction du site d’El Fuerte que des visiteurs du monde entier se rendent à Samaipata dans le seul but de gravir la colline et d’admirer ces vestiges pré-incas.

Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1998, El Fuerte occupe le sommet d’une colline, à environ 10 km de la ville. Cet endroit offre une vue saisissante sur la vallée. Deux tours d’observation permettent aux visiteurs d’avoir une vue plongeante sur les ruines. Comptez au moins 2 heures pour une exploration complète (apporter chapeau et crème solaire).

Le site fut occupé par divers groupes ethniques dès 2000 av. J.-C. Les Incas, ses plus célèbres “propriétaires”, n’y arrivèrent qu’en 1470. Lorsque les Espagnols vinrent à leur tour et pillèrent le site dans les années 1600, il était déjà déserté. La fonction d’El Fuerte est depuis longtemps au centre de débats, et plusieurs théories sont avancées. Les conquistadors, animés d’un esprit conquérant et combatif, pensèrent que le site avait servi de poste défensif et lui donnèrent le nom de “fuerte” (“fort” en espagnol). En 1832, le naturaliste français Alcide d’Orbigny émit l’hypothèse que les bassins et canaux parallèles creusés dans le roc avaient été utilisés pour le lavage de l’or. En 1936, l’anthropologue allemand Leo Pucher décrivit le site comme un ancien temple dédié au culte du serpent et du jaguar ; sa théorie, qui inclut le culte du Soleil et de la Lune, est désormais la plus largement reconnue. Depuis peu, les lieux attirent les adeptes du New Age. Certains les tiennent pour un site d’atterrissage pour soucoupes volantes…

Il ne reste aucun édifice sur pied, mais les vestiges de quelque 500 habitations ont été découverts dans les environs immédiats, et les fouilles en cours apportent chaque jour leur lot de nouveautés. Le site principal, qui revêt probablement une signification religieuse, consiste en une dalle de pierre longue de 100 m présentant diverses sculptures : sièges, tables, amphithéâtre, ­garde-manger, réservoirs, canalisations et hornecinos (niches), qui auraient abrité des idoles. Les sept marches conduisant au temple principal représentent les sept phases de la Lune. Parmi les motifs zoomorphiques de la dalle figurent des pumas et des jaguars en relief (symboles de puissance), et de nombreux serpents (symboles de fertilité). De la chicha (boisson de maïs fermenté) et du sang étaient déversés dans les motifs en forme de serpent en offrande à la Pachamama (la Terre-Mère). Malheureusement, ces sillons ne sont pas protégés des éléments, et leur érosion les rend chaque année plus difficiles à distinguer.

À quelque 300 m en descendant un sentier mal dégagé, derrière les ruines principales, vous découvrirez un trou dans le sol, Chincana, d’autant plus menaçant qu’une partie se trouve dissimulée par la végétation. Selon les théories, cette cavité probablement naturelle aurait servi de citerne ou de prison dont personne ne pouvait s’échapper, à moins qu’elle n’ait fait partie d’un système de communication souterrain reliant la ruine principale aux environs.

À l’approche du site, repérez la Cabeza del Inca, une formation rocheuse apparemment naturelle présentant une ressemblance à ce point saisissante avec la tête d’un guerrier inca que, pour beaucoup, c’est l’œuvre de la main humaine – une œuvre abandonnée en cours d’élaboration. Pour ajouter à la magie du lieu, des condors planent haut au-dessus des lieux.

Deux tours d’observation permettent aux visiteurs de contempler les ruines vues du haut ; vous trouverez à manger et à boire près de la billetterie.

L’excursion aller-retour en taxi, avec 2 heures d’attente aux ruines, coûte 80 $B (jusqu’à 4 pers) au départ de Samaipata. Autre solution : prenez un taxi pour l’aller et revenez à pied. Si l’ascension ne vous impressionne pas, vous pouvez aussi vous y rendre à pied. Suivez la grand-route vers Santa Cruz sur 3,5 km et tournez à droite à la pancarte indiquant la colline. Il vous reste 5 km d’un chemin pittoresque à parcourir jusqu’au sommet. Les visites guidées au départ de Samaipata coûtent un minimum de 100 $B par personne.

50 $B, guides par groupe jusqu’à 6 pers 75 $B ; 9h-17h