• Palacios Nazaríes

L'avis de l'auteur Lonely Planet

L’ensemble palatial central constitue l’apogée de l’Alhambra.

Les visiteurs entrent par le Mexuar du XIVe siècle, peut-être une antichambre pour ceux qui sollicitaient une audience. Deux siècles plus tard, il fut transformé en chapelle. Remarquez les plafonds en bois sculptés de motifs géométriques. Vous passez ensuite dans le Patio del Cuarto Dorado, qui semble être une avant-cour du palais principal. Les portes symétriques sur la droite, encadrées de carreaux vernissés et de stuc, dissimulent un piège : celle de droite conduit à l’extérieur, tandis que celle de gauche ouvre sur un couloir en angle (un subterfuge pour préserver l’intimité des pièces intérieures) qui débouche sur le Patio de los Arrayanes (cour des Myrtes), le centre d’un palais construit au milieu du XIVe siècle en tant que résidence de l’émir Yousouf Ier.

Les pièces donnent sur un bassin rectangulaire entouré de myrtes ; les muqarnas (voûtes en nids d’abeilles) des niches latérales à l’extrémité nord conservent des traces de peinture bleu cobalt. À l’origine, tous les murs étaient somptueusement colorés ; avec les murs ornés de stucs peints de la Sala de la Barca adjacente, l’effet devait être saisissant. Les visiteurs de Yousouf Ier passaient par cette salle avant de le rencontrer dans le Salón de los Embajadores (salon des ­Ambassadeurs), où le splendide dôme en marqueterie comporte plus de 8 000 morceaux de cèdre pour créer des étoiles, représentation des sept paradis de l’islam.

À côté, le Patio de los Leones (cour des Lions), restauré, fut construit durant la seconde moitié du XIVe siècle sous Mohammed V, lors de l’âge d’or politique et artistique de l’émirat. L’élément central, une fontaine dont l’eau jaillit de la gueule de 12 lions en marbre, date du XIe siècle. Le plan de la cour, tracé selon les proportions du nombre d’or, démontre la complexité de l’architecture géométrique arabe – les colonnes sont placées de telle manière qu’elles sont symétriques selon plusieurs axes. Les stucs atteignent aussi le summum, avec des détails semblables à de la dentelle.

En faisant le tour du patio dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, vous passerez d’abord par la Sala de los ­Abencerrajes. Selon la légende, des membres de la famille Abencerrajes auraient été tués dans cette salle sur ordre du sultan lors d’une lutte de pouvoir, et les taches rousses sur la fontaine proviendraient du sang des victimes. Les carreaux multicolores sur les murs et le superbe plafond octogonal attirent bien plus le regard. Dans la Sala de los Reyes (salle des Rois), à l’extrémité est du patio, les plafonds en cuir peint représentent les 10 émirs nasrides.

Du côté nord du patio, des portes dissimulaient jadis l’entrée de la Sala de las Dos Hermanas (salle des Deux Sœurs) : remarquez les trous de chaque côté du cadre où elles étaient sans doute fixées. Des motifs illustrant la flore locale ornent les murs, et la bande calligraphiée à hauteur des yeux, juste au-dessus des carreaux, est un poème glorifiant Mohammed V pour sa victoire à Algésiras en 1369. Le plafond est un fabuleux dôme en muqarnas avec quelque 5 000 alvéoles. Les jalousies en bois sculpté à l’étage supérieur permettaient aux femmes de regarder sans être vues. Au bout, le ­Mirador de Lindaraja, orné de céramiques, était un endroit charmant pour admirer le jardin en contrebas. Des traces de peinture subsistent sur l’encadrement des fenêtres et des panneaux en verre coloré dans le plafond en bois diffusent une lumière chaude.

De la Sala de las Dos Hermanas, un couloir passe par les dômes des bains de l’étage inférieur et mène aux salles construites pour Charles Quint dans les années 1520. De là, on descend dans le joli Patio de la ­Lindaraja, avec les bains dans le coin sud-ouest ; vous ne pouvez pas entrer, mais vous pouvez jeter un coup d’œil dans les salles, éclairées par des lucarnes en forme d’étoile.

Vous arrivez ensuite dans des jardins en terrasses, créés au début du XXe siècle. Un bassin reflète le petit Palacio del Partal, avec l’Albaicín qui scintille en toile de fond ; le plus ancien palais de ­l’Alhambra, il date de l’époque de Mohammed III (r 1302-1309). Vous pouvez quitter le jardin par une porte qui fait face au Palacio de Carlos V ou continuer le long du chemin qui rejoint le Generalife.

Calle de Real de Alhama