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• Histoire

L'avis de l'auteur Lonely Planet

Selon la légende, un stupa est présent sur Singuttara Hill depuis 2 600 ans, depuis que deux frères marchands, Tapussa et Ballika, rencontrèrent le Boudha. Il leur donna huit de ses cheveux à rapporter au Myanmar, alors gouverné par le roi Okkalapa. Le souverain enchâssa les cheveux dans un stupa d’or, avec les reliques de trois précédents bouddhas, stupa qui fut enfermé dans une série d’autres temples en argent, étain, cuivre, plomb, marbre et, enfin, briques en fer.

Des archéologues pensent que le stupa d’origine fut construit par les Môn entre le VIe et le Xe siècle. Comme nombre d’anciens zedi de ce pays sujet aux tremblements de terre, il fut rebâti à maintes reprises. Durant la période de Bagan (Pagan ; Xe-XIVe  siècle), l’histoire du stupa émergea des brumes de la légende pour devenir une réalité. Près du sommet de l’escalier est, une brique porte une inscription datée de 1485.

La tradition de dorer les stupas remonte au XVe siècle. La reine Shinsawbu, qui contribua pour une large part à l’embellissement de l’édifice, offrit son poids (40 kilos) en feuilles d’or pour le couvrir. Son gendre, Dhammazedi, fit encore mieux : il fit don de quatre fois son propre poids et celui de son épouse en or.

En 1612, l’aventurier portugais Felipe de Brito e Nicote, basé à Thanlyin, pilla le stupa et emporta la cloche de 30 tonnes offerte par Dhammazedi. Il voulait la fondre pour fabriquer des canons mais, comme les Britanniques le firent plus tard avec une autre cloche, il la laissa accidentellement tomber dans le fleuve, où elle demeure.

Au XVIIe  siècle, le stupa fut endommagé par huit séismes. Pire encore, en 1768, un tremblement de terre fit s’écrouler le sommet du zedi. Le roi Hsinbyushin le fit reconstruire ; sa hauteur et sa forme actuelles datent de cette restauration.

Les troupes britanniques occupèrent la pagode pendant les deux années qui suivirent la première guerre anglo-birmane de 1824. En 1852, pendant la seconde guerre anglo-birmane, les Britanniques prirent à nouveau la paya, les soldats la pillèrent et elle resta sous contrôle militaire pendant 77  ans, jusqu’en 1929. Avant l’annexion du sud du Myanmar par les Britanniques, les Birmans avaient construit des remparts en terre autour de la paya, qui furent considérablement renforcés par les colons. Les emplacements de leurs canons restent visibles en dehors du mur extérieur.

En 1871, un nouveau hti (sommet décoratif d’un stupa, en forme d’ombrelle), offert par le roi Mindon de Mandalay, déplut fortement aux Britanniques, qui n’appréciaient pas une telle association avec une partie encore indépendante du Myanmar.

L’énorme tremblement de terre de 1930, qui détruisit complètement la Shwemawdaw à Bago, ne causa que des dommages mineurs à la Shwedagon. L’année suivante, elle fut en revanche ravagée par un incendie.

Après un séisme mineur en 1970, le zedi fut couvert d’échafaudages en bambou jusqu’en dessous du hti du roi Mindon, et restauré. Le stupa a de nouveau été réparé après le cyclone Nargis en 2008.

Au cours du XXe siècle, la Shwedagon a été le théâtre de nombreuses activités politiques durant le mouvement pour l’indépendance du Myanmar ; Aung San Suu Kyi a parlé ici devant une foule immense en 1988, et la pagode a été le centre des manifestations des moines en 2007.