• Mihrab et maqsura

L'avis de l'auteur Lonely Planet

À l’instar d’Abd al-Rahman II un siècle plus tôt, Al-Hakam II fit prolonger les nefs de la salle de prière dans les années 960, créant un nouveau mur de la qibla (qui indique la direction de La Mecque) et un mihrab (niche de prière) à l’extrémité sud. Les travées situées devant le mihrab et sur les côtés forment la maqsura, le secteur où priaient les califes et la cour. Le mihrab et la maqsura sont les parties les plus somptueusement décorées de la mosquée.

Le point d’orgue de l’extension ­d’Al-­Hakam II était le portail du mihrab, un arc en forme de croissant avec un encadrement rectangulaire, appelé alfiz. Pour la décoration du portail, Al-Hakam demanda à l’empereur de Byzance, Nicéphore II Phokas, de lui envoyer un artiste capable d’imiter les superbes mosaïques de la Grande Mosquée de Damas, l’un des chefs-d’œuvre de la Syrie omeyyade du VIIIe siècle. L’empereur chrétien envoya non seulement un mosaïste au calife musulman, mais aussi 1 600 kg de tesselles d’or. Ces cubes d’or, assemblés en motifs floraux et en inscriptions du Coran, donnent au portail du mihrab son scintillement magique. À l’intérieur du mihrab, un bloc de marbre blanc sculpté en forme de coquillage, un symbole du Coran, constitue le dôme qui amplifiait la voix de l’imam et la diffusait dans toute la mosquée.

Les arches de la maqsura, les plus délicates et élaborées de la mosquée, forment un entrelacs d’arcs polylobés richement ornés. Tout aussi beaux, les dômes des lucarnes de la maqsura comportent des voûtes en pierre ornées de motifs étoilés. Chacun est soutenu par quatre paires de nervures enchevêtrées, une technique très avancée dans l’Europe du Xe siècle.