Madinat al-Zahra

L'avis de l'auteur Lonely Planet

site archéologique

À 8 km à l’ouest de Cordoue, les vestiges de Madinat al-Zahra – le ­somptueux palais-cité construit par le calife Abd al-Rahman III au Xe siècle – s’étendent à flanc de colline. Le palais du calife (le secteur ouvert au public), au niveau le plus élevé, surplombe les jardins et les champs. Les quartiers résidentiels, non encore excavés, se tenaient de chaque côté. Un passionnant musée moderne est installé en contrebas du site.

Selon la légende, Abd al-Rahman III aurait fait construire Madinat al-Zahra pour son épouse favorite, Az-Zahra. Consterné par la nostalgie de sa belle pour les montagnes enneigées de Syrie, il entoura sa nouvelle cité d’amandiers et de cerisiers, remplaçant les flocons par des fleurs blanches duveteuses. Plus prosaïquement, ce fut sans doute la rivalité d’Abd al-Rahman avec la dynastie fatimide en Afrique du Nord qui le conduisit à déclarer son califat en 929 et à bâtir, comme les califes en avaient coutume, une nouvelle capitale. La construction débuta en 940, et les chroniques rapportent des statistiques stupéfiantes : 10 000 ouvriers installaient 6 000 blocs de pierre par jour et les murs d’enceinte s’étendaient sur 1 518 m d’est en ouest et sur 745 m du nord au sud.

Il semble inconcevable qu’une telle cité, édifiée en 35 ans, n’ait perduré que quelques années de plus avant que l’usurpateur Al-Mansour ne transfère le gouvernement dans un nouvel ensemble palatial en 981. Puis, entre 1010 et 1013, Madinat al-Zahra fut vandalisée par des soldats berbères. Au cours des siècles suivants, ses ruines furent pillées à maintes reprises pour les matériaux de construction.

L’itinéraire de la visite passe par la porte nord d’origine de la cité. Le majestueux Edificio Basilical Superior à arcades, qui abritait les principaux bureaux administratifs, et la Casa de Yafar, sans doute la résidence du grand vizir, sont les édifices majeurs du secteur ouvert au public. Joyau du site, le Salón de Abd al-Rahman III était fermé pour restauration lors de notre passage. Cette salle du trône, ornée de stucs superbement sculptés, aurait été décorée de carreaux en or et en argent, d’arcades en ivoire et ébène, et de murs en marbre polychrome.

Le musée, à 2 km en contrebas de ­l’entrée du palais par la route, retrace l’histoire de Madinat al-Zahra, avec des sections sur ses origines, sa conception et sa construction, ses habitants et son déclin. Les salles renferment des objets provenant du site joliment présentés et quelques excellentes présentations interactives, avec de bonnes traductions en anglais.

En voiture, sortez de Cordoue vers l’ouest par l’Avenida de Medina Azahara, qui rejoint l’A431. L’embranchement vers Madinat al-Zahra est indiqué après 6 km. Vous devez vous garer au musée et y acheter les billets pour le site et la navette (lanzadera ; 2,10 € aller-retour), qui dessert le palais à 2 km.

Un bus à destination de Madinat al-Zahra part d’un arrêt proche de la Puerta de ­Almodóvar à Cordoue à 10h15 et 11h tous les jours, à 16h15 du mardi au samedi, et à 11h45 le dimanche (8,50 € aller-retour, navette du musée au site comprise). Les billets de bus doivent s’acheter à l’avance au Centro de Visitantes ou à l’office du tourisme de la gare ferroviaire ou de la Plaza de las Tendillas.

Medina Azahara ; 957 10 49 33 ; www.museosdeandalucia.es ; Carretera Palma del Río km 5,5 ; ressortissants UE/autres gratuit/1,50 € ; 9h-19h30 mar-sam avr à mi-juin, 9h-15h30 mi-juin à mi-sept, 9h-17h30 mi-sept à mi-mars, 9h-15h30 dim toute l’année ;